Le bouturage en 5 leçons

Le bouturage en 5 leçons
Anna De Leeuw

Au lieu d’acheter toutes vos plantes en jardinerie, multipliez-en certaines avec la technique du bouturage. Pour pas un euro, avec un beau taux de réussite, et en toute simplicité! C’est le jeu préféré de nombreux jardiniers.

Le bouturage est une méthode de multiplication des végétaux très courante. Elle permet d’obtenir un plant identique à la plante-mère, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec un semis.

Quel est le meilleur moment pour réaliser des boutures?

Le printemps et l’été sont les saisons idéales pour procéder au bouturage, car la plante est en pleine croissance et s’enracine plus rapidement. Toutefois, pour le bouturage de tiges ligneuses ou à bois sec (arbres fruitiers, arbustes à baies, rosiers…), mieux vaut attendre que la plante soit en repos végétatif et procéder durant l’hiver.

Quelle tige prélever pour réaliser des boutures?

  • Prélevez toujours les boutures sur une plante saine et en pleine santé: la plus belle, la plus parfumée, avec les plus belles feuilles…
  • Préférez une branche ou une pousse sans fleurs pour éviter que la bouture ne consacre toute son énergie à la production de fleurs alors que vous recherchez la production de racines.

Le matériel nécessaire

  • Un couteau tranchant et un sécateur: leurs lames doivent être parfaitement affûtées et propres (désinfectées à l’eau de javel et à l’alcool à brûler).
  • Des bouteilles en verre, des verres ou des bocaux.
  • Des pots en terre cuite ou en plastique parfaitement propres: les pots en terre cuite, mieux adaptés aux succulentes et cactées, chauffent au soleil et transmettent leur chaleur aux jeunes racines qui adorent ça ; les pots en plastique par contre permettent au terreau de mieux conserver son humidité.
  • Du terreau de bouturage et du terreau de rempotage ou un mélange de terre et de sable.
  • Des petits sacs en plastique transparents ou des cloches pour transformer les pots en mini-serres.
  • Des tuteurs en bambou ou des piques à brochettes en bois pour soutenir les sacs en plastique et les maintenir écartés des boutures, et pour creuser des trous dans le terreau.
  • Facultatif: de l’hormone de bouturage ou de la poudre de cannelle (pour stimuler la production de racines), de la poudre de charbon de bois (pour favoriser la cicatrisation), des morceaux de charbon de bois pour que l’eau ne pourrisse pas.

5 façons de Bouturer

De nombreuses méthodes de bouturage existent, mais elles ne conviennent pas toutes à toutes les plantes.

1. La bouture de tige dans l’eau

C’est le moyen le plus simple et le plus spectaculaire de multiplier de nombreuses plantes. Il se prête bien aux plantes d’extérieur (lierre, aucuba, bignone, datura, hortensia, impatiens, menthe, basilic, sauge, bégonia, géranium de balcon). Pour les plantes d’intérieur, il s’agit par exemple du dieffenbachia, de l’epipremnum, du plectranthus et du plectranthus fruticosus, du coléus, de la misère, du philodendron, du papyrus. Côté arbustes, essayez avec le laurier-rose et même le saule. C’est rapide, ludique et spectaculaire (les enfants adorent). Cette méthode convient moins aux plantes à tige rigide et épaisse. La période idéale pour multiplier les chances de réussite court d’avril à août.

En pratique:

  1. Choisissez une tige parfaitement saine, qui ne porte pas de fleurs. Coupez en biseau un morceau d’environ 15cm, juste sous un nœud (un renflement sur la tige principale, où commencent les tiges latérales: c’est là que se trouvent la plupart des hormones de croissance).
  2. Retirez les feuilles inférieures de la tige, en ne laissant que les quelques feuilles du tiers supérieur.
  3. Remplissez d’eau une bouteille en verre transparent, un verre ou un pot d’eau. Déposez éventuellement un morceau de charbon de bois au fond pour éviter le pourrissement. Déposez les boutures, en vous assurant que seule la partie inférieure est sous l’eau.
  4. Placez le contenant dans une pièce lumineuse, à 18-20°C. Changez l’eau chaque semaine si vous n’avez pas utilisé du charbon de bois. Assurez-vous qu’il n’y a pas de feuilles dans l’eau, l’eau deviendrait verte et vos pousses risqueraient de pourrir.
  5. Lorsque les racines ont atteint environ 3 cm, il est temps de repiquer les boutures dans un pot, avec du terreau. Peu importe la beauté de ces racines sous-marines… ne traînez pas: plus vous attendrez avant de rempoter, plus il sera difficile pour votre plante de s’adapter.

2. La bouture de tige

C’est le bouturage le plus courant. Il convient parfaitement pour de nombreux arbres, arbustes et arbrisseaux (fruitiers, hortensia, noisetier, charmille, sureau, buddleia, rosier, hêtre, charme, fuchsia…), plantes aromatiques (romarin…), vivaces ou annuelles (chrysanthème, pélargonium…). On procède au printemps pour les plantes herbacées, en été pour les semi-ligneuses et en automne pour les ligneuses.

En pratique:

  1. Choisissez une tige saine, sans fleurs. Une tige de l’année aura davantage
    de chances de produire des racines.
  2. Avec un sécateur ou un couteau bien acéré, propre et désinfecté, prélevez un morceau d’environ 15 cm, sous un nœud.
  3. Supprimez les feuilles et les pousses latérales sur les 2/3 du bas de la bouture. Plongez éventuellement la base dans de la poudre d’hormone de bouturage.
  4. Plantez dans un terreau de bouturage. Tassez. Arrosez copieusement.
  5. Placez dans un endroit lumineux, arrosez régulièrement: le terreau doit rester légèrement humide.

