“J’ai un parent alcoolique”: comment m’en sortir?

"J'ai un parent alcoolique": comment m'en sortir?
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Avoir un parent alcoolique a un impact lourd sur le bien-être psycho-émotionnel d’une personne, même à l’âge adulte. Une thérapeute nous explique comment sortir de cet engrenage toxique.

La Belgique est l’un des pays européens où la consommation d’alcool est la plus importante, selon les chiffres du site Belgique en bonne santé. Et si cette consommation semble contrôlée pour la grande majorité de la population, 8,5% des Belges tombent dans l’excès et deviennent dépendants à l’alcool. Une hyperalcoolisation qui a de lourdes conséquences sur leur propre santé mentale et physique, mais aussi sur celle de leurs proches: instabilité émotionnelle, perte de contrôle… Avoir un buveur dépendant dans sa famille est souvent très difficile à vivre, en particulier lorsque cette personne est notre parent.

Avoir un parent alcoolique: l’impact psycho-émotionnel

Julie Arcoulin, coach et auteure spécialisée dans les relations toxiques, nous explique en quoi avoir un parent alcoolique peut être néfaste: “C’est difficile pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que souvent, les rôles parent-enfant sont inversés, mais aussi – et surtout – parce que l’alcoolisme amène la personne à avoir des comportements malsains: mensonges, crises de colère, propos blessants, demande d’attention constante… Difficile de se construire en tant que personne et de vivre une relation saine lorsque notre parent vit une dépendance”. Selon la spécialiste, plusieurs impacts psycho-émotionnels sont possibles:

  • Anxiété, tristesse pouvant mener à la dépression
  • Difficultés relationnelles avec autrui
  • Culpabilité quant à l’addiction du parent
  • Un besoin de sauver le parent qui peut s’avérer destructeur
  • Baisse de la confiance en soi
  • Peur de sombrer soi-même dans la dépendance
  • Remise en question continuelle
  • Sentiment de redevabilité et/ou d’incompréhension
  • Colère

Comment se protéger quand on a un parent dépendant?

Pour la coach, il est important de se prémunir des conséquences néfastes que l’addiction d’un proche peut avoir sur notre bien-être psychologique.

1. Ne pas se considérer comme responsable de la situation

Selon la spécialiste, les enfants de parents alcooliques ont tendance à se croire responsables de cette addiction: “Parfois, c’est parce que le parent dit clairement à son enfant que c’est de sa faute, mais cela peut aussi être plus insidieux. Même à l’âge adulte, on se dit que c’est peut-être – voire certainement – de notre faute, et on vit sous une chape de culpabilité qui fait baisser la confiance en soi”. Une perte de confiance qui a un impact sur la vie quotidienne: difficulté à s’engager et/ou à trouver sa voie, sentiment d’infériorité, émotions en dents de scie… “C’est pour toutes ces raisons qu’il est primordial de comprendre que non, ce n’est pas de notre faute si notre parent est alcoolique”. Vous n’arrivez pas à vous persuader que vous n’êtes pas responsable de l’addiction de votre parent? Pour sortir de cet engrenage, Julie Arcoulin conseille d’entamer une thérapie.

2. Prendre du recul pour sortir du syndrome du sauveur

Autre conseil de la coach: prendre ses distances. Cela ne veut pas dire arrêter de voir son parent mais bien prendre du recul sur la situation. “C’est humain de vouloir venir en aide à son parent addict. Le souci, c’est qu’on endosse souvent dans le rôle du sauveur: on veut absolument sauver son parent de l’alcoolisme, quitte à y laisser toute son énergie. Il faut comprendre que la seule personne qui peut sortir notre proche de l’addiction, c’est lui-même. Il doit avoir le déclic comme on dit, être acteur de sa propre guérison. On aura beau l’emmener chez tous les médecins et thérapeutes du monde, s’il ne souhaite pas mettre des choses en place pour aller mieux, on ne pourra pas le faire à sa place. La seule chose qu’un enfant peut faire, c’est prendre le recul nécessaire pour ne pas que l’addiction de son père – les hommes sont davantage sujets à l’alcoolisme – ou de sa mère ait (trop) d’impact sur sa vie et son quotidien”, confie Julie Arcoulin.

3. Se prioriser

Pour prendre de la distance, la coach propose de penser davantage à soi et à sa propre vie qu’à son parent: “Même si c’est difficile, il est essentiel que l’addiction du parent ne prenne pas toute la place. Si on peut être un soutien – à condition que ce soit ok pour nous – on a un quotidien à vivre, sa vie à faire… Et cela doit être notre priorité principale puisque cela nous permettra d’avoir le recul nécessaire pour ne pas trop subir cette réalité”.

4. Trouver du soutien

Il existe plusieurs associations qui peuvent aider en apportant notamment un soutien psychologique aux proches d’alcooliques:

  • L’association “Al-anon”: propose des groupes de parole et de soutien pour les personnes souffrant de l’alcoolisme d’un membre de leur famille.
  • Quandunparentboit.be: un site qui s’adresse aux enfants dont l’un des parents est ou a été dépendant à l’alcool, et propose des réponses aux questions qu’ils se posent, des réflexions pour comprendre ce qu’ils vivent et des pistes pour savoir comment réagir.
  • Les alcooliques anonymes: une association bien connue qui écoute et aide tant les personnes ayant une addiction à l’alcool que les proches.

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