#metoo #moiaussi: des milliers d’internautes dénoncent le harcèlement

#metoo #moiaussi: des milliers d'internautes dénoncent le harcèlement
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#moiaussi. Comme « moi aussi j’ai été victime de harcèlement ». Voilà le message à partager aujourd’hui sur les réseaux sociaux pour réveiller les consciences. 98 % des femmes belges ont été au moins une fois victimes de harcèlement de rue (chiffre de l’asbl Touche pas à ma pote). Et il n’y a pas que la rue, il y a le boulot, les soirées, les transports en commun, les magasins. Marie Van Humbeeck, alias Marie Véja, blogueuse, explique pourquoi chaque témoignage compte (et a écrit un très bel article sur le sujet sur son blog, La fille de 1973).

C’est toi, c’est moi, c’est nous, ce sont nous toutes!

Un chiffre, c’est abstrait. Une page d’accueil Facebook envahie de statuts disant « moi aussi », ça frappe. Ça rapproche. L’idée a démarré ce weekend avec le hashtag #balancetonporc, qui incitait chacune à raconter son histoire de harcèlement. Le côté délation en a gêné plus d’unes. L’actrice Alyssa Milano a alors relayé une autre idée. Simplement dire #moiaussi, #metoo, pour libérer la parole. « Si toutes les femmes qui ont été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle écrivaient #metoo #moiaussi en statut, peut-être que les gens se rendraient compte de l’ampleur du problème » explique-t-elle. Depuis #metoo a été partagé par plus de 27 000 internautes sur Twitter. Et vous avez dû le voir fleurir sur votre mur Facebook.

Un message aux hommes…

Marie Van Humbeeck: « Tout d’abord, le but est que les hommes réalisent l’ampleur des dégâts, l’ampleur du syndrome. Il faut aussi qu’ils comprennent que certains actes qu’ils ne considèrent pas « graves » (parce que pas légalement répréhensibles) le sont et ont des conséquences. Et que les actes « graves » (qui sont répréhensibles, donc) sont aussi nombreux (et souvent impunis et/ou sans suite même s’il y a dépôt de plainte). »

… Et aux femmes!

Une autre conséquence, plus inattendue, est le dialogue entre femmes. Marie Van Humbeeck: « Là, je discute avec plusieurs femmes qui me disent qu’elles n’ont jamais subi de harcèlement. Mais en fait, je réalise, et elles réalisent au fur et à mesure de la conversation, que… si. Mais elles définissent cela autrement ou ont intégré la violence tellement bien qu’elles ne réalisent plus que certaines choses qu’elles ont vécu en font partie. Je ne suis pas sociologue mais cette prise de conscience est, à mes yeux, très intéressante car elle ne touche pas que les hommes, justement. Elle met en lumière très clairement cette… culture du viol qu’on dénonce si régulièrement! »

La réaction de ces messieurs

Face à la déferlante, les principaux intéressés restent souvent silencieux. Marie Van Humbeeck: « Je réalise aussi que cela déclenche encore et toujours des #notallmen (des personnes qui reviennent avec l’argument « tous les hommes ne sont pas comme ça »), qui ne comprendront jamais rien. » Que leur répondre, dans ce cas? Marie Van Humbeeck: « Le hashtag #jefatigue. Ou, plus sérieusement, leur dire que cette réaction, cette façon de dire « moi je ne suis pas comme ça » est celle de la plupart des hommes ». Et qu’elle ne fait pas avancer le débat. « Je remarque aussi que les pires harceleurs (certains que je connais), justement, sont ceux qui vont soutenir cette cause. Un peu comme Weinstein qui a participé à la marche des femmes! Ça, ça me fait un peu désespérer… Car ils resteront des harceleurs et tu réalises que c’est pathologique. Attention, il y a aussi quelques hommes qui soutiennent et écoutent. »

Un hashtag, c’est pas un peu gadget?

Encore un phénomène web, un feu de paille, aussi vite oublié qu’il est né? Marie Van Humbeeck plaide pour l’optimisme: « Une ou deux actions de ce genre ne changeront sans doute pas le monde. Mais à la longue et si elles se répètent, elles vont, à force, aboutir sur d’autres actions, de plus grandes prises de conscience et des actes, au final. Comme les suffragettes avant nous! »

A vous de jouer

Si vous aussi, vous vous êtes retrouvée dans une situation de harcèlement ou d’agression sexuelle, copiez-collez ce message en statut Facebook. 
Me too.
Moi aussi.
If all the women who have been sexually harassed or assaulted wrote « Me too » as a status, we might give people a sense of the magnitude of the problem.
Please copy/paste.
Si toutes les femmes qui ont été harcelées ou agressées sexuellement écrivent «Me too / Moi aussi» en statut, nous arriverons peut être à donner aux gens une idée de l’ampleur du problème.
Copiez/collez s’il vous plait.

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)