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5 conseils si vous êtes victime de violences domestiques (vidéo)

Par Justine Leupe

Les violences domestiques ne se limitent pas uniquement aux violences physiques. À côté des comportements menaçants, il y a également tout ce qui touche à l’émotionnel: vouloir tout diriger, mettre une pression, dénigrer… Pour fuir cette emprise, 5 conseils sont à appliquer.  

Kate Iwi travaille depuis 25 ans dans le milieu des violences domestiques, aussi bien avec les victimes qu’avec les agresseurs. Elle rappelle que beaucoup de victimes ne se rendent pas compte de la gravité de leur situation. « En partie parce que l’on ne voit que des cas extrêmes à la télé ou aux infos et les gens se disent: ce n’est pas du tout mon cas ». Mais de quoi s’agit-il, au juste?

Qu’est-ce que la violence domestique?

Selon Kate Iwi, ce type de violences est bien plus large que de la violence physique: outre les comportements menaçants, cela touche aussi le plan émotionnel. « C’est vouloir contrôler l’autre. Cela peut passer par l’argent ou la jalousie, l’important étant que la personne obtienne ce qu’elle veut ». Pour se faire une idée concrète, la spécialiste met en avant une situation de dispute au sein du couple et décrit: « si vous vous trouvez à reculer, à ne pas crier ou ne pas vous sentir libre d’exprimer ce que vous voulez, si vous sentez que vous réduisez vos options de choix d’action dans la vie dans le but de ne pas énerver votre partenaire, alors c’est le signe qu’il vous intimide ».

Kate Iwi rappelle également que les victimes ont rarement le courage de parler de ces violences à leur entourage. « Cela en dit beaucoup sur la manière dont la société traite les victimes. Cela dit aussi à quel point les victimes se sentent honteuses lorsqu’on abuse d’elles. Et s’il y a de la honte, c’est aussi une manière de se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond ».

Pourquoi certains individus sont violents?

Les gens violents n’en ont souvent pas conscience. La plupart des personnes ont appris la violence lorsqu’elles étaient enfants. « Si vous demandez aux parents: ‘pourquoi avez-vous giflé votre enfant?’ et qu’il répond: ‘Eh bien, parce qu’il se mettait le doigt dans le nez en public. Je voulais lui donner une leçon, pour qu’il ne recommence jamais’. L’adulte est alors conscient que la violence était utilisée pour contrôler le comportement de l’enfant. Finalement, la violence domestique vise à discipliner son/sa partenaire. Tout comme gifler un enfant ».

5 conseils à suivre en tant que victime

Le plus important est d’arriver à déterminer et évaluer les risques que vous encourez pour vous-même. Pour cela, plusieurs méthodes peuvent être mises en place, notamment grâce aux cinq conseils de Kate Iwi.

Se faire confiance

Votre instinct est votre guide. « Nous avons observé que l’évaluation que font les femmes des risques qu’elles encourent est un bon indicateur ». Mais le plus difficile est de parvenir à se faire confiance. Souvent, les violences font diminuer l’estime de soi, et les victimes n’arrivent plus à s’écouter.

Ne pas s’isoler

Un agresseur fait en sorte d’accaparer sa victime. « Il fait tout pour isoler sa victime de tout soutien extérieur. Donc, plus vous êtes isolée, plus vous êtes en danger ». Il est important de garder des contacts avec des proches, des personnes vers qui se tourner à tout moment.

Observer le passé

Les comportements passés sont de très bons indicateurs de l’avenir. Si une personne a déjà été violente avec quelqu’un, il y a de fortes chances qu’elle recommence dans le futur. « Une fois que vous avez giflé quelqu’un, c’est plus facile de le faire à nouveau et c’est plus dur aussi de s’arrêter », précise Kate Iwi. « Vous devez également observer vos limites. Je ne parle pas de réagir violemment pour vous défendre, car c’est très dangereux, surtout si la personne en face de vous est plus grande et plus forte. Non, je parle d’affirmer la ligne à ne pas franchir ». Très calmement, vous devez expliquer: « Stop, je n’en accepterai pas plus ». Pour vous aider, vous pouvez vous demander quelle action de votre partenaire vous fera vous dire « Ok, là s’en est trop, je ne peux en accepter davantage ».

