« Les érotiques de l’histoire »: parce que le sexe a traversé toutes les époques

"Les érotiques de l'histoire": parce que le sexe a traversé toutes les époques
Getty Images © Atlantide Phototravel

Dans son livre Les érotiques de l’histoire, Didier Dillen nous fait voyager dans le temps à travers la sexualité: de la Préhistoire au 21e siècle, elle a toujours été présente. Chaque période a eu ses petites habitudes coquines… On vous explique.

Le quatrième de couverture indique: « Des témoignages coquins que nous ont laissés Monsieur et Madame Cro-Magnon aux conceptions étonnantes des hommes et des femmes de l’Antiquité sur la sexualité ou l’homosexualité, jusqu’au sexe 2.0, friend fucking (sex-friend) et exhibitionnisme, voici une petite histoire du sexe à ne pas manquer ». Vous êtes prévenue, on vous emmène voyager à travers les époques et les coquineries.

Durant la Préhistoire, ça se passait comment?

Quelles étaient les pratiques de l’époque (pour rappel, la Préhistoire: débute il y a 3 millions d’années)? Les habitudes? Quelles traces nous ont-ils laissées?

Ce que l’on sait du sexe et de la Préhistoire

On ne connaît que très peu de chose sur la sexualité des hommes de Cro-Magnon. Mais quelques indices laissés permettent de comprendre que les hommes quittaient leur groupe de naissance pour rejoindre un autre clan, avec l’idée de trouver leur(s) épouse(s). Les cavernes ont laissé des traces de leurs histoires « olé olé ». Ainsi, de nombreux sexes féminins comme masculins sont dessinés sur les murs des grottes qui sont en réalité de vrais « catalogues érotiques ». En résumé, les hommes sont souvent représentés bien membrés et les femmes sont nues ornées de bijoux et pulpeuses.

Quelles pratiques étaient représentées?

Concernant les rapports sexuels en tant que tel, le premier coït dessiné remonte à il y a 12.000 ans. « À partir du Paléolithique supérieur, il y a entre 35.000 et 10.000 ans donc, les images érotiques vont commencer à se multiplier. Des milliers de gravures, dessins et objets à caractère nettement sexuel ont ainsi été recensés. Certains objets, sculptés en os ou en corne, sont tellement réalistes qu’on se demande s’ils ne sont pas les ancêtres des godemichés. Fait curieux: parmi toutes ces images, les hommes sont largement sous-représentés et, quand ils le sont, leur phallus en érection est souvent le seul détail morphologique un tant soit peu détaillé. Rien avoir avec les traitements artistiques réservés aux femmes ».

Les représentations plus osées et graveleuses n’apparaîtront que plus tard, au Néolithique, vers -5400 ans avant Jésus-Christ. « Plus réalistes, plus obscènes aussi, ces représentations montrent des hommes et des femmes en train de se faire du bien dans à peu près toutes les configurations imaginables ». Les peintures et/ou sculptures sont aussi imaginaires, faites d’hommes, de femmes et de créatures mi-animales, mi-humaines…

Et l’homosexualité?

L’homosexualité n’était pas inconnue. « Au Néolithique, les cas de dessins montrant des couples de même sexe en train de faire crac-crac sont même assez courants ».

Une période non violente

Souvent associés à des hommes un peu rustres, les hommes du Paléolithique sont pourtant non violents. « Les cas de violence, conjugale ou pas, sont d’ailleurs quasi inconnus, preuves archéologiques à l’appui ».

L’Antiquité et sa sexualité

Chez les Romains ou les Grecs antiques (– 3000 à 476), la sexualité ne fait pas partie intégrante de leur vie, les vestiges et écrits laissés de cette époque le prouvent…

Chez les Grecs

« Dans la Grèce antique, érotisme et sexualité sont érigés en art de vivre, au même titre que boire et manger ». C’est également chez les Grecs que naît le tout premier jeu érotique… À cette époque, on ne parle pas d’homosexualité, mais une pratique est récurante: la pédérastie. « Il s’agit d’une véritable institution. Elle est même parfois érigée en loi (…). C’est difficile à admettre aujourd’hui, mais pour les Grecs d’alors, la relation qui unit l’éraste (un homme souvent fortuné et influent) à l’éromène (un jeune garçon qui n’a jamais moins de douze ans) possède une vocation éducative. Il s’agit de préparer le garçon à son futur rôle de citoyen et même de guerrier ».

Chez les Romains

Souvent, les hommes de la Rome antique sont associés à des « êtres décadents, avides d’orgies (…) ». Attention, ces représentations sont surtout de gros clichés. En effet, « il est ainsi mal vu pour les amants de faire l’amour en pleine lumière ou de se montrer mutuellement nus. Cliché aussi l’image d’une sexualité brutale. Dans l’Empire, les plaisirs érotiques sont plutôt faits de douceur et de langueur ».

