Pourquoi les hypersensibles ont-ils des problèmes de confiance en eux?

Pourquoi les hypersensibles ont-ils des problèmes de confiance en eux?

Avoir confiance en soi est un vrai challenge pour les personnes hypersensibles. Une neuropsychologue nous explique pourquoi et aussi comment nourrir sa confiance lorsqu’on vit avec une hyperréactivité émotionnelle et sensorielle. 

Il suffit de feuilleter les magazines de psychologie et les ouvrages de développement personnel pour comprendre combien la confiance en soi est une faculté que chacun – ou presque – cherche à travailler. Les plus grands ne cessent d’ailleurs de le dire: ce serait la clé du succès, le secret pour atteindre ses objectifs. Plus simplement, cela nous permettrait de nous sentir en sécurité, à notre juste place mais aussi d’avancer dans la vie peu importe les obstacles que nous rencontrons.

Mais s’il arrive à chacun de faire face à une baisse d’assurance, il semblerait que les personnes hypersensibles soient davantage en proie à la perte de confiance en soi. Une réalité que Cathy Assenheim, neuropsychologue, conférencière et auteure ayant fait des neuro-atypismes sa spécialité, explique de par l’activité neurologique plus intense des ultra-sensibles.

C’est quoi au juste, la confiance en soi?

Ce que l’on entend par “confiance en soi” est, selon la neuropsychologue, un concept qui se divise en trois niveaux distincts:

  • L’estime de soi: à savoir la valeur que l’on se donne en tant qu’être humain.
  • La confiance en soi: qui est la valeur que l’on donne à ses capacités et ses compétences, qu’elles soient physiques, professionnelles, intellectuelles ou autres.
  • L’affirmation de soi: qui se définit par notre faculté à exprimer nos besoins et nos limites.

Les hypersensibles, plus sujets à la baisse de confiance en soi… Mais pourquoi?

Si nous pouvons tous être victimes d’une baisse de confiance, ce qui différencie les personnes neurotypiques des ultra-sensibles est le nombre de fois où ces derniers se remettent en question, mais aussi la manière dont ils arrivent à retrouver foi en leurs capacités: “Face à une situation donnée, les ultra-sensibles et leur activité cérébrale intense auront tendance à analyser tout ce qui les entoure: la manière dont les gens les regardent, le langage non verbal de leurs collègues, l’intonation avec laquelle on leur parle… Ces analyses les poussent à douter d’eux. Ils auront également plus de mal à passer outre ces moments de doute, puisque ils sont plongés dans une constante analyse de leur environnement”, nous confie l’experte.

Coincés dans cet engrenage, les hypersensibles éprouveront plus de difficultés à remonter la pente et se faire à nouveau confiance: ils vont continuer à ruminer et se remettre en question de façon constante, ce qui les mènera à un certain déséquilibre émotionnel, ayant pour conséquence une baisse de confiance plus profonde encore.

Les “HYPER”, des personnes en perpétuelle adaptation

“Les ‘HYPER’, comme j’aime les appeler, vont donc être plus vite débordés par leurs émotions, vivront les choses avec plus d’intensité aussi. Ils auront donc plus de hauts et de bas que les autres et vont, dans la vie de tous les jours, devoir s’adapter pour canaliser cette hyperréactivité”, nous explique l’experte. Cela aura pour conséquence une fatigue chronique, un possible sentiment de mal-être, des troubles du sommeil ainsi que des addictions, au sucre notamment, lorsque les émotions débordent.

