Témoignages: “Famille recomposée, on fait un enfant ou pas?”

Témoignages: "Famille recomposée, on fait un enfant ou pas?"
© Getty Images

Ces femmes sont à la tête d’une famille recomposée et ont pour point commun d’avoir toutes envisagé, au moins une fois, de faire un enfant avec la personne qui partage désormais leur vie. Certaines ont sauté le pas, d’autres y ont renoncé. Elles nous racontent pourquoi.

La multiplication des séparations a transformé considérablement notre société, intégrant la famille recomposée comme un modèle de plus en plus présent: en 2015, la Ligue des Familles annonçait que 15% des familles étaient recomposées, contre 20% en 2018… soit une famille sur cinq. Derrière ses chiffres, des femmes et des hommes qui, après avoir vécu la dure réalité de la séparation, ont décidé de donner une seconde chance à l’amour et de “fonder une famille” avec un/une autre partenaire, ayant parfois lui-même des enfants.

Un schéma familial pour le moins moderne qui peut sembler différent – sur plusieurs aspects – d’une famille dite “traditionnelle”, mais à l’intérieur duquel la question de l’enfant en commun fait, comme pour de nombreux couples, bien souvent son chemin.

Faire un enfant: on se lance ou pas?

Cette question, ces femmes se la sont déjà posée au moins une fois lors de leur précédente union. Mais dans cette nouvelle vie de famille en mode patchwork, la réflexion n’avait rien d’identique et les a amenées sur des chemins bien différents.

Elles ont dit “oui”

Maria était déjà maman de deux enfants quand elle a rencontré son compagnon actuel. Après trois ans de relation, elle a fait un bébé avec celui qui partage sa vie: “Quand je me suis séparée du père de mes deux ainés, je pensais vraiment que je n’aurais plus d’autres enfants. Et je dois avouer qu’être maman solo de deux petits ne faisait que confirmer mon choix… Puis j’ai rencontré mon compagnon, et ça a vite matché entre nous. Un an après avoir emménagé ensemble, il m’a demandé de lui faire un bébé. N’étant pas papa – et même s’il s’investissait beaucoup dans la vie de mes deux grands -, je comprenais bien son désir de connaître la paternité. J’ai dû prendre le temps de la réflexion… Une période pendant laquelle j’ai été prise de sentiments très contradictoires: j’avais envie de faire un enfant à l’homme que j’aime et en même temps, j’avais tellement peur que notre équilibre – et celui de mes enfants – soit détruit. Mais un jour, je lui ai dit ‘oui’, un peu comme on se jette dans le vide. Trois ans plus tard, aucun regret: on a ensemble une merveilleuse petite fille qui met beaucoup de joie dans la famille”.

Isabelle, à la tête d’une famille recomposée de 4 enfants:  “J’ai eu deux garçons de ma précédente union, et mon mari une fille. Ensemble, nous avons eu une petite fille il y a 2 ans et demi. Faire un bébé ensemble a été une évidence: notre fille est venue renforcer notre famille, elle l’a en quelque sorte consolidée… Mais son arrivée n’a pas été simple du tout: à la période où j’ai accouché, nous avons récupéré la fille de mon conjoint en garde exclusive, suite à de gros problèmes survenus chez sa maman. Honnêtement, ça a été trop à gérer en même temps et j’ai fait une dépression post-partum suite à ce changement brutal de vie. Trouver la juste place pour tous est un vrai défi: même si j’ai une très bonne relation avec ma belle-fille, j’ai souvent du mal à la cerner. Quant à mes garçons, ils adorent mon conjoint, c’est un peu leur deuxième figure paternelle. Notre petite dernière vient renforcer tout cela”.

Aurore, mère et belle-mère de 5 enfants: “J’ai trois enfants de mon premier mariage et mon mari en a un de son premier mariage. Personnellement, je n’imaginais pas ne pas avoir d’enfant avec la personne que j’aime, et lui non plus… On voulait vraiment un bébé à nous! Mais je dois avouer que la grossesse a été très difficile, en grande partie à cause des conflits avec nos ex… Et aujourd’hui encore, il n’est pas simple de composer avec les contraintes de garde de chacun des enfants”.

Elles ont dit “non”

Hélène, mère et belle-mère de deux enfants: “Après réflexion, nous avons décidé de ne pas faire un enfant commun. Il y a plusieurs raisons à cela: la première est que nos enfants sont déjà grands et qu’on apprécie le fait qu’ils soient autonomes. La deuxième, c’est que le réel désir de faire un petit nous en commun ne s’est jamais présenté. Sentimentalement, nous n’en ressentons pas le besoin. On préfère profiter de nous deux et de notre famille recomposée plutôt que de nous lancer dans un projet bébé”.

