Qu’est-ce que l’exercice de la gratitude et pourquoi le faire?

Qu'est-ce que l'exercice de la gratitude et pourquoi le faire?
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Être reconnaissant envers quelque chose, quelqu’un ou soi-même pourrait être un bon résumé de ce qu’est la gratitude. Pour mieux comprendre ce concept abstrait, ainsi que la manière de l’appliquer au quotidien, on a posé quelques questions à la psychologue Émilie Mouton.

Dans le milieu de la psychologie, l’exercice de la gratitude est assez connu, mais peu utilisé du grand public. Pourtant, voir la vie plus positivement n’a rien de sorcier. C’est assez simple, mais cela demande de l’entraînement. Voici quelques nuances à apporter pour mieux pratiquer.

Appréciez les choses et ayez de l’émotion

Éprouver une émotion de gratitude demande d’aller plus loin que la simple perception et appréciation d’un bienfait. C’est un exercice avant tout émotionnel qui nécessite de s’ouvrir à ses ressentis et à son cœur. Il est divisé en deux grandes dimensions.

La perception de l’appréciation

La première dimension passe par la perception. L’idée est de « percevoir intellectuellement quelque chose qui a de la valeur pour soi, autant dans les grandes choses que dans les petites. Le principe est de reconnaître dans votre vie ce qui vous apporte des avantages et du bonheur », décrit notre psychologue.

L’émotion de gratitude

La deuxième dimension se centre sur l’émotionnel. « L’émotion de la gratitude, c’est s’autoriser à ressentir, en conscience, ce que la gratitude peut vous apporter. Tout cela en considérant et en ressentant un bienfant comme un privilège. Mais aussi en se rendant compte ce qu’un acte généreux ou un cadeau vous apporte. Cela demande de dépasser la simple constatation ‘ah, c’est chouette, c’est positif’. C’est se rendre compte de la valeur et de la considération de quelque chose ».

L’homme et sa négativité

L’exercice de la gratitude vous poussera à vous tourner vers des choses qui vous font du bien et qui vous permettent de voir la vie d’un œil plus positif. Pourtant, de par sa constitution, l’homme est prédisposé à voir d’abord les risques afin de faire face au danger pour sa survie. C’est donc tout naturellement que pour l’humain, percevoir le positif, c’est s’attarder. « Nous sommes orientés ‘négatifs’, guidés par nos habitudes de survie et nos besoins de sécurité. Nous sommes presque systématiquement dans le côté stratégique. Ce qui est dommage, car le champ émotionnel a toute son importance ». Mais attention, quand on parle de gratitude et donc de positivisme, il ne s’agit pas de se voiler la face sur la réalité de la vie qui est parfois dure. Le tout est de rééquilibrer la perception entre ce qu’il nous arrive de bon et les événements difficiles.

« L’idée est d’accepter que l’on peut apprécier plus de simplicité, mais aussi de rééquilibrer son regard. Comme l’homme est enclin à voir plus spontanément le négatif, il garde moins facilement en mémoire ce qui lui arrive de bon. Alors qu’on peut tout à fait rester réaliste en faisant l’exercice de la gratitude ».

Comment faire pour amener de la gratitude dans sa vie?

Tout d’abord, il est important de préciser que la gratitude ne vous tombera pas dessus du jour au lendemain. « C’est une faculté à entraîner, un peu comme un muscle à développer », précise Émilie Mouton. « Pour ça, il faut sortir de ses habitudes. Et bien que vous n’ayez besoin d’aucun matériel, cet exercice demandera quelques efforts personnels ».

D’un point de vue pratique, « il n’y a pas forcément de consignes, juste des balises pour cadrer la pratique ».

Le début de la pratique

« Au début, vous vous sentirez peut-être dans une situation d’inconfort et vous ne trouverez pas directement de bienfaits. Et puis, petit à petit, cela va se mettre en place et vous arriverez plus aisément à vous connecter à vos émotions positives ».

Le rythme

Pour commencer, durant une à deux semaines, l’exercice de la gratitude est à réaliser tous les jours pour s’y familiariser. Et quand l’habitude sera plus ancrée, vous pourrez passer à une à trois fois par semaine. « Les études montrent que si cet exercice est réalisé trop souvent, cela atténue les effets. On s’habitue, cela devient mécanique, vous ne ressentirez plus autant le bien autour de vous ». Si vous continuez à le faire tous les jours, vous aurez l’impression que c’est une obligation. Vous allez simplifier et banaliser les choses. Vous ne prendrez plus le temps de les ressentir.

Le lieu

Le mieux est de s’installer confortablement, dans un lieu calme avec l’esprit tranquille. «Si vous devez faire cet exercice entre deux coups de fils, une liste de course et un e-mail, cela vous stressera et vous n’arriverez pas à vous concentrer. Il est important de stopper toute activité. Au début, je conseille également de prendre un carnet pour noter les bienfaits et pourquoi cela vous satisfait. C’est aussi un moyen pour vous reconnecter à vos émotions ultérieurement, durant des moments moins faciles ou juste par plaisir ».

La respiration

Dur dur de se connecter à soi, se poser, réfléchir…? « Pour vous aider, vous pouvez vous connecter à votre respiration (quelques secondes ou minutes), cela permet de s’ouvrir à son corps. C’est une bonne manière de quitter le mental pour aller vers l’émotionnel. Il est indispensable de prendre le temps de ralentir et se reconnecter aux sensations et sentiments ».

Et en pratique, la gratitude, ça se passe comment?

Lorsque vous êtes bien installée et concentrée (une grosse partie du travail est déjà faite), vous pouvez vous aider en vous posant trois questions (Isebaert):

  • Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui dont je suis fier et/ou satisfait? « Avoir de la fierté vis-à-vis de soi fait partie de la valorisation de soi ».
  • Qu’est-ce que quelqu’un a fait pour moi ou pour quelqu’un d’autre dont je suis content ou reconnaissant? Et ai-je réagi de manière à ce que cette personne puisse refaire cette démarche? « Ici, on est dans la propension à remercier pour encourager ce type de comportement. Cela renforce également la relation à l’autre ».
  • Ensuite, vous allez faire appel à vos sens: qu’est-ce que je vois, j’entends et je sens avec mon corps dont je peux être reconnaissant aujourd’hui? « On est vraiment du côté des sensations, et dans ce que la vie nous propose comme expériences ».

Cela peut autant être des choses matérielles qu’immatérielles. Des petites activités simples ou des plus grandes… le tout est de remettre de la conscience sur la chance dont nous disposons pour tout ce qui nous entoure et que nous oublions parfois.

Conseils de psy

« Il est essentiel de pouvoir se dire que c’est un rendez-vous que l’on prend pour soi! Et la première chose est de se sentir bien avec soi. Ce n’est pas indispensable de chercher dans des choses compliquées, cela peut être des activités récurrentes, tant que cela reste sincère. Et puis, surtout, ce n’est pas parce que ce sont des choses simples qu’elles sont banales… Rien n’est banal dans la vie. Si après quelque temps, vous sentez que votre motivation est moindre, que vous avez du mal à trouver du positif, n’hésitez pas à vous replonger dans le carnet de vos débuts ».

Pour aller plus loin dans la pratique: epsycoaching.com

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