Télétravailler ailleurs que chez soi: do or don’t?

Télétravailler ailleurs que chez soi: do or don't?
© Ivan Samkov/Pexels

Le télétravail, forcément à la maison? Que nenni: bon nombre de Belges s’installent sur la Côte belge, en Ardenne, voire dans un autre pays. 

Depuis le début de la pandémie, le télétravail est obligatoire. Une mesure nécessaire pour freiner la transmission du coronavirus, qui reste de mise encore aujourd’hui: “Le télétravail reste la norme et les contrôles vont être renforcés”, a annoncé le 25 mars dernier Pierre-Yves Dermagne, ministre fédéral de l’Économie et du Travail. Les Belges peuvent donc se rendre sur leur lieu de travail uniquement s’il est impossible de travailler à distance, et ce, jusque fin avril.

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Travailler chez soi ou ailleurs?

Si les entreprises n’étaient pas fans du télétravail, elles doivent se faire une raison: cette pratique est désormais ancrée dans notre culture du travail. Force est de constater qu’elle apporte de nombreux bénéfices (gain de temps, d’énergie, horaires plus flexibles, etc.), mais aussi certains inconvénients. Le premier étant le manque de contacts sociaux: lorsqu’on télétravaille à temps plein, on est uniquement en contact avec ses proches durant la semaine. De plus, le rythme de vie peut être pénible, surtout en confinement: les journées passent et se ressemblent.

Dès lors, de nombreux Belges changent d’air sans prendre congé, en s’installant sur la Côte ou à l’étranger avec leur ordinateur. Surnommé le workation (contraction des mots work et vacation), le télétravail ailleurs que chez soi prend un tout autre sens: on recharge ses batteries tout en travaillant. En effet, le dépaysement est bien là, même si on reste en Belgique: on prend le temps de manger son lunch sur la terrasse, on fait une balade après la journée de boulot, on découvre les alentours qui nous sont inconnus, etc.

Que dit la loi?

Catherine Mairy, Legal Expert chez Partena Professional, nous éclaire sur les règles qui entourent le télétravail ailleurs qu’à son domicile.

  • A-t-on le droit légalement de télétravailler ailleurs que chez soi? “Oui, on peut travailler à un autre endroit qu’à son domicile, pour autant que l’on prévienne son employeur. Celui-ci va en effet considérer que l’employé télétravaille de chez lui. Il faut donc le prévenir s’il y a un changement d’endroit”.
  • Pourquoi faut-il le prévenir? “Le lieu de travail autre que le domicile doit être signalé auprès de la compagnie d’assurances, car cela a un impact sur les accidents de travail. En effet, les assureurs partent du principe que le télétravail est effectué chez le travailleur. Il est donc important que l’employeur et le travailleur signent un accord signalant le changement de lieu de travail. Dans ce même ‘contrat’, il est également essentiel d’indiquer les horaires habituels de télétravail. Ainsi, si l’employé télétravaille ailleurs qu’à son domicile et a un accident (par exemple, il tombe dans les escaliers du gîte à 11h), cela va permettre à la compagnie d’assurances d’établir que l’accident s’est bien déroulé sur le lieu et pendant le temps de travail. Si cet accord n’a pas été signé et que l’employeur n’a pas été prévenu, il va être beaucoup plus difficile de prouver qu’il s’agit d’un accident de travail. Il y a un risque que ce soit considéré comme un accident privé et que la compagnie d’assurances de travail n’intervienne pas”.
  • Quelles sont les règles à respecter si on télétravaille dans un gîte loué? “Les règles sont les mêmes qu’à la maison, que ce soit au niveau équipement et accessibilité: être joignable, avoir une connexion Internet correcte, le matériel nécessaire (ordinateur portable, imprimante si nécessaire, etc.). Le travailleur doit également respecter les horaires spécifiés par l’employeur”.
  • Mon employeur peut-il refuser que je travaille ailleurs que chez moi? “Oui, mais quelle serait la raison? Si le travailleur s’engage à être joignable, à travailler selon les horaires, avec une connexion Internet stable et qu’il met tout en place pour être aussi productif que chez lui, pourquoi refuser? Une des raisons qui justifieraient un refus, ce serait une mauvaise connexion Internet ou un équipement non adapté (pas d’ordinateur portable, par exemple). Une autre raison de refuser, ce serait un problème d’assurances, si la compagnie refuse de vous couvrir s’il y a un accident. Mais s’il n’y a pas de raison valable de refus, avec un vrai argument, l’employeur devrait accepter. Au final, ça ne change rien de télétravailler chez soi ou dans un gîte loué…”
  • Les conditions changent-elles si on télétravaille à l’étranger? “Certaines règles sont les mêmes: avoir l’équipement nécessaire, une connexion correcte et être joignable pendant les heures de travail. Mais les conditions changent pour beaucoup de choses, notamment en matière d’accident de travail: il faut que l’employeur s’assure que la compagnie d’assurances de travail intervient en dehors de la Belgique. Télétravailler à l’étranger peut aussi avoir un impact en matière de sécurité sociale et d’impôts. Si vous ne travaillez pas plus de 183 jours à l’étranger, vous êtes soumis à l’impôt belge. Mais dans le cas contraire, vous pourriez être soumis à l’impôt du pays dans lequel vous télétravaillez… Il y a aussi la couverture sociale du travailleur: est-ce que sa mutuelle intervient s’il est à l’étranger? Tout doit être bien analysé, car cela dépend du pays, de la durée, de la situation sanitaire aussi… C’est beaucoup plus lourd administrativement pour l’employeur, mais aussi pour le travailleur. C’est du cas par cas, et ce n’est pas aussi simple que ce qu’on pourrait croire”.

On a testé le télétravail au Breeduyn Village!

Après un an de télétravail, nous nous sommes rendues une semaine à la mer du Nord pour changer d’air. Notre destination: le Breeduyn Village, situé à Bredene, à 200m de la plage. Actuellement en construction, ce parc de vacances se compose de lodges, bungalows et villas pouvant accueillir jusqu’à 8 personnes. En temps de Covid-19, le check-in se fait sans contact: la porte d’entrée est équipée d’une serrure électronique, dont le code unique est envoyé au préalable par mail. Nous nous sommes installées dans une maison pour quatre personnes, dotée d’un salon, d’une cuisine équipée et de deux chambres avec salle de douche. Ainsi que d’une cour, pour profiter du soleil. Pensé pour le télétravail, le lieu est doté d’une connexion Wi-Fi gratuite et à haut débit (les réunions Zoom se sont déroulées sans accroche!).

On est seulement à 1h30 de Bruxelles, et pourtant, les journées semblent tout à fait différentes. Le parc, bien qu’en travaux, s’est révélé calme et propice à la concentration. Chaque jour, une fois le travail terminé, on se rend à la plage accessible en cinq minutes pour une balade sur le sable. Atteindre les 10.000 pas quotidiens recommandés n’a jamais été aussi facile depuis un an! Le cadre différent de notre chez-nous (ou serait-ce l’air iodé et frais?) fait son effet: on se sent boostées et passons une semaine des plus productives. On recommencera l’expérience sans hésiter!

Plus d’infos: le Breeduyn Village, 61 Koningin Astridlaan, 8450 Bredene. Prix indicatif: 550 euros pour une villa 4 personnes (du lundi au vendredi). Site Web.

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