Pourquoi certaines femmes sont-elles plus sensibles au syndrome prémenstruel?

Pourquoi certaines femmes sont-elles plus sensibles au syndrome prémenstruel?
© Getty Images

Douleurs, fatigue, irritabilité… Nous pouvons passer par une période assez compliquée avant d’être réglée. C’est ce que l’on appelle le syndrome prémenstruel. Mais pourquoi certaines d’entre nous y sont-elles plus sensibles? Une sage-femme répond à cette question.

Le syndrome prémenstruel (ou SPM pour les intimes) a longtemps été vu comme une tare. Qui n’a jamais entendu un “Elle est à cran, elle a ses règles ou quoi?!”, pour ne citer qu’un commentaire sexiste du genre? Fort heureusement, le syndrome prémenstruel fait de plus en plus parler de lui, en particulier sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs devenu le sujet favori de certaines instagrameuses et blogueuses qui se sont donné pour mission de faire sortir cette réalité féminine de la case tabous. Des milliers de femmes se rendent ainsi compte que le SPM existe et qu’il peut avoir un impact sur leur quotidien, mais aussi qu’elles ne sont pas égales face au syndrome. Car si chez certaines femmes, il se traduit par un certain inconfort et/ou quelques douleurs diffuses, d’autres vivent un véritable cauchemar, les jours qui précèdent l’arrivée des règles.

 

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Le syndrome prémenstruel en quelques symptômes-clés

Voici une liste non exhaustive des désagréments les plus courants. Ils se révèlent de manière plus ou moins importante selon les femmes et selon les cycles.

Sur le plan physique

  • Grosse fatigue, manque d’énergie
  • Apparition de boutons/d’acné
  • Maux de tête et/ou de ventre
  • Diarrhée ou constipation
  • Douleurs au niveau de la poitrine
  • Ballonnements

Sur le plan psychologique

  • Irritabilité
  • Sentiment de tristesse
  • Manque de confiance en soi
  • Remise en question
  • Pleurs incontrôlés
  • Troubles de l’appétit
  • Changements d’humeur

L’avis d’une sage-femme

Céline Bazin est sage-femme. Après avoir travaillé pendant plusieurs années en milieu hospitalier, elle accompagne aujourd’hui les femmes et leur famille dans leur processus de parentalité, et les mères dans leur envie de redevenir femme. Nous l’avons interviewée afin d’avoir son avis sur la question. “Avant de savoir pourquoi certaines femmes sont plus sensibles au SPM que d’autres, il est important de remettre les choses à leur juste place. Parce que ce syndrome est souvent vu comme une ‘pathologie’ liée à l’arrivée imminente des règles. Mais c’est en fait une période naturelle du cycle de la femme. Ce n’est ni une maladie, ni quelque chose de honteux. Toutes les femmes vivent ce syndrome prémenstruel, chacune à leur mesure. Hélas, aujourd’hui encore, c’est vu comme un problème, une faiblesse féminine… Alors que c’est tout sauf ça”.

Les 4 phases du cycle féminin

Céline nous explique que le cycle menstruel d’une femme se compose de 4 phases:

  1. Les menstruations: c’est là que commence notre cycle. L’endomètre se décharge pour laisser place à une nouvelle possibilité de procréer. Les menstruations prennent beaucoup d’énergie, il est donc normal de se sentir dans une grosse baisse d’énergie.
  2. La préovulation: le corps s’apprête à ovuler. Conséquences: les hormones remontent et notre énergie revient. C’est une période pendant laquelle on se sent bien. On est active, posée, équilibrée émotionnellement.
  3. L’ovulation: notre taux d’hormones est au plus haut et on est en pleine production d’ovule. On se sent belle, sexy et on a une libido au top. La nature est bien faite!
  4. La prémenstruation: les hormones sont en chute et cela crée chez beaucoup de femmes une grande sensibilité, une certaine irritabilité: on a peu de patience, on s’énerve facilement… Bref, on est à fleur de peau. On est aussi de plus en plus fatiguée et des douleurs débarquent. C’est pendant cette période que l’on vit le SPM.

Cette période a été pendant longtemps – et l’est parfois aujourd’hui encore – mal vue par la société, car on peut être de moins bonne humeur, moins active et moins à l’écoute des autres. Mais si ces symptômes sont si difficiles à vivre, c’est, selon Céline Bazin, principalement parce qu’on a tendance à ne pas s’écouter et à faire comme si cela n’existait pas et “on entre en conflit avec notre corps quand on ne l’écoute pas”.

Pourquoi certaines femmes sont plus sensibles au SPM?

Selon l’experte, tout dépend de si l’on prend une contraception ou pas et, surtout, celle que l’on choisit: “Ce que j’ai remarqué, c’est que les femmes qui sont sous contraception hormonale – comme la pilule, le stérilet hormonal ou encore l’implant – sont moins sensibles au SPM. Leur ovulation étant gérée par des hormones artificielles, elles auront – parfois beaucoup – moins de symptômes. Les femmes sous contraception non hormonale sont, quant à elles, plus sensibles à la variation de leurs hormones, mais toutes ne vivront pas cette période de la même manière. En fait, cela dépend de notre sensibilité aux fluctuations hormonales, poursuit la sage-femme.

Surfer sur la vague plutôt que la combattre

Pour gérer au mieux cette période, la sage-femme nous conseille d’accepter que ces symptômes ont leur place dans notre vie. “C’est un premier pas important pour vivre au mieux le SPM! Ensuite, il s’agira de s’écouter… C’est selon moi la clé absolue. Cette période prémenstruelle nous invite au repos, à nous mettre en retrait et à prendre soin de nous, à faire de notre bien-être une priorité. Si vous ressentez de la fatigue, reposez-vous. Si vous avez besoin d’être seule, faites en sorte – autant que faire ce peut – de prendre du temps pour vous. Si vous avez besoin de chaleur, allez prendre un bain… Finalement, c’est aussi simple que ça: écouter son rythme et se respecter, tant au niveau de ses besoins physiques que psychiques”.

Conseils supplémentaires pour faire face au syndrome prémenstruel

  • Se reposer: si votre corps se sent fatigué, n’hésitez pas à vous reposer! Allez vous coucher plus tôt, prenez des pauses de qualité (sieste, balade dans la nature, etc.) et pensez à prendre du temps pour vous.
  • Alléger son agenda: les quelques jours qui précèdent vos règles, pensez à ne pas surcharger votre agenda de rendez-vous, surtout s’ils vous demandent d’avoir toute votre énergie et votre équilibre émotionnel.
  • Délaisser le superflu: évitez d’entreprendre de grosses tâches, que ce soit dans la maison ou au travail. Pendant quelques jours, pensez à lever le pied et déléguer!
  • En parler à son entourage proche: si vous êtes irritée ou d’humeur morose, n’hésitez pas à mettre des mots sur votre état d’esprit afin que votre entourage puisse prendre conscience que vous n’êtes pas dans votre assiette. Pour communiquer au mieux, parlez plutôt en “je”: “Je ne me sens pas bien”, “J’ai besoin d’être seule”, “Je suis fatiguée”, plutôt qu’en “tu”: “Tu m’énerves”, “Tu me fatigues”, “Tu parles trop fort”…

Pour mieux comprendre le SPM

Vous souhaitez en savoir plus sur le cycle naturel de la femme? Céline Bazin nous conseille de lire “Comprendre son cycle féminin”, un cahier pratique qui vous aidera à mieux décrypter votre cycle. Il est vendu au prix de 11€ sur le site Internet de Mellune.com.

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