Semaine de la santé mentale: consulter un psy n’est (presque) plus tabou chez les jeunes

Semaine de la santé mentale: consulter un psy n'est (presque) plus tabou chez les jeunes
Pexels © Cottonbro

Du 9 au 16 octobre se déroule la semaine de la santé mentale, l’occasion de s’intéresser à la place qu’elle occupe chez les jeunes. Durement touchés lors des confinements, les ados et jeunes adultes ont, pour beaucoup, franchi le cap de la consultation digitale. 

Avant la pandémie de Covid-19, entre 2018 et 2019, les consultations psychologiques avaient déjà augmenté de 34% (toutes générations confondues), révèle Vincent Fouilloux Product Manager chez Partenamut. Elles ont ensuite explosé avec les différents confinements. “On constate globalement que de plus en plus d’affiliés font appel à nos interventions en psychologie et pour davantage de séances”. La tranche d’âge 30-45 ans est la plus en demande, une progression est également observée pour les 18-29 ans.

La pandémie a eu un effet révélateur, une vraie conscientisation par rapport à la santé mentale s’est installée. “Avant, on entendait déjà parler de burn-out chez les adultes, mais la santé mentale était peu évoquée chez les jeunes”, affirme Yayah Hachem Samii, directeur de la Ligue bruxelloise de la Santé mentale. Hormis les questions climatiques et le futur incertain qui les plongent dans un environnement anxiogène, les jeunes, leurs doutes et leurs peurs ont rarement été mis en avant. “Aujourd’hui, les langues se délient. On parle davantage de santé mentale sans tabou. Bien sûr, il y a toujours les jeunes qui en parlent et ceux qui ne veulent ou n’osent pas. Et puis surtout, maintenant, on n’associe pas automatiquement santé mentale et psychologie. La santé mentale, ça va bien au-delà”.

Les jeunes en perte de repères

Les jeunes avaient, même avant la pandémie et les confinements qui en ont découlé, du mal à trouver leur place au sein de la société. Une difficulté qui n’a pas diminué avec l’arrivée de la Covid-19 et des différents rôles qui leur ont été attribués. “Au début de la crise, les jeunes ont été désignés comme responsables. On leur a dit qu’ils n’étaient pas solidaires avec les personnes plus âgées s’ils voyaient leurs amis. Ensuite, ils ont été définis comme victime… C’était très dur pour eux de se positionner”, explique Yayah Hachem Samii.

La santé mentale des jeunes a été mise à rude épreuve. “Après le premier confinement, beaucoup de jeunes ne se sentaient pas bien et ne savaient pas comment aller mieux”, avance Emeline Lucas, psychologue pour Wellways qui s’occupe de la ligne d’écoute de Partenamut. “Les jeunes et les ados sont à une période de leur vie où ils sont en pleine construction identitaire et c’est compliqué pour eux de se projeter dans un avenir incertain. Ils ont vraiment besoin de résilience. C’est-à-dire le pouvoir de s’appuyer sur la famille, sur des pairs, des professeurs… Et avec le Covid-19, c’était très compliqué car il a fallu continuellement s’adapter”, rappelle Nelle Lambert, la directrice médicale et clinique du Service de Santé mentale de l’ULB. Durant les confinements, certains de leurs pairs (professeurs, entraîneurs, éducateurs, proches…) n’étaient plus auprès d’eux pour les guider ou même les rassurer. “On remarque une vraie précarité sociale chez les jeunes. Ils peuvent moins se reposer sur leurs aînés. Ils se sentent plus seuls. Les parents peuvent être dans des difficultés économiques et ils ont donc du mal à gérer la maison, la famille, créer du lien…”

Les consultations digitales comme bouée de sauvetage

Durant les premiers confinements, les lignes d’écoute ont été une réelle bouée de sauvetage pour certains adolescents ou même parents de jeunes qui voyaient que leur enfant allait mal, mais ne savaient pas comment agir. “La ligne d’écoute permet de casser la barrière et l’image du psy dans son fauteuil qui fait ‘hum hum’ en hochant la tête… Pour certains, cela a permis d’être plus fluide et détendu”, explique Emeline Lucas. “Les lignes d’écoute rendent accessible la consultation, surtout pour un jeune. D’habitude, il doit généralement passer par ses parents, ce qui n’est pas facile. Ils ont aussi peur de s’entendre répondre lors d’une prise de rendez-vous: ‘Ah non, je n’ai plus de place’. Alors que faire la démarche d’appeler un(e) psy, c’est déjà une grosse étape”. Le système de ligne d’écoute, de cinq séances téléphoniques ou par vidéo gratuites, proposé par Partenamut est un bon début. “À la fin de ces séances, la confiance s’est installée et on peut ensuite diriger le patient et lui montrer ce qui est possible”.

Aller chercher les jeunes là où ils sont

Pour ceux qui n’osent pas franchir le cap de l’entretien téléphonique, l’idée est d’aller les chercher sur place. “Il faut essayer de rejoindre les jeunes là où ils se trouvent pour ouvrir le champ des possibles, par des activités qui leur parlent: le slam, le graffe… Ce sont des bons processus pour atteindre le mieux-être psychique, précise Yayah Hachem Samii.
Ces ateliers, c’est une manière de créer un lien de confiance et d’essayer de comprendre ce qui amène les jeunes à ces activités. Le lien social, c’est super important. Et pour ça, les intervenants de quartier sont essentiels”.

À la sortie du confinement, le Service de Santé mentale de l’ULB a reçu énormément d’appels et de demandes de consultation pour des problèmes d’anxiété ou de phobie scolaire. “Encore lundi et mardi, on a reçu plus de vingt demandes par jour”, raconte Nelle Lambert. Mais au-delà de ceux qui osent, il y a aussi les étudiants en difficulté qui ont du mal à faire le premier pas vers les services d’aide. L’université a décidé d’aller au plus près des concernés: “on passe dans les auditoires, on distribue des flyers, on communique via les réseaux sociaux et puis surtout, une équipe de psychologues distribue les colis à l’épicerie solidaire de l’ULB. L’idée est vraiment de dédiaboliser le psychologue auprès des jeunes”, conclut la directrice médicale et clinique du Service de Santé mentale de l’ULB.

Plus on parlera de santé mentale dans sa globalité, moins elle sera tabou et consulter deviendra alors normal. La pandémie a permis d’avancer dans ce sens mais le chemin est encore long.

Quelques liens qui peuvent aider votre enfant si vous sentez qu’il en a besoin:

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