3. La bouture de feuille

Les feuilles ou les rosettes des succulentes (sedum, crassula, echeveria, kalanchoé, joubarbe, saxifrage… ) sont remplies de nutriments, ce qui simplifie la reprise. Leur bouturage est on ne peut plus simple. Le bouturage de feuille fonctionne aussi pour le saintpaulia (violette du Cap), le bégonia rex, la primevère du Cap, le tiarella cordifolia, l’asplesium x lucrosum, le fuchsia, le pourpier…

En pratique:

  1. Prélevez une feuille de la plante (ou une rosette dans le cas de la joubarbe et du saxifrage) à la base en la détachant d’un geste sec ou en la coupant à l’aide d’un couteau. Badigeonnez éventuellement la plaie avec de la poudre de charbon de bois. Laissez-la sécher 1 à 3 jours dans une pièce sèche et bien ventilée, le temps que la plaie de coupe sèche complètement.
  2. Plantez la feuille dans un mélange de terre (2/3) et de sable ou de gravier fin (1/3), ou dans du terreau spécial cactées. Vous pouvez utiliser de petits pots, mais une boîte à œufs en carton sera parfaite car les jeunes racines en formation y respireront mieux. Tassez bien. Ne couvrez pas.
  3. Arrosez légèrement.
  4. Placez le pot dans un endroit chaud (environ 20°C) et lumineux (mais à l’abri des rayons directs du soleil), et vérifiez régulièrement que le sol ne se dessèche pas. Vaporisez avec le pulvérisateur pour pour que le terreau reste légèrement humide.
  5. Après quelques semaines, de nouvelles feuilles apparaîtront sous ou sur la feuille: ce sera la jeune plante qui pourra être mise en pot plus tard. Laissez la feuille d’origine sur la jeune plante, même si elle a l’air molle et ridée: elle est un réservoir d’eau et de nourriture pour la jeune et nouvelle plante.

4. La bouture à partir d’un rejet

Certaines plantes fabriquent elles-mêmes de nouvelles jeunes plantes. Il suffit de couper les rejets et de les planter dans un pot garni de terreau. Cette méthode fonctionne très bien avec le chlorophyton chevelu, le pilea peperomioides, le fraisier…

En pratique:

  1. Dégagez délicatement la racine du rejet en grattant légèrement la surface du terreau.
  2. Coupez la racine du rejet avec un couteau bien aiguisé.
  3. Remplissez un pot bien drainé (déposez éventuellement des billes d’argile dans le fond) de terreau léger.
  4. Faites un trou dans le terreau à l’aide d’un crayon ou d’un bout de bois. Déposez le rejet. Recouvrez de terreau et tassez légèrement pour qu’il reste bien en place. Arrosez.
  5. Placez le pot dans un endroit lumineux (mais à l’abri des rayons directs du soleil) et arrosez tous les deux jours. Le terreau doit rester humide.
  6. Parfois, les jeunes racines peinent à absorber suffisamment d’eau. Mieux vaut alors recouvrir le pot d’une cloche ou d’un sac en plastique transparent pour créer une sorte de mini-serre.
  7. Des tiges bien droites et des feuilles fermes sont la preuve que la bouture a réussi.

5. La bouture de racines

Les plantes qui produisent des racines charnues peuvent être reproduites à partir de leurs racines. Il s’agit par exemple de la menthe, l’origan, l’anémone du Japon, le phlox, l’acanthe, la gaillarde, le lupin, la statice, le pavot d’Orient, le géranium sanguin, l’aconit, l’amour-en-cage, le chardon décoratif, l’hélénium et de nombreuses vivaces… Cela marche aussi avec des arbustes drageonnants comme le framboisier, le lilas, l’hibiscus, le rosier rugosa, le corète du Japon, le céanothe… Procédez en août ou septembre pour multiplier les chances de réussite.

En pratique:

  1. Retirez la plante du pot avec la motte. Secouez la plante pour faire tomber le terreau. S’il s’agit d’un arbuste ou d’une plante imposante, en pleine terre, dégagez légèrement le pied de manière à faire apparaître ses racines, mais ne le déplantez pas!
  2. Sélectionnez une ou deux racines saines et vigoureuses parmi les plus épaisses. Coupez-les à l’aide d’un sécateur ou d’un couteau bien affûté.
  3. Replantez immédiatement la plante-mère ou recouvrez ses racines mises à nu, et arrosez-la copieusement.
  4. Coupez des tronçons de racines de 6 à 8 cm (2 cm dans le cas de petites plantes) et replantez-les, verticalement (en respectant le sens des racines), dans un mélange de terre et de de sable ou dans du terreau pour boutures. Laissez dépasser environ 1 cm de racine. Arrosez.
  5. Placez dans un endroit frais (mais hors gel), à l’abri des rayons directs du soleil. Arrosez régulièrement, le terreau doit rester légèrement humide. Couvrez éventuellement avec un sac en plastique transparent percé de quelques trous (si des gouttelettes d’eau se forment sur le plastique, retirez-le pendant quelques jours).
  6. Au bout de quelques mois, de jeunes tiges devraient apparaître. Lorsque les plants auront au moins 4 feuilles, vous pourrez repiquer les boutures réussies dans des pots individuels.

Pour en savoir plus: Multiplier ses plantes, éditions Marabout, collection « Les cahiers du jardinier », 9,90€.

Texte: Laurence Machiels, Marie Tromp et Renée Baguette

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