J’aime avoir le contrôle sur tout, comment lâcher prise?

J'aime avoir le contrôle sur tout, comment lâcher prise?
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Vouloir tout contrôler est un trait de caractère que l’on retrouve chez les personnes anxieuses, celles qui ne savent pas rester en place ou celles qui cogitent sans cesse. Cette attitude provoque bien souvent un mal-être. Si c’est votre cas, il est temps de réagir.

Tenter de tout maîtriser, que ce soit au travail ou à la maison, est épuisant. Cela provoque du stress, de l’hyperactivité et un oubli de soi. Le plus simple serait donc de mettre le bouton sur “off” pour certaines tâches, mais c’est évidemment plus facile à écrire qu’à mettre en place. Soline d’Udekem, psychologue clinicienne et psychothérapeute à Nivelles, nous livre ses conseils pour lâcher prise à temps!

Comment vaincre le contrôle permanent?

Plusieurs pistes existent pour lâcher du lest, mais tout dépend du niveau de contrôle, de l’envergure de ce dernier, de là où il est présent et de pourquoi il est exercé.

1. Reconnaître cette attitude

“La moitié du travail est fait si la personne constate qu’elle est dans cette situation de contrôle permanent. Le reconnaître est une grande étape”. C’est donc la personne qui doit remarquer qu’elle veut tout gérer. “Si c’est son entourage qui l’en alerte, cela n’aura pas de réel impact”, précise la psychologue.

2. Identifier ce contrôle

Ensuite, il est important de définir dans quel domaine ce contrôle survient: au niveau personnel, professionnel, familial? “En effet, quelqu’un peut avoir cette attitude au boulot, mais pas avec ses proches. Ou inversement. Elle peut aussi vouloir tout contrôler avec ses enfants par exemple, mais pas avec toute la sphère familiale”. Cette identification est vraiment à prendre en considération, car si l’on fait un focus sur les enfants, par exemple, cela peut leur porter préjudice. “Ils doivent apprendre d’eux-mêmes, il ne faut pas tout faire à leur place…”, rappelle Soline d’Udekem.

3. Mettre en place un planning

Si la situation est pesante pour la personne qui aime tout gérer, le premier outil à mettre en place est le calendrier. Il indique la tâche que chacun doit exécuter et quand. “Ce planning fonctionne aussi bien dans la sphère familiale que dans le milieu professionnel. Chacun sait ce qu’il a à faire et quand, ce qui laisse des moments libres à la personne qui gérait tout en permanence. Il est important de respecter ce planning, de ne pas interférer dans les tâches des autres et d’accepter qu’elles soient réalisées différemment”.

Pourquoi j’ai besoin de tout contrôler?

Les personnes qui aiment avoir le contrôle ont souvent un trait de caractère dit anxieux. “Elles cherchent à bien faire, à plaire, elles ne veulent pas décevoir ou ne sont pas prêtes à être prises au dépourvu”, avance la psychothérapeute. “Celles qui ne veulent pas décevoir doivent apprendre à être indulgentes avec elles-mêmes et à se dire qu’elles ont droit à l’erreur. Si c’est parce qu’elles aiment tout diriger, le but est d’apprendre à déléguer via le calendrier, par exemple”.

Ces profils ont du mal à s’appuyer sur des personnes ressources pourtant présentes pour les aider. Leur quotidien est alors ponctué d’agents stresseurs. Quand ce besoin de contrôle est trop grand, il peut même devenir un TOC (trouble obsessionnel compulsif). “La personne a besoin de tout gérer car cela la rassure”.

Les impacts sont nombreux

Les conséquences sont importantes. Pour soi: ces personnes ont tendance à s’oublier et à ne pas prendre de temps pour elles. Mais aussi pour l’entourage: “Au sein d’une famille, si la mère ou le père a ce trait de caractère, c’est compliqué pour celui qui souhaite s’impliquer davantage. Peu de place lui est laissée, il est donc frustré de la situation. C’est pareil pour les enfants, ils ont peut-être envie de cuisiner, mais on les en empêche car la recette ne sera sans doute pas respectée au milligramme”. Tout le monde est impacté par ce contrôle rigide. “Il est intéressant de rappeler que, souvent, la personne qui ne sait pas lâcher prise le fait de manière gentille: pour faire plaisir, ne pas surcharger l’autre… Mais tout ce contrôle peut pourtant mener à un burn-out familial ou professionnel”.

Le contrôle n’est pas toujours négatif

Le problème réside lorsque ce contrôle devient envahissant. Si la personne se sent bien et ne considère par ce trait de caractère comme néfaste, alors il n’est pas nécessaire de modifier le fonctionnement quotidien. Le changer pourrait avoir l’effet inverse. “Si la personne n’est pas malheureuse face à cette situation et qu’à l’inverse, ça lui coûterait trop de se délester de certaines tâches, ce n’est pas grave de ne rien changer”, souligne Soline d’Udekem.

Pour le savoir, il faut se poser les bonnes questions et analyser quels sentiments se cachent derrière ce contrôle et faire la balance du positif et du négatif:

  • Quelles sont les émotions que je ressens?
  • Qu’est-ce que je gagne à tout contrôler?
  • Qu’est-ce que je perds?
  • Est-ce que je suis épanouie?

Si après avoir répondu aux questions ci-dessus, vous prenez conscience de votre stress, “il est bon de se tourner vers l’autohypnose, la méditation, le yoga, la pleine conscience et de se faire aider par un psychologue. Et surtout, de prendre du temps pour soi, même via des choses simples: décider de prendre un bain le dimanche matin et de profiter seule”.

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