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Témoignage: “Nous n’avons plus fait l’amour depuis un an”

Sophie et Pierre s’embrassent et se câlinent, mais ils ne font plus l’amour depuis un long moment. Douze mois au moins. Ils nous parlent de leur quotidien sans sexe.

En matière de sexualité, pas de règles à suivre: que l’on fasse l’amour une fois par mois ou plusieurs fois par jour, l’important est de se sentir bien dans sa sexualité. Mais s’il est assez normal que la fréquence des rapports diminue avec le temps, on a tendance à croire que l’absence de sexualité causera à coup sûr la perte du couple. Est-ce vraiment le cas? Sophie, une quarantenaire qui n’a pas fait l’amour avec son compagnon depuis un an, nous aide à répondre à cette question taboue.

Pas de sexualité depuis un an: Sophie nous raconte

“Quand j’ai rencontré Pierre, je sortais d’une période de trois ans et demi de célibat, après un divorce pénible d’avec le père de mes enfants. Il m’a fait rire à nouveau, tout en m’apportant sérénité et confiance. Notre relation n’était pas évidente: j’avais la garde des enfants non-stop tandis que sa fille était là une semaine sur deux. Assez rapidement, nous nous sommes installés et avons acheté une maison, histoire de fonder un nouveau foyer. Et tout s’est bien déroulé. Il y a un an, nous nous sommes mariés, sous le regard attendri de nos trois enfants, de nos proches et de nos amis. Bien sûr, comme dans toutes les familles, il nous arrive de ne pas être d’accord, de hausser le ton… Mais chaque soir, je m’endors dans les bras de mon homme”. Sa vie de famille recomposée, Sophie la considère comme parfaite. Et pourtant, la jeune mariée est face à une frustration: sexuellement, c’est le calme plat entre elle et son mari depuis plus d’un an.

Trop fatigués pour faire l’amour

Au début de leur relation, le couple avait pourtant une sexualité active: “Nous faisions l’amour à chaque fois que nous nous voyions. Mais ces moments se sont fait plus rares lorsque nous avons emménagé ensemble: d’abord parce que nous étions exténués à cause du déménagement, des enfants, de notre vie sociale à reconstruire… Puis, Pierre a changé de boulot pour se rapprocher de la maison, ce qui a généré pas mal de stress supplémentaire. Ce n’est qu’après un bon mois que j’ai commencé à me dire que nous n’avions plus eu de relation”.

Un sujet que Sophie n’a pas osé aborder avec Pierre, par culpabilité: “Je craignais que ce soit de ma faute. Son ex était ‘pulpeuse’ tandis que moi, je suis plutôt mince… Me trouvait-il moins attirante? Il m’avait expliqué que son premier mariage avait capoté entre autres à cause du fait que son ex n’aimait pas le sexe. Ils avaient même consulté un thérapeute à ce sujet. Voilà que nous faisions pareil… Le pire, c’est que le sexe ne me manquait pas à moi, mais j’imaginais qu’à lui, oui”.

Lors d’un week-end en amoureux, Sophie prend son courage à deux mains et ose enfin en parler à son mari: “Il m’a assuré que ça n’avait aucune importance pour lui. Nous avions tant à faire qu’il n’y pensait pas. J’ai donc été rassurée à 100%. Entre-temps, voilà un an que nous nous abstenons. Quand cela m’inquiète, je lui en parle et il me tranquillise de la même façon: en évoquant les enfants, le manque de temps, la fatigue…”

“Mes amies font l’amour une à trois fois par semaine…”

Quand elle discute du sujet avec des amies, Sophie constate qu’elles ont une libido bien plus active que la sienne: “Elles font l’amour une, deux, trois fois par semaine, même si leur relation a plusieurs années! En général, je les écoute sans intervenir. Je suis considérée comme la plus prude. Je n’arrive pas à leur avouer que cela fait plus de 365 jours que je n’ai pas eu de relation sexuelle”.

