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Témoignages: “La crise sanitaire a sonné le glas de mon amitié de longue date”

Par Tatiana Czerepaniak

Au-delà de son impact sur notre quotidien, il semblerait que le coronavirus remette aussi en question nos relations les plus fraternelles. Preuve en est, le témoignage de deux lectrices, pour qui la crise a sonné le glas d’une amitié de longue date.

C’est un fait, la limitation des contacts sociaux depuis le début de l’épidémie a des conséquences sur nos relations humaines: après un confinement total au printemps 2020 sans la possibilité de voir qui que ce soit, notre bulle de contact s’est agrandie en été, avant d’être à nouveau restreinte à l’automne. Une réalité qui nous a forcés à choisir qui nous souhaitions voir en priorité, et nous a amenés à questionner les relations que nous entretenions. Jusqu’à mettre fin à des amitiés qui duraient parfois depuis plusieurs années. C’est ce qui est arrivé à deux de nos lectrices, qui ont mis un terme à la relation qu’elles entretenaient avec des amies proches.

Élodie, 30 ans: “Ma confiance retrouvée a  poussé ma meilleure amie à s’éloigner”

Élodie a vu dans le confinement une opportunité de réfléchir à de nouveaux buts et de mettre l’accent sur son épanouissement personnel. Une prise de conscience qui a effrité la relation qu’elle entretenait avec sa meilleure amie depuis 6 ans.

“Cela faisait plusieurs années qu’on était amies, et on avait fait un tas de choses ensemble: sorties, voyages… On était vraiment proches et on se disait tout. J’étais depuis plusieurs mois dans une passe compliquée, et elle ne se sentait pas très épanouie non plus, du coup on se rejoignait pas mal dans nos sentiments. Et puis le premier confinement est arrivé. Une période qui a été un électrochoc pour moi. En restant chez moi, j’ai compris à quel point je n’aimais plus mon travail, ni même ma vie en règle générale. J’ai pensé: ‘OK Élodie, tu as un peu de temps devant toi, bouge-toi et change de vie!”

Dans cet élan de renouveau, la jeune femme définit plusieurs objectifs: trouver un job qui a vraiment du sens et, pourquoi pas, s’expatrier pour découvrir un nouveau pays. Très vite, Élodie trouve un emploi dans une entreprise sociale basée en Italie, qui lutte contre la déforestation. La trentenaire est ravie et prend confiance en elle… Mais elle se rend compte que le chemin qu’elle s’apprête à emprunter n’est pas du goût de son amie: “Elle ne m’a jamais vraiment déconseillée de sortir de ma zone de confort, mais plus je mettais des actions en place pour changer de vie et être épanouie, plus elle s’éloignait. Elle prenait de moins en moins de mes nouvelles, n’exprimait rien quand je lui parlais de ce qu’il se passait pour moi. Un jour, je me suis dit que j’allais arrêter de la contacter afin de savoir si elle reviendrait vers moi, et il s’est passé un long moment avant que l’on se contacte”. Un fossé se creuse alors entre les jeunes femmes, qui semblent perdre le fil de leur amitié: “En juillet, j’ai organisé une petite fête pour célébrer mon départ en Italie. Elle est venue mais semblait ne plus rien avoir à me dire. Elle s’est tue toute la soirée, comme si on ne se reconnaissait plus”.

Plus de nouvelles pendant cinq mois

Après son départ pour l’Italie, Élodie et son amie ne se contactent pas une seule fois en cinq mois. Ce n’est qu’en décembre dernier, lorsque la jeune expatriée est revenue quelques jours en Belgique pour voir sa famille, qu’elle et son amie ont pris le temps de discuter du malaise qui s’était immiscé entre elles. Une discussion qui leur a permis de comprendre que leur amitié s’était envolée, certainement pour toujours. “On n’a aucun reproche à faire l’une à l’autre, mais on est d’accord sur le fait que ce changement de vie a mis un terme à notre relation. On évolue désormais différemment et nos chemins se sont éloignés indubitablement. J’ai fait de mon bonheur une priorité et je crois que ma confiance retrouvée en la vie l’a quelque peu poussée à s’éloigner”.

Élodie a eu des moments de nostalgie, mais elle a compris que les relations ne sont pas éternelles: “Après cette discussion, j’ai eu un peu le vague à l’âme. Elle a été ma comparse pendant longtemps, mais j’ai compris une chose importante: on peut faire un bout de chemin avec quelqu’un sans pour autant que ce soit définitif. Un jour, l’un des deux change, prend des décisions et les chemins se séparent comme ils se sont croisés. C’est la vie, et c’est même joli de se rendre compte que rien est éternel. Cela rend les choses précieuses”.

Mathilde, 33 ans: “Je n’adhérais pas aux idées complotistes de ma meilleure amie”

Mathilde et son amie étaient inséparables depuis plus de 10 ans. Mais avec le virus, cette amitié a tourné au vinaigre. Notamment à cause de points de vue différents concernant la crise sanitaire.

“Valérie et moi nous étions rencontrées via notre travail, et entre nous, ça a collé tout de suite! J’adorais son intelligence, sa manière de voir les choses, de réfléchir, son ouverture d’esprit. Cela nous est arrivé si souvent de refaire le monde jusqu’à pas d’heure lors de repas entre amis… Peu à peu, elle est un peu devenue ma famille, à tel point que mon amoureux et moi pensions faire d’elle la marraine de notre potentiel futur bébé”.

Mais la crise sanitaire a littéralement fait vriller l’amie de Mathilde vers le complotisme, ce que n’a pas supporté la jeune femme. “Notre secteur est extrêmement impacté par le coronavirus. On a donc pas mal de difficultés et surtout, beaucoup de craintes quant à l’avenir. Une réalité qui a mené Valérie à des pensées complotistes assez poussées: elle a commencé à tenir des propos étranges concernant l’existence même du virus et sa propagation, remettait en cause notre obligation à restreindre nos contacts sociaux pour préserver la santé des plus faibles, etc. Et si avant on était en mesure d’échanger avec elle nos points de vue de manière constructive et bienveillante, il n’en était désormais plus rien: dès que l’on tempérait ses propos, elle nous disait qu’on était des moutons et s’emportait de plus en plus”.

“Hold up”, le documentaire qui a envenimé la situation

Les choses ont vraiment dégénéré lorsque l’amie de Mathilde a regardé le documentaire “Hold Up”. Selon elle, il montrait parfaitement bien que la crise sanitaire n’était que manipulation et mensonges. Un point de vue que ne partage pas Mathilde. “Lorsque j’ai osé mettre en doute la véracité des sources de ce ‘documentaire’ et partager mon point de vue, Valérie a littéralement pété les plombs. On a eu une grosse dispute et elle m’a purement et simplement bloquée de tout: réseaux sociaux, téléphone, applications de messagerie, etc. J’avoue que j’étais tellement choquée que je n’ai même pas tenté de la recontacter”.

La jeune femme ne pouvait se résoudre à partager le point de vue trop extrême de Valérie: “Ce qui me pose vraiment problème, c’est qu’avec cette crise, Valérie a perdu son libre-arbitre, son ouverture d’esprit et qu’elle est très virulente envers ceux qui ne partagent pas son point de vue, sans laisser de place à l’échange et à la discussion. Et si je suis vraiment triste de perdre mon amie, elle a désormais trop changé pour que notre amitié continue, du moins tant qu’elle sera aussi radicale et violente dans ses propos”.

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