Interview: Mustii, le Belge aussi doué à l’écran que sur scène

Interview: Mustii, le Belge aussi doué à l'écran que sur scène
© Laetitia Bica

Avec son premier album, 21st Century Boy, sorti en octobre dernier, Thomas Mustin alias Mustii s’est rapidement imposé dans le monde de la musique. Nous avons eu la chance de le rencontrer lors de son passage aux Francofolies de Spa, où il a mis le feu sur la scène Pierre Rapsat.

Si vous ne connaissez pas sa voix (à tort!), vous reconnaîtrez certainement son visage: Mustii, Thomas Mustin de son vrai nom, est également acteur: vous l’avez probablement vu dans la série La Trêve, tandis qu’il interprète actuellement Hamlet au théâtre. Mais entre un tournage et une pièce de théâtre, le jeune Belge développe son autre talent: la musique. Auteur, compositeur, musicien… Mustii a plus d’une corde à son arc! Rencontre avec cette étoile montante.

Mustii, le chanteur belge à suivre au plus vite

Qui est « 21st Century Boy »?

« C’est le personnage qui traverse l’album. Ce dernier est conçu comme un journal intime, dont chaque chanson en est une page. Chacune d’entre elles aborde un thème dans lequel le personnage va se plonger, livrer ses pulsions, ses cauchemars… tout ce qu’il a à dire. Certaines chansons vont aborder des thèmes plus spirituels tels que la religion, tandis que d’autres parleront plus de son identité, de sa place dans le monde, de s’il arrive à s’intégrer parmi les autres… C’est vraiment l’idée d’avoir une silhouette qui traverse l’album et qui écrit tout ce qu’il ressent, ses angoisses… Parce que c’est un personnage assez angoissé quand même! (rires)

Je me suis inspiré du film Elephant de Gus Van Sant, qui évoque une tuerie dans un lycée aux États-Unis dans les années 2000. Donc mon personnage sort d’un événement traumatique comme celui-là et écrit un journal intime. On y découvre comment il rentre en résilience et quelle est sa vision du monde après avoir vécu un événement aussi terrible. »

Ce personnage est donc fictif, ce n’est pas toi?

« Je m’en sers quand même pour livrer toutes mes angoisses, celles que j’ai pu avoir à l’adolescence ou que j’ai maintenant. Mes questionnements par rapport à de grandes thématiques, parfois très existentielles ou plus spirituelles. Donc j’y ai mis un peu de moi, mais j’aime bien fictionnaliser et créer une histoire, un autre personnage… Je trouve ça plus intéressant. »

As-tu choisi d’écrire en anglais pour marquer une distance, que ce ne soit pas trop intime?

« Non pas forcément. J’ai choisi d’écrire en anglais parce que je pense que c’est la langue qui se marie le mieux à la musique que je composais à ce moment-là. Depuis que je suis tout petit, je suis baigné dans la musique anglo-saxonne, c’est vraiment mes références, même au niveau de la sonorité de la langue. Donc quand j’ai composé l’album, c’est ce qui me parlait le plus. Mais je ne m’interdis pas du tout de travailler dans une autre langue, ça dépendra de la musique que je ferai à ce moment-là, des thématiques abordées. Mais dans 21st Century Boy, j’aimais bien le côté universel de l’anglais et le fait de lier avec les références que j’avais. »

Tu mentionnes tes références… Quelles sont-elles justement?

« À la base, j’ai beaucoup de références dans le cinéma. Le titre de l’album, la pochette, le personnage, les couleurs… ça s’inspire vraiment du film Elephant dont je parlais avant. En musique, je suis très fan de Florence and the Machine, pour l’aspect scénique et performance. Ça m’intrigue vraiment chez elle. De manière plus large, ça va un peu dans tous les sens, dans pleins de styles, francophones ou anglophones. Mais je reste un gros fan de Bowie, qui est pour moi vraiment le pionnier dans l’hybridation et le mélange des genres. C’est le roi pour ça. »

Tu cites David Bowie et tu expliques que tu as créé un personnage fictif dans ton album. À côté de ça, tu es également acteur. Est-ce que, comme lui, tu te verrais créer un personnage sur scène?