Le Moyen-Âge

Durant cette période (476 à 1492) , la sexualité est emprunte de croyances, de règles… qui persisteront durant de nombreux siècles.

Aphrodisiaques en puissance

C’est l’époque où les premiers aphrodisiaques font leur apparition. Tous plus farfelus les uns que les autres, ils promettaient d’emmener chacun des utilisateurs au septième ciel.

Les coutumes à l’honneur

Les coutumes coquines sont loin d’être ignorées, au contraire. Les vieilles filles et vieux garçons en âge de se marier, mais dont l’amour ne leur était pas encore tombé dessus, s’adonnaient « à d’innombrables rituels censés leur apporter l’amour ».

Pas avant le mariage… ou juste un peu

Bien que faire l’amour était un acte qui ne se faisait généralement pas avant le mariage, il arrivait que certains dérogent à la règle. Ils flirtaient alors avec leur futur(e) époux/épouse (ou un(e) autre). Au programme: baisers langoureux, caresses…

La période Moderne

Cette période s’étend de 1492 à 1789 et débute sur les chapeaux de roues…

L’arrivée de la syphilis

Mauvais départ pour cette époque en ce qui concerne la sexualité. Toute l’Europe est touchée par la syphilis, tous n’en meurent pas, mais les réactions sont importantes: éruptions cutanées, atteinte osseuses… Elle continuera de sévir jusqu’au 19ème siècle!

Les médecins sont face à une maladie qu’ils ne connaissent pas, les remèdes vont dans tous les sens, surtout que les charlatans s’en mêlent… Aujourd’hui encore, on ne sait d’où et comment elle a atterri sur le sol européen.

La nuit de noces

Ce moment romantique où les jeunes époux se donnent l’un à l’autre est loin d’être intime… À cette époque, tout le village est au courant et n’attend qu’une chose, le drap taché de sang qui flottera au vent. Les coutumes sont diverses à travers le monde, mais relève toujours de la virginité de la jeune femme. « En Chine, la jeune épouse retourne voir ses parents précédée d’un cochon grillé, qui symbolise, allez savoir pourquoi, la perte de la virginité. En Russie, on affichait à l’issue de la nuit de noces un drapeau de couleur rouge en cas de virginité et d’une autre couleur si celle-ci n’était pas prouvée ». Pour l’intimité, on repassera… Alors qu’on sait aujourd’hui que l’hymen d’une femme peut ne jamais être percé.

Une époque, encore une fois où la sexualité a ses codes, tout comme les histoires d’amour.

La période Contemporaine

Les révolutions et les guerres marquent cette époque (de 1789 à nos jours). Et cela s’observe aussi dans la vie intime des hommes et des femmes.

Le sexe, une arme de guerre

Le sexe, durant chaque guerre, a été vu comme une arme. « Durant l’occupation en France, l’armée allemande va jusqu’à organiser un réseau officiel de maisons closes pour ses soldats et officiers, tout en luttant parallèlement contre la prostitution de rue ». Certains disent que c’est pour éviter que les soldats n’attrapent des maladies, d’autres diront que c’est pour éviter les pièges. « Derrière toute femme, il y a peut-être une Mata Hari qui se cache. Pas faux, durant la guerre froide, les Soviétiques se feront ainsi une spécialité de piéger diplomates ou militaires occidentaux en visite en Russie avec de jolies femmes peu farouches. Quelques photos compromettantes, et le tour est joué. La technique avait même un nom: le piège au miel. Une histoire d’abeille et de dard, quoi! ».

La liberté

Mai 68 signe la liberté. « L’instinct de survie et la proximité de la mort (nous sommes seulement 23 ans après la Deuxième Guerre mondiale) poussent souvent les individus à transgresser les tabous, à multiplier les aventures et les plaisirs ».

Le manque d’informations

En matière de sexualité et des savoirs qui l’entourent, le retard est bien présent. « Il faut attendre les années 70, en France, pour voir apparaître une éducation sexuelle un peu moins moralisatrice, laquelle sera d’ailleurs mise à mal par l’arrivée du sida ». En Belgique, l’EVRAS (l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) ne devient obligatoire qu’en 2012-2013. « C’est pire ailleurs. Une bonne partie des jeunes Chinois ne sait même pas comment on fait des enfants ». Le chemin est encore long!

Cet article ne reprend qu’une infime partie du livre de Didier Dillen. Un bouquin qui fait sourire de par les pratiques que certains osent, mais également un livre d’histoire qui nous permet une plongée dans le temps.

Pour plus d’anecdotes: Les érotiques de l’histoire, Didier Dillen, Éditions Jourdan, à shopper ici.

© Jourdan Eds

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