Un test urinaire pour dépister le cancer du col de l’utérus

Un test urinaire pour dépister le cancer du col de l'utérus
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Un test urinaire pour détecter le cancer du col de l’utérus? Des recherches à ce sujet, menées par des scientifiques de l’Université de Manchester, s’avèrent concluantes. Sur 104 femmes, le résultat du test était le même que celui d’un frottis.

En Belgique, le dépistage du cancer du col de l’utérus se fait par frottis dès le premier rapport sexuel, tous les trois ans, entre les 25 ans au plus tard et les 65 ans de la femme. Le frottis est un examen au cours duquel on prélève des cellules superficielles du col pour les analyser au microscope. Un moment peu agréable pour les femmes, non qu’il fasse mal, mais bien parce qu’il leur demande de se “mettre à nu”. Le test urinaire pourrait l’éviter. En effet, des chercheurs britanniques ont démontré, dans une étude conduite dès 2014, que des résultats similaires au frottis pouvaient être obtenus avec ce type de test.

45% de femmes non dépistées en Belgique

Malgré son remboursement, “45% des femmes, en Belgique, ne font pas de frottis”, nous précise le Pr Jean-Luc Squifflet du service gynécologique des cliniques universitaires Saint-Luc. Un test urinaire permettrait-il d’augmenter le nombre de dépistages? Pas si sûr. S’il n’y a pas plus de travail de prévention, que ce soit un test urinaire à domicile ou un frottis en cabinet, les 45% de femmes qui ne se font pas dépister ne le seront pas plus avec ce test, selon le professionnel.

Plus il y a de dépistages, moins il y a de cancers

Et pourtant, il faudrait parvenir à toucher ces femmes non dépistées “parce que les patientes qui ont un suivi régulier, par frottis, n’ont pas de cancer du col de l’utérus”, insiste le professeur. “Plus il y a de vaccins (à réaliser avant le premier rapport sexuel) et de frottis, moins il y a de cancers”. C’est le cas des pays anglo-saxons et du nord de l’Europe, qui tablent davantage sur une médecine préventive. “Le taux le plus bas du cancer du col de l’utérus réside en Scandinavie car 90% des femmes y sont dépistées”.

Lire aussi: Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus fait ses preuves

Le test urinaire ne résout pas tout, mais…

Le test urinaire est moins invasif qu’un frottis réalisé chez le gynécologue. “Mais si un problème médical aigu est observé, il faut pouvoir se retourner vers quelqu’un qui nous connaît et nous suit, que ce soit un gynécologue ou un médecin traitant”, rappelle Jean-Luc Squifflet. Et puis, “si des patientes n’osent pas venir chez le gynécologue pour se faire dépister, c’est peut-être parce qu’elles ont peur, qu’elles souffrent de douleurs, de vaginisme (contraction involontaire du plancher pelvien à l’insertion d’un corps dans le vagin) ou qu’elles ont subi des violences, et dans ces cas-là, c’est important d’être pris en charge gynécologiquement, voire psychologiquement”. Comprenez: les patientes pourraient se retrouver avec un résultat de test urinaire positif et ne savoir qu’en faire.

Idéal pour dépister le cancer du “corps de l’utérus”

Le test urinaire est par contre une vraie solution pour détecter le cancer du corps de l’utérus ou cancer de l’endomètre (la paroi qui tapisse l’utérus). Actuellement, ce cancer est décelé grâce à une biopsie qui est souvent douloureuse et ne réussit pas toujours (problèmes techniques, douleurs trop importantes…). Les scientifiques de l’Université de Manchester ont observé, dans une étude récente (février 2021), que la technique du test urinaire pourrait résoudre ce souci. Un prélèvement urinaire ou via des sécrétions vaginales, à réaliser soi-même, serait ici bien efficace.

Un premier pas vers des analyses approfondies

Ces nouvelles recherches démontrent que 91,7% des femmes qui souffraient d’un cancer du corps de l’utérus ou le suspectaient ont bien été diagnostiquées. Pour celles qui n’avaient aucune prédisposition connue de cancer de l’endomètre, ce test urinaire a évalué 88,9% de diagnostics négatifs. Un test urinaire se révélant positif serait donc une première étape, moins douloureuse, avant d’entamer des analyses plus approfondies. Les recherches doivent se peaufiner, mais les premiers résultats sont prometteurs.

Plus d’infos sur le dépistage HPV: depistage.be

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