Journées du Matrimoine: les femmes au cœur de la ville

Journées du Matrimoine: les femmes au cœur de la ville
Journées du Matrimoine

Où sont les femmes? Les femmes architectes, les femmes propriétaires, les femmes tailleuses de pierre, mais aussi les femmes sans-abris? Pour la première fois en Belgique, les Journées du Matrimoine proposent d’explorer le patrimoine architectural légué par les femmes et celui à venir, qui pourrait les aider à atteindre plus d’égalité.

Les premières Journées du Matrimoine, créées sur l’initiative d’Apolline Vranken, architecte féministe (à l’origine de la plateforme « L’architecture qui dégenre« ), s’articulent autour de deux journées. La première (28/09) abordera la contribution des femmes au patrimoine historique de la ville de Bruxelles. La deuxième (29/09) questionnera les rapports de genre à l’œuvre dans l’espace urbain et domestique.

« Plus tard, je serai tailleuse de pierre… »

Au cours de cette première journée du Matrimoine, Marianne Puttman, historienne et professeure à la faculté d’architecture (ULB), vous guidera dans les rues de Bruxelles à la rencontre des femmes qui ont marqué l’histoire de la ville. Mais avant cela, vous pourrez rencontrer une architecte spécialisée dans la restauration et une artisane-restauratrice tailleuse de pierre. « Si des hommes ont réalisé le Falstaff et le Cirio, deux grands cafés Art-Nouveau à Bruxelles, des femmes ont aussi contribué à ce que cet héritage nous parvienne intact aujourd’hui. Nous voulions parler de ces métiers de la restauration où les femmes sont encore trop peu représentées. C’est important de leur donner une visibilité et de construire un message à destination des futures générations. Les petites filles peuvent aussi rêver de devenir tailleuses de pierre! », s’enthousiasme Apolline Vranken.

L’architecture, un outil pour lutter contre le sexisme

La deuxième journée du dimanche 29 septembre abordera les enjeux politiques et sociétaux, comme l’accès des femmes à la propriété et les outils à mettre en place pour une architecture plus égalitaire. « L’architecture influence notre quotidien, par exemple la façon dont on va se répartir les tâches domestiques, la façon dont on va les exécuter, etc. » Apolline Vranken, qui a consacré son mémoire de fin d’études aux béguinages, a imaginé des outils pour envisager une architecture plus égalitaire, qui rendrait chacun des habitants plus autonomes. « L’un des outils consiste à travailler sur les connections visuelles. Créer des espaces où on peut travailler ou cuisiner tout en surveillant les enfants qui jouent. Cela évite d’exclure de la vie communautaire ceux qui s’occupent des tâches domestiques, comme l’ont trop souvent été les femmes lorsqu’elles étaient enfermées dans la cuisine ».

Les femmes et les logements précaires

Si l’ASBL « L’îlot » qui lutte contre le sans-abrisme a répondu à l’appel d’Apolline Vranken pour organiser ces Journées du Matrimoine, c’est que les femmes sont bien plus vulnérables que les hommes face au logement. La notion du sans-abrisme s’est élargie et englobe aujourd’hui les modes d’habitations précaires: les logements trop petits, insalubres, les baux de courtes durées, etc. Et les femmes y sont particulièrement exposées. « De nombreuses études ont montré que les bailleurs discriminaient plus souvent les femmes. Notamment, parce qu’elles cumulaient les situations précaires qui en font des moins bonnes candidates pour accéder à un logement: elles gagnent moins d’argent, détiennent un moins grand capital et sont parfois en charge d’une famille monoparentale », explique Apolline Vranken.

L’accès à la propriété

Mais pourquoi parler de cette question aux Journées du Matrimoine? Apolline nous rafraîchit la mémoire: « la définition historique des mots « patrimoine » et « matrimoine » est liée à ce qu’on possède. Or jusqu’en 1972, les femmes en Belgique ne pouvaient pas être propriétaires d’un logement sans l’accord de leur mari. La question du matrimoine, ce n’est pas seulement l’héritage légué par les architectes et artisanes, c’est aussi ce qu’on est en droit de posséder en tant que femme. C’est le fil conducteur de ces deux journées. Que ce soit pour parler du béguinage, parce qu’historiquement c’est la première fois en Europe qu’on voit des femmes propriétaires, ou pour évoquer celles qui plus récemment revendiquent une place dans l’espace public, le matrimoine renvoie à ce qu’on est en droit de revendiquer comme bien, en tant que femme. »

Journées du Matrimoine, samedi 28 et dimanche 29 septembre à Bruxelles

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