L’avortement est autorisé en Belgique, mais sous certaines conditions

L'avortement est autorisé en Belgique, mais sous certaines conditions
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Le 28 septembre signe la Journée mondiale de l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Cette année, cette journée est un peu spéciale puisque pour la première fois, l’avortement ne trouve plus place dans le Code pénal, comme il l’était encore il y a quelques mois. Oui mais… cette sortie se fait sous certaines conditions!

En 1990, l’avortement est dépénalisé sous conditions, mais n’est pas pour autant légalisé. 30 ans plus tard, un nouveau cap est franchi grâce à la sortie de l’IVG du Code pénal. « Victoire! » aurait pu crier certains manifestants pro avortement! Mais malheureusement non… Car cette sortie est accompagnée de certaines conditions. Les manifestations et les débats sont donc loin d’être terminés concernant ce sujet tabou.

L’avortement sous conditions

Sorti, mais pas tout à fait pour autant! La loi du 15 octobre 2018 autorise l’IVG s’il est pratiqué sous certaines conditions:

  • L’avortement doit être réalisé avant la fin de la 12ème semaine de grossesse (14 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire sans règles).
  • Un délai de réflexion de 6 jours doit être respecté entre la première visite chez le médecin et la deuxième. Ce délai doit être respecté sauf si une raison médicale particulière permet d’avancer l’IVG.
  • Le médecin doit informer la patiente des possibilités d’adoption.

Pour procéder à l’avortement, toutes ces conditions doivent être respectées. Si ce n’est pas le cas, la femme ainsi que le médecin qui a procédé à l’IVG pourraient se voir infliger une peine d’emprisonnement de un mois à un an, et d’une amende allant de 50 à 200 euros… Pas si dépénalisé que cela l’IVG en Belgique! Pour plus de renseignements sur cette sortie du code pénal, rendez-vous ici.

L’interruption médicale de grossesse ne veut pas dire avortement

Seule exception au tableau, si la grossesse est un danger pour la santé de la femme ou si l’enfant sera atteint d’une particularité grave, qui est reconnue comme incurable. Le terme n’est alors plus IVG, mais IMG, pour interruption médicale de grossesse.

Est-ce que toutes les femmes peuvent avorter?

En Belgique, toutes les femmes qui ne souhaitent pas une grossesse peuvent avorter: les mineures comme les majeurs, en couple ou célibataire, seule ou accompagnée… Bien sûr avoir une personne de confiance avec soi est conseillé, mais non-obligatoire.

Il est également important de préciser que toutes les femmes ont le droit de demander une IVG en Belgique, même si elles ne disposent pas de la nationalité belge. La seule différence est qu’une Belge, affiliée à une mutualité belge, ne devra pas supporter les coûts de cette intervention médicale, à la différence d’une femme étrangère.

Chez qui doit-on se rendre pour une IVG?

Il est possible de se faire avorter dans tous les Centres de Planning familial à Bruxelles et en Wallonie. En Flandre, ce sont les Abortus Centra. Ou dans un hôpital pratiquant l’IVG. Ce n’est pas le cas de tous les établissements , il est donc important de se renseigner auprès de l’hôpital choisi.

Mais finalement, un avortement, ça se passe comment?

L’IVG se fait de deux façons. La première est la méthode médicamenteuse (ou pilule abortive) et la deuxième est la méthode chirurgicale ou par aspiration. Jusqu’à sept semaines, les deux méthodes peuvent être choisies, mais après sept semaines, seule l’intervention chirurgicale peut être effectuée.

La méthode médicamenteuse permet l’expulsion de l’embryon. On la compare souvent à une fausse couche. La patiente doit ingérer un médicament. Ce dernier va bloquer les récepteurs hormonaux et donc fragiliser la grossesse en cours. Après un peu moins de deux jours (de 36 à 48h), la patiente voit à nouveau un spécialiste pour prendre un second médicament. Celui-ci entraîne des contractions qui déclencheront l’expulsion de l’embryon, qui ne se fait pas tout de suite après la prise médicamenteuse.

La méthode chirurgicale se fait sous anesthésie locale du col de l’utérus, parfois l’anesthésie peut-être générale. Une sonde est ensuite insérée dans le vagin et rejoint l’utérus. Cette sonde aspire alors le contenu de la cavité utérine. L’intervention à elle seule dure environ vingt minutes.

Petit point d’attention concernant la douleur liée à ces interventions. Elle varie selon les femmes, mais toutes ressentent la même sensation à la fin des deux interventions, quand l’utérus se contracte. Beaucoup la définissent comme semblable à celle que l’on ressent lors de règles douloureuses.

« En Belgique, une femme sur cinq sera un jour confrontée à une grossesse non désirée », précise la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes. L’autorisation d’avorter permet de respecter la volonté de chaque femme et de pratiquer l’IVG dans des conditions adéquates. « Dans le monde, toutes les 9 minutes, une femme meurt d’un avortement clandestin ». Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à faire un tour sur www.planningsfps.be.

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