« Je ne suis pas du matin »: la chronobiologie dit le contraire

"Je ne suis pas du matin": la chronobiologie dit le contraire
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Vous bouclez un dossier en dix minutes à votre arrivée au boulot, mais somnolez pendant la réunion de l’après-midi? Normal: le temps social n’est pas le même que le temps physiologique. Le savoir, c’est pouvoir anticiper et s’adapter.

Chaque humain a ses petites préférences quand il s’agit d’horaire, mais certaines bases sont les mêmes pour tous. Elles permettent à notre corps d’être en bonne santé, aussi bien physiquement que mentalement.

Respecter le cycle circadien

Il y a un temps pour tout! Manger, dormir, courir… et même faire l’amour. La chronobiologie, science millénaire mais étudiée depuis peu par les scientifiques, l’explique: la plupart de nos rythmes biologiques, appelés circadiens, sont déterminés sur 24 heures. Le plus connu est l’alternance veille-sommeil, mais il en existe bien d’autres: la température du corps, les sécrétions hormonales… Leur rôle, vital, est de nous signaler qu’il est temps de dormir, de se nourrir, de bouger… Ces horloges internes sont programmées génétiquement (impossible donc, de les modifier). Exemple: travailler la nuit ou se lever bien avant l’aube provoque davantage d’insomnies, de troubles digestifs, de surpoids, de baisses de moral… C’est que nous sommes conçus pour vivre le jour et nous reposer (et jeûner, notamment) après 22h. S’opposer à ce cycle perturbe tôt ou tard notre métabolisme et prive notre organisme d’une indispensable récupération. Attention! On retrouve des variations individuelles par rapport à ces horaires (comme il y a des petits et des grands dormeurs, des couche-tôt et des lève-tard), mais la base reste la même pour tous.

7 à 8h: le réveil

Le réveil représente toujours un stress pour l’organisme: le rythme cardiaque s’emballe, la tension monte… Inutile donc d’en rajouter! On fait comprendre en douceur à notre cerveau qu’il est temps d’émerger, en allumant la lumière. Ce qui fait chuter le taux de mélatonine et grimper celui de cortisol: deux hormones sécrétées par les glandes surrénales pour nous stimuler à ouvrir les paupières. Quant à la ghréline, elle réveille l’appétit après un long jeûne.

9 à 11h: le pic de vitalité

Toutes les activités cérébrales et musculaires sont au summum de leurs capacités. C’est le créneau idéal pour travailler avec un maximum de concentration et de mémorisation, abattre les tâches urgentes, appréhender les dossiers délicats… et même battre ses records sportifs. Merci aux hormones thyroïdiennes programmées pour diffuser ces précieux avantages dès le matin. On évitera donc les longues pauses café en matinée.

11 à 13h: ralentir le rythme

Léger relâchement des performances quand la ghréline entraîne des gargouillements gastriques. Les neurones s’essoufflent. On s’offre un fruit ou un yaourt si le repas est encore loin et on prévoit une activité moins intense.

13 à 15h: à la sieste!

Que l’on mange une raclette ou une pomme, l’après-midi commence au ralenti: on pique du nez sur son ordinateur et cela n’a aucun lien avec la digestion, mais bien avec une chute du cortisol. En attendant la sécrétion dynamisante d’adrénaline, on évite les réunions importantes. Attention aussi à la somnolence au volant. La solution idéale pour retrouver rapidement une pêche d’enfer? Une sieste de 5 à 20 minutes!

15 à 17h: le retour de l’énergie

Le pic d’adrénaline est au maximum pour booster les neurones et le corps. Alors que la mémoire à court terme (se souvenir d’un numéro de téléphone le temps de le former) est performante le matin, la mémoire à long terme est mieux entraînée l’après-midi: on en profite pour organiser des cours de langue, faire réviser les tables de multiplications aux enfants… Plutôt que de rester coincée dans les embouteillages, on enfile son training: la force musculaire et la coordination des mouvements sont maximales, toutes disciplines confondues.

17 à 20h: les plaisirs sensuels au top

Les « 5 à 7 » ne sont pas une légende: la température du corps s’élève, comme les hormones masculines et la sérotonine, responsables de l’émotivité. Ce qui favorise les relations amoureuses et l’explosion des sens: on savoure aussi pleinement un morceau de chocolat, une musique agréable, un apéro entre copines…

À partir de 22h: rendez-vous sur l’oreiller

On range les biscuits et les plats caloriques car les sucs digestifs et biliaires sont moins actifs. L’humidité de l’œil diminue et la paupière se ferme afin de le protéger: le marchand de sable n’est pas réservé aux enfants sages! Pour ne pas saboter la sécrétion naturelle de mélatonine, qui grimpe le soir et favorise l’endormissement, on bannit les lumières vives. À cette heure-là, on zappe aussi les discussions qui angoissent ou qui demandent de la réflexion.

2 à 4h du matin: le corps au ralenti

Si on ne dort pas, on évolue dans le brouillard. La température du corps est basse et les organes travaillent au ralenti. Sur la route, on prévoit une pause: l’estimation des distances est faussée et la vigilance, moindre.

En collaboration avec Michèle Rager

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