Perte de confiance en soi chez les ultra-sensibles: les risques

“Chez un hypersensible, une baisse de confiance en soi qui perdure risque de créer un débordement émotionnel: il va se laisser manger par ses émotions”, explique Cathy Assenheim, qui y voit là l’une des conséquences principales de ce manque d’estime de soi. “Son cerveau, en proie au stress, va finir par saturer, et cela aura un impact néfaste sur tous les pans de sa vie, à commencer par la manière dont il osera s’affirmer.” Une personne hypersensible pourrait ne plus oser exprimer ses besoins ou, pire encore, ne plus savoir les définir, de peur de (se) décevoir davantage encore. Un cercle peu vertueux dans lequel il est facile de s’enfoncer, d’où découleront notamment:

  • Une fatigue émotionnelle
  • Des troubles du sommeil
  • Des crises d’angoisse
  • Une impossibilité à mettre en avant ses compétences
  • Le syndrome de l’imposteur
  • Une insécurité émotionnelle
  • Une baisse de moral
  • Des difficultés à gérer le quotidien

Les outils de l’experte pour sortir de ce cercle vicieux

Cathy Assenheim nous l’affirme: près de 40% de la population serait dotée de cette hyperréactivité émotionnelle et sensitive. Voici quatre outils proposés par notre spécialiste pour retrouver un bon niveau de confiance en soi quand on est hypersensible.

1. On apaise son système nerveux

La première chose à faire, selon la neuropsychologue, sera de calmer son système nerveux. Pour y arriver, elle conseille de faire appel aux compléments alimentaires: “Je propose à mes patients des cures de magnésium – aussi bien pour un adulte que pour un enfant – qui aide à réguler le taux de sérotonine dans le cerveau. Le safran est aussi un merveilleux allié, puisqu’il aide à avoir un meilleur équilibre émotionnel. On le trouve en sticks ou en gélules”.

2. On coupe l’hyperémotivité en activant sa logique

Pour se faire, l’experte conseille de booster le côté gauche du cerveau, siège de la logique, en faisant diverses activités:

  • Des mathématiques: “Compter, soustraire ou encore diviser va calmer de 20% la réactivité émotionnelle. Cela peut paraître étrange, mais ça marche vraiment”, nous confie la neuropsy.
  • Des exercices de respiration: il est prouvé que respirer en faisant des inspirations très courtes et des expirations très longues permet de réguler le système nerveux et calmer les émotions. “Pour que cela fonctionne, on va expirer au moins deux fois plus longtemps que le temps pris pour inspirer. On peut aussi souffler dans une paille pour calmer l’emballement émotionnel”. Un exercice simple et à la portée de tous, même des plus petits.

3. On décrypte ses émotions négatives

La spécialiste nous rappelle que la fonction des émotions est, avant toute chose, de nous recentrer sur nos propres besoins: “Lorsque nous ne sommes plus maître de nos émotions, je conseille une chose: de quoi avons-nous besoin, là, maintenant”. Voici quelques éléments de réponses si vous vous sentez perdue face à vos émotions:

  • La peur: révèle qu’on a besoin de plus d’informations pour être rassurée, ou encore de rituels pour se sentir en sécurité.
  • La tristesse: met le doigt sur le besoin de prendre du temps pour soi, de se prioriser et de prendre soin de soi.
  • La colère et/ou la culpabilité: veut dire qu’on ne sait pas comment agir pour faire face à une situation, qu’on a besoin de changer de stratégie ou de nouveaux outils pour gérer au mieux une situation nouvelle ou récurrente.

4. On s’accepte tel que l’on est

S’autoriser à être soi dans sa particularité neurologique est extrêmement important pour rebooster la confiance en soi, selon Cathy Assenheim: “S’accepter est l’une des clés pour avoir confiance en ses capacités. C’est Ok d’avoir des émotions qui débordent et d’avoir des besoins différents des autres. C’est aussi Ok d’être plus sensible que d’autres. Et, surtout, ce n’est ni une tare ni un défaut, juste une particularité neurologique, comme il en existe beaucoup”. N’hésitez pas à lire quelques ouvrages sur le sujet pour en apprendre davantage sur votre particularité et apprendre à l’accepter dans votre vie.

Pour aller plus loin dans la réflexion

Cathy Assenheim est l’auteure du livre “Mon cerveau est Hyper”, un guide permettant de mieux comprendre le fonctionnement des cerveaux “HYPER” et les aidant à exprimer tout leur potentiel. Il est en vente au prix de 19,90€ sur le site des éditions DeBoek.

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