Mais pour le couple, s’aimer est bien plus que de passer des moments torrides sous la couette. “Pour Pierre, le sexe tourne autour des petits jeux avant et après, des câlins, des sentiments de sécurité, de réconfort et d’amour. Pourquoi serions-nous anormaux de préférer la tendresse? L’essentiel est que je me sente bien avec lui, avec ou sans érotisme. Par contre, je n’en parle plus à personne”.

Ce qu’en dit Pierre…

“Je pense que notre situation pose plus de souci à Sophie qu’à moi! Elle n’est pas mon premier amour mais elle est l’amour de ma vie. Je suis catégorique à ce sujet: nous sommes bien ensemble. Avec mon ex-femme, nous consultions un sexologue car elle se désintéressait totalement de la chose. Quant à moi, je cherchais ce qui me manquait: l’intimité, et je projetais cela sur les rapports. Je pensais que plus on en ferait, plus on serait proches. Aujourd’hui, je sais que ça ne marche pas ainsi”.

Il poursuit: “Je sais aussi que nous couchons peu parce que nous travaillons tous deux à temps plein, nous faisons nous-mêmes des travaux dans la maison, nous élevons trois enfants… et nous sommes éreintés. Cela dit, je joue au foot deux fois par semaine et les conversations entre hommes tournent souvent autour de la libido. Je suis persuadé que l’abstinence est taboue! Jamais aucun n’avouera qu’il ne fait l’amour qu’une fois par an, ce serait comme admettre un genre de faiblesse. Donc, de temps à autre, j’invente une anecdote coquine. Ma vie privée ne regarde que moi”.

L’avis d’une sexologue

Nous avons interrogé Marie Van Hove, sexologue, afin qu’elle analyse pour nous la situation de Sophie et de Pierre. Elle répond à nos questions:

Sophie et Pierre ont-ils un souci?:

“Non, il y a entre eux une véritable intimité. Ils se parlent, se câlinent, sont connectés tant physiquement que mentalement. Il semble qu’ils souhaitent la même chose. Quand je reçois des patients, c’est ce que je vérifie d’abord: que les attentes sexuelles soient raccord. En général, les femmes doivent être libres dans leur tête, disposées à faire l’amour pour bien en profiter, tandis que les hommes mettent plutôt l’accent sur le physique, la pénétration: le sexe leur permettant d’évacuer la pression”.

Pourquoi c’est difficile de parler de sexualité?

“Ça l’est d’autant plus si elle n’est pas épanouie. Il faut d’abord s’avouer à soi-même que quelque chose dysfonctionne et, ensuite, pouvoir l’expliquer à son partenaire. Et si lui ne le voit pas comme un souci, on peut vite se sentir vulnérable. Pourtant, il n’y a qu’en parlant d’un problème qu’on peut réussir à le résoudre. Lorsqu’un couple me consulte pour la première fois, je leur pose toujours une dizaine de questions (au sujet de leurs attentes, de leur image corporelle, de leur sentiment de sécurité…) pour qu’on comprenne ensemble ce que signifie la sexualité pour eux. L’important dans ce cas-ci? Que Sophie et Pierre comprennent qu’ils ne sont pas ‘anormaux’ sous prétexte qu’ils ne font pas souvent l’amour. Ils devraient peut-être juste aller dîner, sans forcément avoir de relation après. Parfois, on perd de vue que le sexe est une façon d’être très proche de l’être aimé, sans autre enjeu”.

Bruxelles-Wallonie: le sexe en chiffres

  • 20%: c’est le pourcentage des 41-55 ans qui disent avoir des rapports sexuels une fois par mois ou moins, contre 5,6% chez les 17-20 ans.
  • 23,3%: c’est le pourcentage des 41-55 ans qui disent faire l’amour 3 fois par semaine, contre 34,5% chez les 17-20 ans.
  • 55% des personnes interrogées habitant dans le Brabant wallon ont déclaré faire l’amour une fois par semaine ou moins, contre 50,7% à Bruxelles, 49,9% dans le Luxembourg, 48% dans la province de Namur, 45% dans celle de Liège et 44% dans le Hainaut.

Source: enquête de la mutualité socialiste Solidaris auprès de 4600 Belges francophones au printemps 2016. Adaptation: Régine Segers.

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