« Paye ta shnek » tire sa révérence après 7 ans

"Paye ta shnek" tire sa révérence après 7 ans
Instagram/ @Paye ta shnek

L’initiatrice du compte Tumblr « Paye ta shnek », Anaïs Bourdet a décidé, dimanche 23 juin 2019 de stopper son projet « Paye ta Shnek ». Cette féministe indépendante se sent épuisée par tous les témoignages qu’elle reçoit jour après jour.

« Paye ta shnek », à la base, est un compte Tumblr ouvert il y a sept ans par Anaïs Bourdet, une graphiste marseillaise. Ce compte diffuse des « témoignages de harcèlement sexiste dans l’espace public ». Des comptes Facebook et Instagram découlent de cette initiative, toujours avec le même objectif. À l’époque, Anaïs Bourdet est l’une des premières à dénoncer ces harcèlements sexistes.

Exemples de témoignages reçus quotidiennement

C’est ainsi qu’on peut lire sur le compte « Paye ta shnek »: « Eh ben, vous devez être une sacrée salope pour être dans cet état aujourd’hui! ». Rennes – « Enceinte de 8 mois, dans le bus, par un quadra en costard cravate. J’étais accompagnée de mes aînés de 11 et 6 ans. J’avais 32 ans. »

« Eh, je te parle, salope! Tu t’habilles en petite pute et tu ne me réponds pas? Si tu t’habilles comme ça c’est bien pour exciter les mecs? Ben t’as qu’à te promener nue alors! ». Metz – centre ville. « Un parfait inconnu alors que je me rendais à la fac. Je n’ai pas répondu à sa première invective m’invitant à faire plus ample connaissance avec lui. C’était l’hiver, je portais une jupe au genou, des collants noirs épais et des bottes à tout petits talons. Les passants spectateurs de la scène riaient de la situation, et ont détalé tête baissée quand j’ai hurlé au type qu’il devait faire entrer dans sa cervelle de piaf qu’une fille qui met une jupe, c’est juste parce qu’elle en a envie, pas pour faire des rencontres. »

Des pages et des pages entières remplissent le compte « Paye ta shnek » de ce genre de témoignages. Une violence sans pareille que reçoivent des milliers de femmes chaque jour.

Anaïs est épuisée par cette violence

7 ans après, l’initiatrice du projet se sent épuisée par celui-ci. « J’ai, je crois, toujours été honnête avec vous alors je vous dis les choses telles qu’elles me viennent: je n’en peux plus. Je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à lire vos témoignages et à les digérer en plus des violences que je vis dès que je mets le pied dehors. La colère que j’ai accumulée en presque 7 ans me bouffe et me pousse à réagir quasi systématiquement, et la plupart du temps, ça ne fait qu’envenimer la situation. Je suis la meuf de PTS (Paye ta shnek), je ne m’autorise pas à laisser passer les choses, car après tout, si même moi je ne réagis pas, qui le fera? Et ce rôle-là, je n’en veux plus. Je n’ai pas ou plus les épaules, je suis épuisée et, honnêtement, terrorisée », lit-on sur sa page Facebook du même nom. « Je vais donc fermer le formulaire de contribution sur le Tumblr, et ne publierai plus de témoignages.
Ça n’a, aujourd’hui, plus autant de sens: après ‘balance ton porc’, ‘metoo’, et toutes les prises de parole, il faut passer à l’étape suivante. Témoigner ne suffit plus: rien n’a changé, les hommes sont toujours aussi violents. »

Pas un au revoir définitif

Dans son touchant message, Anaïs fait part de son futur en annonçant: « PTS prendra donc, peut-être, une autre forme. Je travaille sur le podcast YESSS, qui met en avant nos victoires, et ça fait beaucoup de bien. » Ce podcast se veut féministe et résolument positif. Il célèbre « les victoires de femmes contre le sexisme, les warriors du quotidien », peut-on lire sur leur site. L’initiatrice de « Paye ta shnek » ne s’éloigne pas trop avec ce projet mais ce dernier se veut plus positif.

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