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À quoi pensent les femmes quand elles font l’amour?

À quoi pensent-elles? © Getty Images
Par Tatiana Czerepaniak

Elles ont entre 19 et 40 ans, viennent des 4 coins du monde et ont confié leurs pensées les plus intimes à l’autrice Lucy-Anne Holmes. Des témoignages dont la Britannique s’est servie pour faire un bouquin, dans lequel elle explore la complexité des pensées des femmes lors de leurs moments amoureux.

Qu’est-ce qui peut bien trotter dans la tête des femmes quand elles font l’amour? La réponse fantasmée à cette question est souvent issue de l’univers pornographique: des mots hot, un scénario coquin… Si vous êtes de celles et ceux qui imaginent de telles choses, revoyez votre copie, car les réelles pensées des femmes sont bien plus pragmatiques. Et elles reflètent bien souvent les tabous et injonctions qui pèsent sur leurs épaules. Pour preuve, le livre de l’autrice Anne-Lucy Holmes – qui a fait de la vie sentimentale des femmes de son époque sa spécialité – dans lequel elle compile les récits d’une cinquantaine de femmes à qui elle a posé la même question: « À quoi tu penses quand tu fais l’amour ».

Leurs réponses ont un point commun, selon Ovidie, réalisatrice de films érotiques et autrice de la préface du livre: pendant leurs ébats, les femmes sont plus souvent dans la représentation que dans le lâcher-prise. Une sexualité féminine qui serait, pour les deux spécialistes, contrôlée par les diktats et les injonctions patriarcales, peu importe l’âge.

« Pendant l’amour, je pense à… »

Voici, selon nous, les huit témoignages du livre les plus marquants et révélateurs.

Des débuts décevants

Mélodie, 19 ans, Anglaise: « Avant d’avoir des rapports sexuels, je croyais que c’était quelque chose de merveilleux, de renversant. Je n’avais aucune idée d’à quel point ça serait gênant en réalité, et peu satisfaisant (…). Mon ancien copain n’a jamais été capable de localiser mon clitoris. Une fois, je me suis dit que j’allais l’aider en le guidant: il a réussi à le frotter deux fois, puis il a glissé et a frotté mes lèvres. Il ne s’est même pas rendu compte qu’il n’était plus sur mon clito. C’était évident qu’il ne savait pas ce qu’il faisait, et la plupart du temps, j’étais juste allongée à penser: ‘Mon Dieu, c’est gênant, je me demande quand on va s’y mettre' ».

La peur de perdre sa virginité 

Salma, 24 ans, Libanaise: « Pendant longtemps, j’ai eu peur de perdre ma virginité. Je viens d’une région chrétienne assez traditionnelle: avant le mariage, les hommes peuvent coucher avec autant de femmes qu’ils le souhaitent… Mais les femmes doivent rester vierges. Je n’ai donc jamais pensé que faire du sexe pourrait être une belle création entre deux personnes, et mes expériences amoureuses n’ont pas été très positives: mon premier petit copain me trompait tout le temps, et mon deuxième était très violent. Comme mon père, qui l’était avec ma mère…  Et la première fois que j’ai fait l’amour, tout ça est remonté à la surface: j’ai vu dans les yeux de mon amant le visage de mon père. J’ai vu le schéma qui se reproduisait. C’était terrible et effrayant. Depuis, je travaille dans une organisation qui vient en aide aux femmes subissant des violences domestiques. Et lorsque cette vision me vient à nouveau, j’essaie de me concentrer sur mon partenaire. Un de mes ex l’avait mal pris, mais mon compagnon actuel m’aide à surmonter ça ».

La crainte de ne pas être respectée

Noémie, 33 ans, Française: « Je trouve le sexe très amusant. Je rigole quand je jouis, et plus l’orgasme est fort plus le rire est incontrôlable. Je crois que c’est parce que je ressens l’orgasme comme une explosion de joie. Je suis célibataire, du coup, j’enchaîne les relations, mais ce n’est pas ce à quoi j’aspire. Malheureusement, je suis du genre à me servir du sexe comme un moyen de garder de l’intérêt pour mon partenaire. Comme j’ai une libido élevée, on me qualifie de fille facile. Parfois, je cache un peu cet aspect de ma personnalité car souvent, quand un homme le remarque, il arrête de me respecter. Je trouve ça triste et injuste que les femmes soient obligées de censurer leur relation. Je remarque que, malgré les apparences, on vit toujours bien dans une société machiste, que les hommes sont encore aux prises avec le cliché de la Vierge et de la putain ».