Audrey, maman d’une petite fille: “Je me suis retrouvée seule pendant ma grossesse, et cela a été très traumatisant pour moi. Aujourd’hui, je suis à nouveau en couple et tout se passe pour le mieux, mais je n’imagine pas avoir un autre enfant: déjà parce qu’avoir vécu ma grossesse et mon post-partum seule m’a beaucoup marqué, mais aussi parce que je ne souhaite pas être à nouveau liée à vie à quelqu’un par la naissance d’un enfant. C’est une chose trop lourde à porter pour moi”.

Aurélie, mère et belle-mère de trois enfants: “J’ai deux enfants et mon chéri une fille. Pour nous, les choses sont claires: nous n’aurons jamais d’enfant ensemble! Cela vient surtout du fait que nous n’avons pas le courage de vivre avec un nouveau-né: retomber dans les couches, les nuits blanches et les réveils trop matinaux… Tout ça nous semble difficile à gérer en plus de notre vie de famille actuelle. Mais aussi un peu parce que l’on pense que nos enfants prendraient difficilement le fait que le bébé reste chez nous alors qu’eux vont chez les autres parents. Je ne veux pas avoir à vivre un quotidien fait de jalousie”.

Elles ont préféré renoncer

Fanny et son compagnon ont, à eux deux, six enfants. Malgré leur désir d’avoir un bébé, ils ont finalement fait le choix de ne pas en avoir ensemble: “J’aurais vraiment beaucoup aimé avoir un enfant avec mon chéri, ne fût-ce que pour découvrir la parentalité différemment. Mais après réflexion, on se rend compte qu’un bébé en plus serait assez compliqué à gérer au quotidien. Et puis on se découvre chaque jour, on construit notre couple et notre famille… Tout recommencer nous fait trop peur, et on s’est aussi rendu compte qu’on était très heureux comme ça”.

Tatiana a trois enfants et est belle-mère d’un garçon: “Entre mon chéri et moi, tout a été super vite: mon précédent couple était dans une impasse mais je n’osais pas y mettre fin. Rencontrer celui qui est désormais mon mari m’a poussé à tout quitter et recommencer, mes trois enfants sous le bras une semaine sur deux. En douze mois à peine on vivait ensemble, on cherchait une maison à acheter et on préparait notre mariage. Peu après m’avoir demandé ma main, mon homme m’a dit: ‘J’ai envie de te faire un bébé’. C’était un peu sous la forme d’une boutade, mais je sais qu’il pensait ce qu’il disait. Personnellement, je ne me sentais pas prête à mettre ce projet bébé en route en même temps que tout le reste. Mais pendant le confinement, j’ai ressenti cette envie de redécouvrir la maternité avec lui… De son côté, mon mari ne se sentait plus vraiment en phase avec ce désir d’enfant. Il faut dire que notre quotidien avec quatre enfants à la maison une semaine sur deux est pour le moins chargé et, ajouté à nos vies professionnelles, c’est parfois tellement la course qu’on ne sait plus où donner de la tête… Alors imaginez avec un nouveau-né! Et puis on aime tellement ces moments où l’on est juste un couple: on prend du temps pour nous, on sort, on va au resto, au théâtre… On vit une vie bien différente, et après réflexion, on a compris qu’on n’était pas prêt à renoncer à ces instants rien qu’à deux. Alors finalement non, nous n’aurons pas d’enfant ensemble”.

Elles ont vécu des moments très difficiles

Sandra est séparée du père de son fils aîné, et maman d’une petite fille qu’elle a eu avec son compagnon actuel. Un choix qui a bouleversé leur famille recomposée: “Mon chéri a deux grands enfants, et j’ai un fils plus jeune. Très vite, on a voulu avoir un bébé à nous. Et ce petit nous rend terriblement heureux. Mais son arrivée a totalement déséquilibré notre vie de famille recomposée. Dès l’annonce de ma grossesse, mes beaux-enfants nous ont fait vivre un enfer: ils ont fait du chantage affectif à leur papa, passaient leur temps à chambouler notre organisation, ont eu des comportements difficiles à vivre… Aujourd’hui encore quand ils viennent, ils ne m’adressent pas la parole. Je ne peux pas dire que je regrette, car notre petite nous apporte beaucoup de bonheur, mais depuis, le comportement de ses ainés est un gros sujet de tension entre mon compagnon et moi”.

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