L’affichage de ce contenu a été bloqué pour respecter vos choix en matière de cookies. En cliquant sur « Voir le contenu », vous acceptez les cookies. Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant sur « Paramètres des cookies » en bas du site.
Voir le contenu

Maman et alcoolique: comment sortir de l’addiction?

Une lectrice nous explique son addiction à l'alcool et comment elle en est sortie. © Getty Images
Par Tatiana Czerepaniak

Jade est maman de 2 enfants. Elle a réussi à sortir de l’addiction après plusieurs années d’alcoolisme qui ont eu un lourd impact sur sa vie de mère et de femme. Elle nous livre son témoignage.

Selon les derniers chiffres de l’Institut scientifique de santé publique, 15 Belges sur 100 boiraient de l’alcool quotidiennement. Une consommation qui peut avoir un impact important sur notre santé physique et mentale. Mais quand on est alcoolique et aussi parent, c’est toute la famille qui trinque… À commencer par les enfants. Jade, maman de deux filles de 8 et 2 ans, a souffert de cette dépendance à l’alcool pendant de nombreuses années, avant de trouver le moyen d’en sortir.

Abstinente depuis trois ans, elle nous parle des causes de son alcoolisme, de ses conséquences, et nous raconte comment elle a réussi à se défaire de cet engrenage toxique.

Rencontre entre Jade et l’alcoolisme

La jeune femme a 14 ans quand sa relation destructrice avec l’alcool débute. “La première fois que j’ai bu, c’était comme tous les ados de mon âge: d’abord avec une copine pour essayer, puis en soirée avec des copains. Sur le coup, j’ai trouvé ça amusant, euphorisant même”. Pendant quelques temps, Jade boit de temps en temps avec ses amis: “C’était un accès facile à l’amusement”. Mais deux ans plus tard, l’alcool prend une place plus importante dans sa vie. “J’avais 16 ans, un petit copain et je me sentais très mal dans ma peau. Un jour, j’ai pris une bouteille d’alcool que j’ai mélangé à du jus d’orange”. Jade et une amie boivent le mélange, et elles finissent complètement alcoolisées en début d’après-midi. “Au début, je me suis sentie légère. Mais petit à petit, j’ai ressenti un mal-être… D’abord physique – nausée, etc. – puis psychologique”.

L’alcool: un amusement, puis un refuge

Jade se rend à l’infirmerie de son école, et l’aide-soignante comprend que derrière cette simple consultation se cache un drame: “Elle a creusé mon mal-être et, me sentant plus forte grâce à l’alcool – même si je ne lui ai pas avoué que j’avais bu – je lui ai dit pourquoi je me sentais si mal dans ma tête et dans ma peau, à savoir parce que mon grand-père adoptif me faisait subir des attouchements depuis un long moment”.

Si cette révélation est un choc pour l’école et l’entourage de Jade – qui ne savent rien de l’état d’ébriété de la jeune femme – cette dernière se sent plus légère. “Moi qui m’étais tue pendant si longtemps, l’alcool m’avait donné la force de libérer ma parole. C’était ma cape de super-héros, la potion magique grâce à laquelle j’osais dire la vérité”. C’est à ce moment précis que la relation “fun” qu’entretenait Jade avec l’alcool a complètement changé pour devenir une sorte de refuge.

2 ans d’errance et d’alcoolisme

De ses 16 à 18 ans, Jade se tourne de plus en plus vers l’alcool dès qu’elle se sent mal et ce, sans que personne ne s’en rende compte. “Je prenais un verre dès que j’avais le moral en berne. Je ne me rendais pas compte que je sombrais dans l’alcoolisme, et surtout que l’alcool me menait à fréquenter des gens dans le même état dépressif que moi”. Et effectivement, Jade fait plusieurs mauvaises rencontres… Dont un homme avec lequel elle passera deux ans de sa vie et, surtout, pour lequel elle coupera les ponts avec ses parents.

“Mes parents me disaient que c’était un mauvais garçon. Moi, aveuglée par mon addiction et mon amour pour lui, je ne les écoutais pas. Je suis partie de chez eux pour aller vivre avec lui”. Et si Jade assume bien son choix de vie au début, elle le regrettera par la suite: “Pendant deux ans, on va consommer beaucoup d’alcool lui et moi, de la drogue aussi. J’ai vite compris que j’avais fait un mauvais choix… Et j’ai encore plus noyé mon mal-être dans l’alcool”. Heureusement, une amie lui ouvre les yeux, la pousse à quitter son compagnon et à retourner chez ses parents. Jade se sent à nouveau en sécurité, mais aussi en décalage avec les membres de sa famille, à qui tout semble réussir… Et si elle tente d’en finir avec l’alcool, son sentiment de culpabilité la pousse à boire à nouveau.