Si vous vous rendez compte que la personne qui partage votre vie dépasse les limites que vous vous êtes fixées et que vous les abandonnez de peur de représailles, c’est que quelque chose ne va pas. Et puis surtout, « ça devient plus facile pour l’autre de dépasser vos limites ». Par exemple, vous vous dites: ‘s’il lève la main sur moi, je pars’, mais lorsqu’il lève la main sur vous, vous ne partez pas. « Dans ce cas, les chances que vous mainteniez cette limite la seconde fois qu’il/elle porte la main sur vous sont plus faibles ».

Avoir un plan d’urgence

Il est rare qu’une personne violentée se dise à la première occasion « ok, je pars » et quitte rapidement sa relation. Kate Iwi détaille: « Si les choses deviennent hors de contrôle, vous avez besoin d’un plan pré-établi. Une partie de ce plan est d’en parler à d’autres personnes. Et si vous vous sentez vulnérable à l’idée d’en parler, c’est que vraiment, vous devez le faire. En particulier, vous devez savoir qui vous devez contacter, et pas seulement la police ». La spécialiste conseille même de préparer un sac, d’y glisser tout ce qui vous sera utile en cas d’urgence. Elle suggère de ne pas emporter son smartphone (hyper localisable), mais d’avoir un vieux GSM sous la main au cas où. « Il vous faudra aussi votre passeport, les certificats de naissance des enfants, leurs passeports, un peu d’argent mis de côté, les choses vraiment vitales. Dans l’espoir évidemment que vous n’en n’ayez pas besoin ».

Ne pas rejeter la faute sur soi

Gardez à l’esprit que même si vous êtes difficile à vivre, vous n’êtes jamais la responsable des violences que vous subissez. « Cela ne justifie en rien que l’autre soit violent envers vous. Votre partenaire vous dira ‘oui bah, c’était juste un peu chaud à ce moment-là’ ou ‘c’est parce que j’ai eu une enfance difficile’. Mais il est absolument essentiel de ne jamais prendre une explication ou une excuse comme une raison de rester, car cela ne va aider en rien l’autre à aller mieux. Vous ne devez rien accepter d’autre que des changements profonds et soutenus dans le comportement de l’autre. Et qu’il/elle cherche véritablement à réfléchir et travailler sur lui/elle-même ».

Il est intéressant de comprendre pourquoi vous pardonnez et revenez sans cesse dans cette relation et surtout, que fait votre partenaire pour que vous reveniez. « Les agresseurs vont souvent vous dire: ‘tu sais, oui tu sais, j’ai un peu surréagi’, donc ils vont minimiser la chose. Et puis ils vont ajouter ‘mais tu sais, tu t’es vraiment mal comporté avec moi’. D’autres vont utiliser la menace, la peur. Certains vont dire que c’est surtout de votre faute. Mais d’autres vont aussi devenir des personnes absolument merveilleuses. Elles vont vous apporter des fleurs et faire des promesses ». Vous aurez l’impression de revenir au début de votre relation, quand tout allait bien.

Comment redonner du pouvoir aux victimes?

Tout d’abord, leur (re)donner confiance en elles leur permettra de faire des choix. Ce qui est très difficile. « Nous sommes souvent assez bons pour voir les choses quand il s’agit des autres, mais pas pour nous-mêmes. Je conseille toujours aux gens de réfléchir ainsi: si vous étiez votre meilleure amie et que vous vous racontiez votre propre histoire, que vous conseilleriez-vous? », conclut Kate Iwi.

La blogueuse et réalisatrice Mai Hua a rassemblé et traduit les conseils de Kate Iwi en vidéo:

 
 
 
 
 
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A post shared by Mai Hua (@mai_hua) on May 3, 2020 at 12:02am PDT

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