« L’histoire amoureuse des Belges »: découvrez la vie intime de vos ancêtres

"L'histoire amoureuse des Belges": découvrez la vie intime de vos ancêtres
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En un peu plus de 200 pages, le journaliste et écrivain Didier Dillen retrace l’intimité des Belges. L’histoire amoureuse des Belges parle d’amour, mais pas que… Nos ancêtres étaient loin d’être prudes!

Ce livre regorge d’anecdotes, mais aussi d’informations plus sérieuses. Mais deux choses persistent au fil des pages: l’amour et le sexe.

Les meilleures anecdotes

Ce bouquin rassemble de nombreuses petites histoires, mais nous avons sélectionné pour vous nos cinq préférées.

Comment draguait-on à l’époque?

Jusqu’au début du XXe siècle, les célibataires de notre plat pays se réunissaient pour des soirées appelées « sîzes » ou « chîjes ». Durant ces veillées, on parle, on s’échange les derniers ragots du village, on danse, on y fait des ateliers, mais surtout… on drague! Le tout agrémenté d’un petit verre de péket. Ce sont généralement les hommes qui offrent les bouteilles, histoire de se faire bien voir par leur (future) belle. Les parents de cette dernière n’étant jamais bien loin, tous les faits et gestes du futur gendre sont étudiés.

Quelques codes permettaient d’avoir des indices sur l’intérêt que se portent des futurs amoureux (ou pas):

  • « À Bertrix par exemple, l’usage veut que la jeune fille aille s’asseoir auprès de celui qui a bu à sa santé. Mais la rapidité avec laquelle elle s’empresse de le faire est riche de significations pour son éventuel prétendant », explique Didier Dillen dans son livre.
  • « Ailleurs, pour marquer son intérêt, la fille de la maison s’arrange pour vider le fond de la bouteille dans le verre de celui qui lui a tapé dans l’œil. De là vient peut-être la croyance qui veut que le cul de la bouteille, une fois servi, annonce un enfant ou un mariage dans l’année ».

En Flandre, durant ces soirées, les jeunes filles effectuent des travaux de couture, pendant que les hommes s’amusent autour d’elles. En réalité, ces moments « permettent aux jeunes hommes de jauger en catimini l’habilité ménagère de celle qui serait peut-être un jour leur femme! (…) On restait pratique en ces temps-là. Le romantisme, ce sera pour plus tard. Les jeunes filles de Flandre conserveront par ailleurs longtemps l’habitude d’emporter un ouvrage de tricot lors des veillées, même après l’apparition des filatures industrielles ». Heureusement, les temps ont changé…

Et sous la couette, ça se passait comment?

« Comment faisaient-ils l’amour? ». À cette question, on peut facilement répondre: « Comme aujourd’hui pardi! ». Eh bien oui, la mécanique reste la même. La grosse différence est certainement que la sexualité, à l’époque, c’était mal. Cela se faisait « dans le secret des alcôves ou des paillasses, avec la menace constante des commandements de l’Église et puis plus tard, des injonctions émises par la société, la justice et parfois la médecine ». Paradoxalement, ce sont les écrits « censurés » qui ont permis d’en savoir un peu plus… Pire encore, ce sont les évêques qui dans des recueils de pénitences énuméraient les pratiques les plus… coquines! On pouvait notamment lire: « As-tu forniqué seul avec toi-même, comme certains ont l’habitude de faire, en prenant dans ta main ton membre viril, en tirant ton prépuce et remuant ta propre main, de sorte que par ce plaisir, tu as projeté ta semence? Si oui, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau ».

Niveau contraception, on est sur quelque chose de rudimentaire

Le premier préservatif apparaît au XVIe siècle en Europe. Et autant vous dire qu’il est assez bancal: « Fabriqué au départ en soie, en cuir ou en boyau animal, sa qualité est médiocre, on s’en doute un peu, et son efficacité d’autant plus relative qu’il est lavé, séché, talqué et réutilisé après chaque usage! On le répare même lorsqu’il est troué ». Bonheur!

C’est en 1844 que les préservatifs font leur apparition et sont produits à grande échelle. À la tête de cet empire de latex: Charles Goodyear. Malheureusement, ce succès est de courte durée, avec l’arrivée de la Première Guerre mondiale, et la dénatalité qui l’a suivie, le gouvernement interdit aux fabricants de faire de la publicité pour ce produit, ainsi que sa distribution. Tous les moyens de contraception deviennent « hors-la-loi ». Bon, évidemment, ce n’est pas une petite règle qui va faire peur aux Belges… Ils continuent de se protéger, mais ni vu ni connu.

La grande révolution, en termes de contraception, s’opère dans les années 60 avec la commercialisation de la pilule. Bien que, dans un premier temps, elle est utilisée pour raison médicale, lors de règles douloureuses par exemple. Mais là encore, les médecins belges s’organisent pour que la pilule intègre tous les foyers. Un réseau de vente parallèle se met en place.

La prostitution banalisée

À l’époque, les bordels ne manquaient pas en Belgique. Il y en a presque dans toutes les grandes villes, à la campagne et même dans des bâtiments appartenant au clergé. Et les moines et curés étaient loin d’être des inconnus pour les prostituées. « La prostitution est un péché, certes, mais aussi un mal nécessaire, bien moins grave en tout cas que l’adultère, le concubinage ou le viol, celui d’une prostituée n’étant pas puni ».

Quelques règles régissent tout de même le milieu. Les prostituées ne peuvent vagabonder que dans certaines rues et quartiers. Et doivent être reconnues distinctement: port d’une aiguillette sur l’épaule, une couleur précise sur une manche, interdiction de porter des belles robes… Une règle certaine: les bordels doivent fermer vitrine dès que le soleil se couche. Eh bien oui, il ne faudrait pas perturber le sommeil « des bourgeois honnêtes ».

Le tourisme érotique belge

Les sculpteurs d’époque n’avaient peur de rien. Les artistes osaient des monuments dénudés. À Bruxelles par exemple, sous les arcades du Cinquantenaire, « on peut admirer, avec une bonne vue tout de même, des sculptures féminines représentant les provinces de Belgique. C’est ainsi que l’on se rend compte que Miss Luxembourg, Miss Hainaut et Miss Namur sont plutôt agréables à regarder ». Chaque entité a ainsi, sur la place du village, sa ou ses femmes faites de marbres ou de pierres, mettant en avant leurs plus beaux atouts.

Les petits belges d’antan étaient donc loin d’être des prudes. Bien au contraire, ils étaient certes plus discrets, mais loin d’être moins coquins qu’aujourd’hui…

Pour plus d’anecdotes: Didier Dillen, L’histoire amoureuse des Belges, éd. Jourdan. À shopper ici.

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