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S'exercer chaque jour à la gratitude © Kevin Malik/Pexels

Qu’est-ce que l’exercice de la gratitude et pourquoi le faire?

Par Justine Leupe

Être reconnaissant envers quelque chose, quelqu’un ou soi-même: un bon résumé de ce qu’est la gratitude. Pour mieux comprendre ce concept abstrait, ainsi que la manière de l’appliquer au quotidien, on a posé nos questions à Émilie Mouton, psychologue.

Dans le milieu de la psychologie, l’exercice de la gratitude est connu, mais encore peu utilisé du grand public. Pourtant, voir la vie plus positivement n’a rien de sorcier, pour autant que l’on s’entraîne. Voici nos pistes pour mieux pratiquer.

Un exercice émotionnel en 2 dimensions

Éprouver une émotion de gratitude demande d’aller plus loin que la simple perception et appréciation d’un bienfait. C’est un exercice avant tout émotionnel qui nécessite de s’ouvrir à ses ressentis et à son cœur. Il est divisé en deux grandes dimensions.

Percevoir ce qui nous rend heureux

La première dimension passe par la perception. L’idée est de « percevoir intellectuellement quelque chose qui a de la valeur pour soi, autant dans les grandes choses que dans les petites. Le principe est de reconnaître dans votre vie ce qui apporte des avantages et du bonheur », décrit la psychologue.

Ressentir la valeur d’une chose

La deuxième dimension se centre sur l’émotionnel. « L’émotion de la gratitude, c’est s’autoriser à ressentir, en conscience, ce que la gratitude peut vous apporter. En considérant et en ressentant un bienfait comme un privilège. Mais aussi en se rendant compte de ce qu’un acte généreux ou un cadeau peut apporter. Cela demande de dépasser la simple constatation du ‘Ah, c’est chouette, c’est positif’. C’est se rendre compte de la valeur et de la considération de quelque chose ».

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L’Homme enclin à voir le négatif

L’exercice de la gratitude vous poussera à vous tourner vers des choses qui vous font du bien et qui vous permettent de voir la vie d’un œil plus positif. Pourtant, de par sa constitution, l’Homme est prédisposé à voir d’abord les risques afin de faire face au danger pour sa survie. C’est donc tout naturellement que pour lui, percevoir le positif, c’est s’attarder. « Nous sommes orientés ‘négatifs’, guidés par nos habitudes de survie et nos besoins de sécurité. Nous sommes presque systématiquement dans le côté stratégique. Ce qui est dommage, car le champ émotionnel a toute son importance ».

Mais attention, quand on parle de gratitude et donc d’optimisme, il ne s’agit pas de se voiler la face sur une réalité parfois dure. Le tout est de rééquilibrer la perception à la fois de ce qu’il nous arrive de bon en prenant en compte les événements difficiles. « Comme l’Homme est enclin à voir plus spontanément le négatif, il garde moins en mémoire ce qui lui arrive de bon. Alors qu’on peut tout à fait rester réaliste en faisant l’exercice de la gratitude ».

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Un effort à fournir pour être heureux longtemps

La gratitude ne vous tombera pas dessus du jour au lendemain. « C’est une faculté à développer, un peu comme un muscle à entraîner, précise Émilie Mouton. Pour ça, il faut sortir de ses habitudes et fournir quelques efforts personnels ».

Une bonne préparation

D’un point de vue pratique, il n’y a pas forcément de consignes, juste des balises pour cadrer la pratique. « Au début, vous vous sentirez peut-être dans une situation d’inconfort et vous ne trouverez pas directement de bienfaits. Et puis, petit à petit, cela va se mettre en place et vous arriverez plus aisément à vous connecter à vos émotions positives ».

  1. Le rythme
    Pour commencer, durant une à deux semaines, l’exercice de la gratitude est à réaliser tous les jours pour s’y familiariser. Une fois que vous aurez pris l’habitude, vous pourrez passer à une à trois fois par semaine. « Les études montrent que si cet exercice est réalisé trop souvent, cela atténue les effets. On s’habitue, cela devient mécanique, vous ne ressentirez plus autant le bien autour de vous ». Si vous continuez à le faire tous les jours, vous aurez l’impression que c’est une obligation. Vous allez simplifier et banaliser les choses. Vous ne prendrez plus le temps de les ressentir.
  2. Le lieu
    Le mieux est de s’installer confortablement, dans un lieu calme, afin d’avoir l’esprit tranquille. « Si vous devez faire cet exercice entre deux coups de fils, une liste de course et un e-mail, cela vous stressera et vous n’arriverez pas à vous concentrer. Il est important de stopper toute activité. Au début, je conseille également de prendre un carnet pour noter les bienfaits et pourquoi cela vous satisfait. C’est aussi un moyen pour vous reconnecter à vos émotions ultérieurement, durant des moments moins faciles ou juste par plaisir ».
  3. La respiration
    Dur dur de se poser, de réfléchir? « Pour vous aider, vous pouvez vous connecter à votre respiration (quelques secondes déjà), cela permet de s’ouvrir à son corps et c’est une bonne manière de quitter le mental pour aller vers l’émotionnel. Il est indispensable de prendre le temps de ralentir et de se reconnecter aux sensations et sentiments que l’on éprouve ».

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Et après?

Lorsque vous êtes bien installée et concentrée (une grosse partie du travail est déjà faite), vous pouvez vous aider en vous posant trois questions. Ces dernières ont été imaginées par le Dr. Luc Isebaert, psychiatre:

  • Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui dont je suis fier et/ou satisfait? « Avoir de la fierté vis-à-vis de soi fait partie de la valorisation de soi ».
  • Qu’est-ce que quelqu’un a fait pour moi ou pour quelqu’un d’autre dont je suis content ou reconnaissant? Et ai-je réagi de manière à ce que cette personne puisse refaire cette démarche? « Ici, on est dans la propension à remercier pour encourager ce type de comportement. Cela renforce également la relation à l’autre ».
  • Ensuite, vous allez faire appel à vos sens: qu’est-ce que je vois, j’entends et je sens avec mon corps dont je peux être reconnaissant aujourd’hui? « On est vraiment du côté des sensations, et dans ce que la vie nous propose comme expériences ».

Cela peut être du matériel comme de l’immatériel. Des petites activités simples ou des moments plus importants… Le tout est de prendre réellement conscience de la chance dont nous disposons et que nous oublions parfois.

Le dernier conseil de la psy

« Il est essentiel de se dire que c’est un rendez-vous que l’on prend pour soi. Ne pensez donc qu’à vous pendant cet exercice », insiste Émilie Mouton. « Si après quelque temps, vous sentez que votre motivation diminue, que vous avez du mal à trouver du positif, n’hésitez pas à vous replonger dans le carnet de vos débuts ».

Pour aller plus loin dans votre pratique: epsycoaching.com

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