Un travailleur sur deux est à bout à cause du confinement

Un travailleur sur deux est à bout à cause du confinement
© Unsplash/Ben White

Le déconfinement progressif a commencé en Belgique, la vie reprend tout doucement son cours, mais le télétravail et le chômage temporaire sont encore d’actualité pour de nombreux travailleurs. Une situation qui pèse sur le moral des Belges.

Dès le début du confinement, des psychologues avaient mis en garde face à l’effet que pouvait avoir la quarantaine sur notre santé mentale. Après un mois à la maison, des chercheurs de la KU Leuven ont mené l’enquête et il s’avère que « près de la moitié des travailleurs (48%) semblent souffrir d’anxiété et de dépression depuis l’entrée en vigueur des mesures pour lutter contre le coronavirus », peut-on lire dans cette étude.

La KU Leuven et IDEWE, une société s’occupant de la prévention et la protection au travail, a réalisé un sondage auprès de 6500 travailleurs Belges pour obtenir ces chiffres*. Décryptage.

Quels sont les sentiments ressentis par les travailleurs belges?

Après un mois de confinement, plusieurs grands chiffres ressortent de cette étude. Vous allez certainement vous reconnaître. Parmi eux, 48% (près de la moitié des travailleurs interrogés) souffrent d’anxiété et/ou de dépression, à petite ou grande échelle. Ces employés ressentent au moins deux des problèmes évoqués ci-dessous:

Quels sont les secteurs les plus touchés?

Il est important de préciser que tous les secteurs de travail ne sont pas touchés à la même échelle. Les secteurs des soins et l’alimentaire sont les plus sujets à de l’anxiété et de la dépression avec 56% des travailleurs. Le secteur des « secours » semble également très touché avec 51%. Si l’on observe le tableau, on remarque que les trois premiers secteurs sont essentiels dans cette lutte contre le Covid-19.

6 Belges sur 10 satisfaits de leur travail

Avec le temps, les travailleurs Belges voient leur efficacité de télétravail diminuer (38%). Pourtant, après un mois de confinement, ils sont 61% à évoquer une certaine satisfaction vis-à-vis de leur travail. Encore une fois, chaque secteur à son propre pourcentage.

Mélanger famille et travail est compliqué

Pour presque l’entièreté des employés qui télétravaillent, cela n’a pas été un choix mais cela a été imposé, le tout avec les difficultés que ça engendre: un emploi, une vie de famille, les loisirs… à gérer! Un quotidien chamboulé qui laisse transparaître quelques complexités.

« Le personnel du secteur des soins de santé et de l’alimentation a déjà tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, non seulement en raison de la forte pression au travail et des conditions de travail difficiles, mais aussi par crainte de tomber malade et de contaminer d’autres personnes. Les résultats du sondage indiquent que les travailleurs des autres secteurs sont également en difficulté. Eux aussi craignent le virus et les nombreuses incertitudes qui en découlent. De plus, le télétravail est devenu la norme, ce qui impose aux parents de gérer leur travail ainsi que la prise en charge et la supervision des leçons de leur(s) enfant(s) à distance », explique Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven.

Des chiffres significatifs

Le moral des travailleurs est donc fortement influencé par leur situation familiale (seul, à deux mais seul à gérer les enfants…). Voici quelques chiffres significatifs:

  • Les personnes seules avec enfant(s) à charge ressentent le plus souvent un sentiment de dépression et d’anxiété (54 %).
  • Il est de 49% pour les personnes en couple avec enfant(s).
  • Et de 42% pour les personnes en couple et sans enfant. Ils obtiennent les meilleurs résultats.

« Le plus important est de ne pas en rester prisonnier »

« Les travailleurs qui ont des enfants à charge souhaitent à la fois préserver leur efficacité au travail et assumer leur rôle de parents, mais la situation rend cette combinaison très complexe. Elle s’accompagne de stress et de frustrations. Mais il est normal de ressentir ces sentiments, vous n’êtes pas seul. Le plus important est de ne pas en rester prisonnier. Évaluez la situation semaine après semaine et passez des accords concrets à cet égard avec vos collègues et supérieurs hiérarchiques ». Vous pouvez peut-être demander d’aménager votre temps de travail différemment que d’habitude. Commencez plus tôt et terminer plus tôt par exemple, histoire de passer la fin de la journée avec vos enfants, ou de vaquer à vos occupations.

Pourquoi notre quotidien est-il autant perturbé?

Le confinement a modifié les journées des travailleurs. S’éloigner des routines qui étaient établies depuis des années peut faire peur. D’ailleurs, 38% des travailleurs belges voient ces changements négativement. Ils ressentent au moins trois problèmes sur les six suivants:

  • Ils sont 50% à avoir plus de mal à se concentrer lors de leurs occupations.
  • Leurs activités quotidiennes leur procurent (beaucoup) moins de plaisir (43 %).
  • 43% se sentent moins heureux que d’habitude.
  • Certains (37%) ont l’impression d’être moins occupés que d’habitude.
  • 22% trouvent la tâche de prendre une décision plus compliquée.
  • Et 14% des travailleurs ont beaucoup de mal à faire face à un quelconque problème, même anodin.

Les personnes au chômage sont-elles plus heureuses?

Eh non, le fait de ne pas travailler a également un impact sur le moral. Et pas des moindres! En effet, moins une personne travaille, plus elle ressent un sentiment d’anxiété.
« Ainsi, 45% des personnes au chômage technique partiel se portent moins bien au quotidien, et ce pourcentage grimpe à 49% chez les personnes en chômage technique total », révèle l’étude. Dans la même lignée, « 62% des personnes qui travaillent encore pleinement se disent satisfaites de leur travail. Cette satisfaction chute à 50 % chez les personnes au chômage technique partiel en raison de la crise du coronavirus. Seul 1 participant sur 3 au chômage technique total se dit satisfait de son travail (33%) ».

« Travailler joue énormément sur notre état d’esprit »

« Malgré la pression au travail élevée et les conditions de vie difficiles qui entraînent inévitablement du stress et de l’anxiété, cette étude montre que le fait de travailler joue énormément sur notre état d’esprit. Le travail continuera à avoir des répercussions importantes sur notre santé mentale même après la crise, et travailler en toute sécurité peut prévenir les problèmes de santé mentale. C’est pourquoi il est déjà important pour les entreprises d’avoir une discussion avec leurs travailleurs concernant la manière dont elles veulent gérer la reprise du travail en toute sécurité. Invitez les travailleurs à y réfléchir aussi. Cette démarche favorise une plus grande implication et donc une adhésion aux règles plus concrète et plus efficace », affirme Lode Godderis.

En bref, le Covid-19 joue avec nos émotions

Pour résumer, les travailleurs sont plus tendus et anxieux. Mais mettons également en avant un peu de positif. « La grande majorité des participants se disent ‘vigilants’ (85%), ‘attentifs’ (81%), ‘déterminés’ (73%) et ‘énergiques’ (71%) », conclut l’enquête.

*Les chercheurs expliquent: « Le 26 mars, IDEWE et la KU Leuven ont lancé une étude qui analyse l’évolution de la crise du coronavirus sur le bien-être mental des travailleurs. Il s’agissait du premier questionnaire sur une série de quatre, chacun avec un intervalle de quatre semaines. Au total, 6515 travailleurs ont complété le premier questionnaire ».

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