Jessica, 36 ans, Canadienne: « Avant, j’avais peur que les mecs ne me respectent pas si je faisais l’amour trop rapidement avec eux. Maintenant, je dis en rigolant à mes potes que coucher le premier soir est ma stratégie pour éliminer le type d’hommes que je ne veux plus jamais revoir. J’ai adopté le terme ‘salope éthique’. J’ai grandi dans une famille très religieuse. Le sexe a toujours été un sujet honteux et l’éducation sexuelle éludée (…). Récemment, j’ai réalisé que j’aimais bien quand le sexe était un peu brutal: quand on me serre la gorge, qu’on me claque les fesses, me plaque au sol… Mais je suis vraiment tiraillée. Même si je prends du plaisir à me soumettre, ça me coûte émotionnellement, car ça donne trop accès à moi. Mon instinct me dit que ne pas m’engager dans cette voie, mais le sujet m’intrigue, j’ai envie de l’explorer. Quand je fais du sexe plus traditionnel, je passe en revue mes fantasmes pour m’aider à jouir plus vite. Si ça met trop longtemps, je perds patience, et j’angoisse à l’idée que mon partenaire se dise la même chose ».

Des jeux de rôle

Emily, 27 ans, Australienne: « Je suis avec mon partenaire depuis presque 6 ans et dernièrement, nos rapports sexuels ont été plus aventureux: avec mon partenaire, on s’est acheté pas mal de sextoys, et ça a été plutôt amusant. Au début, on les a utilisés sur moi, mais maintenant, on en utilise certains sur lui aussi (…). On fait des jeux de rôle, on met en place des scénarios, et on a aussi appris à découvrir ce qu’on aime, et l’intensité qui nous fait vibrer: souvent, je commence par lui embrasser le cou, puis je descends lentement… Tout dépend d’à quel point j’ai envie de le chauffer. Si je suis d’humeur provocatrice, je délaisse son pénis et je m’affaire sur les différences zones autour. C’est agréable de se sentir puissante au lit. Ce lien entre le pouvoir et le plaisir me fascine. (…). On parle aussi beaucoup tous les deux. Je trouve qu’on devrait pouvoir parler librement de sexe, mais c’est toujours un sujet sensible: soit les mecs trouvent ça sexy, mais d’autres vont te traiter de trainée ».

Le manque de représentations

Olga, 29 ans, Russe: « J’ai découvert le sexe avec le film ‘Titanic’, avec la scène dans la cale. J’avais 8 ans et j’ai pensé: ‘Oh, c’est quoi ça?!’. En Russie, il n’y avait pas d’éducation à la sexualité et ma mère m’a eu sur le tard, donc il y a eu un gros écart générationnel entre nous. Elle ne voulait pas parler de sexe ou de garçons, alors j’ai dû trouver les réponses moi-même. Et comme je n’ai jamais eu d’orgasme, j’ai pensé pendant un certain temps que j’avais un problème médical. Puis à 24 ans, j’ai pris la décision d’explorer cette partie de moi, parce que c’était comme si j’avais une main et que je ne l’utilisais pas. J’ai acheté un livre écrit par l’actrice qui joue Samantha dans ‘Sex and the City’. J’ai pensé: ‘Mon Dieu, si une femme comme elle a des problèmes au lit, alors c’est normal de se poser des questions sur sa sexualité!’. Et ça m’a fait du bien d’entendre les histoires d’autres femmes, j’ai réalisé que dans l’absolu, il n’y a rien qui soit bien ou mal ».

Monica, 36 ans, Espagnole: « Je n’ai joui qu’une seule fois avec un mec. D’habitude, je fais semblant: je respire plus vite, je fais un peu de bruit et je dis que j’ai joui. La dernière fois que j’ai fait l’amour, c’était il y a un an, avec mon ex, que j’appelle ‘le mec des 5 minutes’: il jouissait en cinq minutes puis s’allongeait et prenait son téléphone. Chaque fois que ça arrivait, je me sentais stupide. Je pensais: « Mais pourquoi je suis là, merde? ».

Une charge mentale trop forte

Holly, 38 ans, Anglaise: « Je crois que ça fait longtemps que je n’ai pas pris de plaisir à faire l’amour. Quand on a commencé à sortir ensemble, on prenait vraiment beaucoup de plaisir mon mari et moi: on faisait des jeux de rôle, utilisait des sextoys… Mais ça s’est perdu en cours de route. Je dirais que c’est dû à beaucoup de facteurs, mais principalement parce que je trouve difficile de mettre de côté ‘la Maman’ pour être ‘l’Amante’. Et puis je me suis tellement occupée d’autres personnes qu’en fin de journée, je ne pense plus qu’à une chose: dormir (…). Quand mon mari met son bras au dessus de moi et commence à me caresser la jambe, je me crispe en me demandant quelle excuse je vais pouvoir sortir. Et souvent, après le sexe, je me dis: ‘Voilà, un peu de répit pour quelques jours’. C’est affreux de penser ça ».

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