“Quand je suis tombée enceinte, j’ai tout de suite arrêté”

La jeune femme se refait peu à peu un groupe d’amis et retrouve même son premier amour. Les choses vont très vite entre eux: “On ne s’était jamais vraiment oublié, alors quand on s’est revu, l’étincelle entre nous s’est rapidement rallumée”. Boostée par ce renouveau, Jade arrive à réserver sa consommation d’alcool aux moments sociaux et festifs. Ce qui lui a réussi un moment. Un an plus tard, elle tombe enceinte et cette grossesse la pousse à arrêter totalement: “En devenant mère, j’ai eu peur de ce qu’on allait penser de moi si je consommais de l’alcool enceinte, et j’ai eu envie de me défaire de ça. Je sais aujourd’hui que ce n’est pas la bonne démarche, mais ça m’a permis d’être totalement abstinente pendant toute ma grossesse, et même les mois qui ont suivi la naissance de ma fille”.

Un petit nuage qui se transforme en prison

Pendant plusieurs semaines, le couple vivra sur un petit nuage. Mais petit à petit, une relation toxique s’installe entre Jade et le père de sa fille. “Moi, je ne voyais plus que ma fille, je fusionnais avec elle. Et suite à sa naissance, les attouchements que j’avais subi ado remontaient à la surface. De son côté, mon compagnon était très demandeur sexuellement, m’obligeant à avoir des relations sexuelles avec lui, sans mon consentement. Face à cette violence, je me suis rapidement réfugiée dans l’alcool”. Jusqu’aux 2 ans de sa fille, Jade s’alcoolisera pour supporter ce que lui fait subir son compagnon et sombrera dans une dépression profonde. Au début, la jeune femme se sent coupable d’être une mère alcoolique mais la spirale de l’alcool finira par lui faire oublier jusqu’à son rôle de mère. Un soir, la jeune maman reprend pourtant ses esprits et décide de fuir cet enfer, sa fille sous le bras. Une fois encore, elle retourne chez ses parents.

Des débuts difficiles vers l’abstinence

Jade veut s’en sortir. Pour elle, pour sa fille, mais aussi pour montrer une bonne image d’elle à ses parents. Elle trouve un appartement et arrête de boire. Mais elle replonge très vite dans son addiction, lorsqu’elle se retrouve seule le soir. “Je buvais pour éviter que mes peurs et mes traumatismes ne m’empêchent de dormir, mais aussi pour ne pas avoir à gérer mes émotions. Je voulais les endormir”. Un jour, Jade abuse d’alcool mais aussi de médicaments, et finit par avoir un accident de voiture alors qu’elle conduit sa fille à l’école. Un accident qui est un déclic pour elle, mais aussi pour sa famille, qui prend conscience de la situation catastrophique dans laquelle est Jade.

Une thérapie pour s’en sortir

La jeune maman est hospitalisée, suite à quoi elle est suivie par un psychologue et des addictologues. Des spécialistes qui la suivront plusieurs années durant. “Ma psychanalyse m’a certes obligée à me confronter à mes traumas, mais aussi à choisir une autre voie que l’alcool pour calmer ces angoisses”. Après un parcours difficile, Jade est désormais abstinente depuis trois ans. Selon elle, se faire aider par des professionnels mais aussi des proches est essentiel. “Il ne faut pas avoir honte, car la honte pousse au silence, et le silence pousse à sombrer davantage dans l’alcoolisme. Alors mon conseil est vraiment de parler, et de se faire aider par des pros”. Une thérapie essentielle, surtout quand on sait que derrière cette addiction se cache souvent une souffrance psychologique.

Je suis une maman alcoolique… Que faire?

  • Sortir du silence: n’ayez pas peur d’en parler à un proche de confiance, votre médecin de famille ou une personne bienveillante, afin de mettre des mots sur vos maux.
  • Se faire suivre par un(e) addictologue: pour parler de votre consommation d’alcool et vous faire aider pour la réduire.
  • Suivre une thérapie: si votre alcoolisme est la conséquence de troubles ou de traumatismes, il est essentiel d’entamer un travail afin de traiter les causes potentielles de cette addiction.
  • Contacter les Alcooliques Anonymes: cette association, qui vient en aide aux personnes dépendantes à l’alcool, peut vous aiguiller auprès d’experts spécialisés à l’addiction. Pour trouver les infos, rendez-vous sur leur site Internet.

Plus de conseils pour lutter contre l’addiction

Recettes, mode, déco, sexo, astro: suivez nos actus sur Facebook et Instagram. En exclu: nos derniers articles via Messenger.

Contenu des partenaires