« C’est vrai qu’il a été très très loin, dans le sens où il était complètement grimé, c’était devenu quelqu’un d’autre. Il en est vite revenu d’ailleurs. Moi pour le moment, ce qui m’intéresse, c’est d’être sur la frontière entre fiction et réalité, que ça parte quand même de moi, que ce soit personnel et intime. Donc je n’ai pas envie de plaquer un autre personnage, avec un look et une manière d’agir complètement différents. Ce travail-là, je le trouve plutôt dans le théâtre. En musique, actuellement, j’ai besoin de rester connecté à quelque chose de beaucoup plus personnel, que j’aille sur scène en étant moi-même, même s’il y a du jeu et de l’interprétation. C’est moi à la loupe, multiplié par dix, mais ça reste intime et personnel. »

Du coup, comment c’est un concert de Mustii?

« Pour le savoir, il faut venir! (rires) Le mieux c’est de demander au public, mais moi j’aime bien l’idée que ce soit une vraie communion, un partage avec les gens. Que ce soit une rencontre entre plusieurs individus, et pas juste des musiciens derrière un mur avec une foule devant. J’aime bien qu’un contact direct se fasse, c’est pour ça que j’aime bien aller voir les gens, de près, prendre en compte chaque personne qui est là. Sinon, ça reste assez pop et énergique. Mes chansons ont parfois des thèmes un peu sombres, plus fragiles, et afin de ne pas plomber le public, je dois être dans le contraste, faire quelque chose de vivant et de solaire. »

Un artiste aux mille talents

Théâtre, cinéma, musique… Dans quelle discipline te sens-tu le plus à l’aise?

« C’est difficile à dire, parce que j’ai envie de tout faire, mais je me considère plus comme acteur. Parce que ça a été ma formation, et que c’est mon rêve d’enfant. »

Dans le futur, tu te dirigeras donc plus vers le cinéma?

« Si je peux continuer à tout faire, jongler avec les différents milieux, je le ferai! C’est mon vrai rêve. Pour le moment, je travaille déjà sur la suite en musique, tandis qu’il y aura l’année prochaine la reprise de ‘Hamlet’. Donc actuellement c’est un peu 50-50, et j’espère que ça restera comme ça. Je vais me battre pour en tout cas. »

Est-ce que le théâtre fait également partie de ton projet musical, par exemple sur scène?

« Il y a évidemment une idée de jeu et d’interprétation. Il y a des outils techniques du théâtre qui me servent en concert parce qu’il y a plein de points communs entre les deux. Je sors de trois mois de présentation de Hamlet, et je sens que je suis encore plus en phase dans mon corps, dans mes jambes. Le théâtre demande une rigueur et une discipline physique assez fortes, ce qui m’aide en tournée. Les différents médias se servent l’un l’autre. »

Qu’est-ce que la musique t’apporte contrairement au cinéma ou au théâtre?

« Le lien direct avec les gens. En concert, je peux être en contact vraiment avec le public, les regarder. Au théâtre, il y a un personnage, un metteur en scène, un quatrième mur. Dans la musique, le partage est beaucoup plus fort. »

Est-ce qu’il y a du coup une pression en plus lors d’un concert?

« Oui, complètement! Je suis totalement stressé. Dès le matin, voire la veille d’un concert, je suis en stress. Un concert, c’est un risque qu’on prend, tout est possible, chaque date est différente, chaque paramètre est différent, le public l’est aussi… Donc je suis à chaque fois nerveux. »

Jusqu’ici, quel est ton meilleur souvenir de concert?

« Il y a eu les Francofolies de Spa en 2017, qui m’est vraiment resté dans la tête. Mais aussi l’Ancienne Belgique en février: c’était ma première AB, qui était complète alors que tout était ouvert. Les gens venaient vraiment juste pour moi, c’était un rêve d’enfant qui se réalisait. Surtout que j’ai passé mon adolescence à voir des groupes jouer à l’AB, donc être là, sur scène, c’était une grosse claque! »

Découvrez Mustii en festival lors du Ronquières Festival, du Brussels Summer Festival et des Solidarités de Namur. Le Belge se produira également à la Caserne Fonck (Liège), à l’Abbaye de Villers-la-Ville et au Cirque Royal (Bruxelles).

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