« Arrête de stresser! »: peut-on agir sur nos hormones?

"Arrête de stresser!": peut-on agir sur nos hormones?
Pexels © Yan

« Pourquoi suis-je tout le temps sous tension? » La psychologue Dominique Lelubre décrypte ce phénomène à l’occasion de la sortie du mini-guide sur le stress disponible gratuitement avec le Femmes d’Aujourd’hui de cette semaine (du 10 au 16 septembre en librairie).

Ce supplément vous permettra de comprendre d’où vient ce sentiment de stress et d’agir pour le faire disparaître grâce aux 12 approches naturelles proposées par des spécialistes pour être le plus zen. Mais avant ça, on tente de comprendre ce qu’est le stress avec la psychologue Dominique Lelubre. On lui a posé 7 questions pour nous éclairer.

1. Le stress, c’est psychologique?

« On a tendance à le croire, mais, en réalité, c’est une réaction automatique du corps à quelque chose que le cerveau perçoit comme un danger. Ça peut être une menace bien réelle, comme une voiture qui vous fonce dessus, ou une production de votre esprit, comme la peur de la contamination, des fins de mois difficiles. Mais votre corps ne fait pas la différence: parce qu’il est programmé pour survivre, il réagit en produisant des hormones de stress ».

2. Comment ça se passe dans le corps?

« L’adrénaline augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle, dilate les pupilles et prépare le corps à se battre ou à fuir, mais elle s’élimine rapidement. Le cortisol, lui, pousse les glandes surrénales à produire du sucre sous forme de glucocorticoïdes, qui mettent les muscles en tension. C’est pour ça que, lorsque vous êtes stressée, vous avez souvent des courbatures, mal à la nuque, au dos, etc. Et le cortisol a la vie dure: il peut rester dans le corps jusqu’à quatre semaines! ».

3. La production de ces hormones cause donc un déséquilibre dans l’organisme?

« Ces hormones nous sont nécessaires pour affronter la vie quotidienne. Mais, quand le stress se prolonge, c’est au détriment des hormones de récupération qui sont essentielles à notre bien-être: la dopamine, cette “hormone du plaisir” que nous produisons quand nous nous livrons à des activités agréables, l’ocytocine, qui est l’hormone de l’amour, mais aussi du lien social, produite par les étreintes, la sérotonine, hormone du calme et de la sérénité, sécrétée quand nous prenons le temps de nous poser, et l’endorphine, produite par le mouvement, le sport… »

4. Les hormones du stress et les hormones de récupération ne peuvent pas coexister?

« Le problème, c’est qu’elles utilisent les mêmes récepteurs. Imaginez un récepteur comme une balançoire dans une plaine de jeux. S’il y a une hormone de stress sur la balançoire, les hormones de récupération doivent attendre leur tour… Le cerveau, constatant le blocage, ordonne alors à l’organisme de ne plus produire d’hormones de récupération, ce qui provoque entre autres des insomnies, des troubles de la digestion et une baisse de l’immunité ».

5. Alors, qu’est-ce qu’on fait?

« Il faut à la fois accélérer l’évacuation du cortisol et booster la sécrétion des hormones de récupération. Et, pour cela, il faut d’abord agir sur le corps. Je suis psychologue, mais je prône toutes les solutions qui permettent de se recentrer sur le corps, en débranchant la prise des pensées: la cohérence cardiaque, le yoga, la sophrologie, la pleine conscience, etc. Et j’exhorte mes patients à se trouver une activité créative manuelle, qui les amène à se concentrer entièrement sur ce qu’ils font, et donc à se couper de leurs pensées anxiogènes, pour vivre pleinement le moment présent.

6. Et la psychothérapie?

« Elle peut se faire en parallèle, mais il est indispensable d’utiliser des outils naturels qui agissent sur le corps. Pour le comprendre, il faut un minimum de connaissance du cerveau. Le cerveau reptilien, qui est le siège de l’instinct, et le cerveau limbique, qui est le siège des émotions, constituent ensemble le cerveau du stress: c’est de là, de notre cerveau animal, archaïque, que part le réflexe de stress. Par contre, le lobe préfrontal, à l’avant du cerveau, abrite notre pensée logique et nos ressources de lâcher-prise, distanciation, gestion des émotions, relativisation. Quand il y a trop d’hormones de stress dans l’organisme, la communication entre ces deux cerveaux est perturbée. Résultat: nous devenons irritables, susceptibles, fragiles ».

7. Et les médicaments, ont-ils un rôle à jouer?

« Oui, si nécessaire, mais ils ne sont qu’une béquille provisoire. Chacun doit trouver la ou les techniques qui lui conviennent, afin de rétablir l’équilibre dans son corps et la communication entre ses deux cerveaux. Et finir par lâcher sa béquille ».

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