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Coronavirus vu d’ailleurs: “En Corée du Sud, les gens suivent les règles”

La Corée du Sud, bien que voisine de la Chine, semble avoir mieux géré la crise sanitaire du coronavirus que d’autres pays. À la date du 27 avril, elle déplorait 243 morts, contre 7094 pour la Belgique. Comment l’expliquer? Découvrez le témoignage d’un Belge qui y vit depuis 15 ans et qui nous explique le rapport des Sud-Coréens à l’hygiène et au respect des règles.

Grégory Limpens a 43 ans et vit depuis 15 ans en Corée du Sud. Alors qu’il venait de quitter son travail dans une maison d’édition pour partir en voyage, l’épidémie du coronavirus le retient désormais dans son appartement à Séoul. Il nous raconte comment se déroule son quotidien et nous partage son regard sur une société coréenne à la pointe de la modernité et plutôt encline à respecter les consignes.

Des masques pour tout le monde

Quand l’épidémie s’est déclarée en Chine, la Corée du Sud a rapidement commencé à s’inquiéter, d’autant que les touristes chinois y sont nombreux. “Le port du masque s’est intensifié en janvier. Il faut dire que les gens en mettaient déjà beaucoup pour se protéger de la pollution de l’air”. Un comportement qui s’est généralisé ces dernières années avec les applications qui permettent de vérifier en temps réel la qualité de l’air. De manière générale, les masques sont très accessibles, on peut en trouver dans toutes les pharmacies. Même s’il y a eu une petite pénurie à un moment, le pays a rapidement relancé la production et surtout a organisé l’accès aux masques, afin que tout le monde puisse en bénéficier. “On a le droit à deux masques par semaine. Pour moi qui suis né en 76, je peux les acheter tous les lundis. Tous ceux qui sont nés en 77 peuvent les acheter les mardis, en 78 les mercredis et ainsi de suite…”.

Du gel désinfectant à disposition dans les lieux publics

En Corée du Sud, on retrouve du gel désinfectant partout, même dans les lieux publics. “Ils sont aussi mis à disposition dans les bus, les magasins… Même à l’entrée du parc à côté de chez moi, on en trouve à côté des instruments de fitness pour les désinfecter avant et après leur usage. Il est toujours rempli, donc cela veut bien dire que quelqu’un s’en occupe en permanence”. Les Sud-Coréens ont-ils pour autant un sens plus aigu de l’hygiène? “Si on regarde les marchés, les petits bouis-bouis, les saunas, je ne suis pas sûr que ces lieux rempliraient les normes européennes d’hygiène. Mais le niveau général de propreté est quand même plus élevé qu’en Europe. La différence, c’est surtout qu’on a ici à l’esprit de minimiser au maximum l’inconfort des autres. Et cela passe notamment par certains réflexes comme porter un masque lorsqu’on est malade pour ne pas contaminer les autres”.

Des tests faciles d’accès couplés au tracing

La technologie a rapidement été mise au service de la gestion de l’épidémie, notamment pour avertir la population et “tracer” la circulation des personnes infectées. “Tous les étrangers qui arrivent en Corée du Sud doivent télécharger une application qui permet de tracer leur circulation. On reçoit des consignes par sms tous les jours. Je dois dire que c’est assez efficace comme système. Dès qu’il y a un nouveau cas dans mon quartier, je suis mis au courant. On sait alors dans quels commerces la personne contaminée est allée. Si on y est allé aussi, on est invité à réaliser un test de dépistage. Ces derniers ont d’ailleurs très vite été rendus accessibles. Je sais qu’on a maintenant dépassé la capacité de 10.000 tests par jour. Outre les hôpitaux, on peut même en faire dans certaines antennes de quartier”. Le tracing et les tests ont permis ainsi d’isoler systématiquement les personnes contaminées et d’éviter la propagation du virus.

Un peu de télétravail et beaucoup moins de réunions

Au final Grégory Limpens estime que la vie continue comme avant, sauf que les gens sortent moins et que les métros sont moins bondés. Une baisse de fréquentation qu’il attribue aussi au télétravail qui a été encouragé, mais pas imposé. “Pour ma part, avant de quitter mon job, j’ai continué à me rendre au travail comme d’habitude. Sauf qu’à midi notre patron nous commandait des “bentos” (boîte comprenant un repas individuel), pour éviter qu’on ait à sortir”. Autre changement: “La culture sud-coréenne de la réunion en a pris un coup! On s’est rendu compte qu’il était tout à fait possible d’en limiter le nombre en réglant certaines discussions par mail ou par Skype”.

Des consignes bien suivies

Grégory Limpens s’estime plutôt heureux d’être en Corée du Sud à l’heure de l’épidémie mondiale du Coronavirus. “Le gouvernement a vite mesuré l’importance de la situation et a mis en place des mesures radicales rapidement”. Radicales, mais pas contraignantes. C’est d’ailleurs l’une des particularités du pays dans la gestion de la crise sanitaire. Le confinement n’a pas été rendu obligatoire mais très fortement conseillé, une consigne qui a été bien suivie par la population. “Très vite les consignes ont été de se laver les mains, de porter un masque, de sortir uniquement lorsque c’est nécessaire, mais jamais il n’y a eu d’interdictions, comme en Europe. Les gens ont par eux-mêmes diminué leurs sorties, réduit leur consommation, annulé leurs rendez-vous pour rester à la maison”.

Un sens civique bien ancré

S’il n’a pas été nécessaire d’adopter des mesures autoritaires, Grégory Limpens l’explique par le civisme qui est ancré dans la culture sud-coréenne. “Si je me rends bien compte que l’utilisation des données pour tracer les personnes infectées pose problème en termes de vie privée, ici ce n’est pas perçu comme un problème par exemple. Il y a cette conscience que c’est nécessaire et que tout le monde doit jouer le jeu. Il règne plutôt une mentalité de suiveurs ; c’est d’ailleurs mal vu de sortir du lot. Et cela se traduit aussi par une grande homogénéité des goûts. Tout le monde écoute la même musique, regarde les mêmes émissions. Rien à voir avec la diversité des goûts et des modes de vie en Occident. Il est donc plus facile de mettre tout le monde au pas en Corée du Sud. Sans mentionner qu’il s’agit d’une démocratie depuis peu. Il y a deux générations, une dictature militaire dirigeait le pays. Les gens ont l’habitude de faire des sacrifices et ce sens civique a certainement été transmis à la nouvelle génération”.

Si la Corée du Sud semble avoir bien géré la crise de l’épidémie, Grégory Limpens relève tout de même quelques difficultés: “Avec l’arrivée des beaux jours, il y a de plus en plus de monde dehors et les gens ne respectent pas toujours la distanciation sociale. Il faut dire que les Sud-Coréens sont très tactiles! Et le gouvernement rencontre beaucoup de difficultés à dissuader les jeunes de sortir en boîte de nuit. Même si on observe un léger relâchement dans l’observance des consignes et qu’on sait que le risque est toujours là, on a quand même l’impression qu’en Corée du Sud, on va s’en sortir plus vite que d’autres pays”.

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