Quand bébé n’arrive pas…

Corbis

Quoi de plus universel que de vouloir un enfant? Hélas pour certaines, la cigogne ne passera pas, ou tardera à venir. Une véritable épreuve de la vie, bien trop sous-estimée.

Vous étiez enfin prête! Futur papa déniché, stabilité professionnelle assurée, petit nid sur pied; vous vous êtes dit «Go». Vous avez arrêté la pilule, puis avez attendu, pleine d’espoir. Un cycle. Deux cycles. Trois cycles. «Normal, ça ne peut pas marcher du premier coup!» Quatre, cinq, six… «J’ai peut-être pris la pilule trop longtemps?» Sept, huit, neuf… «Mais tout le monde tombe enceinte, pourquoi pas moi?» Dix, onze, douze… «Allô, docteur, je crois qu’il y a un problème.» Vous n’êtes pas seule: 10 à 15% des couples seraient infertiles. 10 à 15 % de couples qui n’arrivent pas à faire la chose la plus naturelle au monde: un enfant. «Le désir d’enfant est un désir existentiel, explique Christine Henderickx, psychologue et périnatologue. Surtout dans notre société de consommation où on a l’habitude d’avoir tout, tout de suite. On attend d’être prête pour l’avoir, on le met en route tard et on ne s’attend pas à ce que ça prenne du temps.» «Le désir d’enfant est quelque chose d’intense, ajoutent Isabelle Place et Chantal Laruelle, psychologues à la Clinique de la Fertilité à l’Hôpital Erasme. De l’ordre du vital. De la réalisation personnelle: la maternité apporte une complétude à l’identité de la femme.» Toutes s’accordent à le dire: «Le plus dur, c’est l’incertitude. Passe encore si on leur disait: ‘Dans deux ans, vous aurez un enfant à 100 %’. Ici, il n’y a aucune garantie. Ni sur le temps nécessaire. Ni sur la concrétisation finale de leur rêve. Surgit alors cette angoisse: ‘Est-ce que je pourrais assumer de ne pas avoir d’enfant?’.»

Un sentiment d’impuissance

A chaque échec, c’est le coup de massue: vous voilà en larmes pendant trois jours. Vous êtes en colère aussi. Contre toutes ces femmes croisées dans la rue le ventre rebondi, inconscientes de leur chance. Contre vos amies et ennemies qui en sont à leur deuxième, troisième… rien qu’en claquant des doigts. Contre les médecins qui ne sont pas des magiciens. Mais comme vous savez que ce ne sont pas eux qui sont à blâmer, ni personne d’autre d’ailleurs, vous êtes submergée par un grand sentiment d’impuissance. Et d’angoisse. Et de perte d’estime de soi. Et de culpabilité. «Dites-vous bien que la culpabilité est livrée avec le package infertilité, assurent Audrey Leblanc et Audrey Malfione, auteurs du Guide des couples infertiles, un livre pédagogique, drôle et sans pathos sur l’infertilité. Vous culpabiliserez d’être infertile, de ne pas le/la quitter pour qu’il/elle puisse refaire sa vie ailleurs avec un/une fertile, de lui en vouloir, de ne pas toujours le/la comprendre, de ne pas faire de vos parents des grands-parents…»

Certains couples explosent en plein vol

Tous l’affirment: l’infertilité est l’une des épreuves les plus difficiles que l’on puisse traverser. Certaines études la comparent même à l’annonce d’une maladie ou à la perte d’un être cher… Des chercheurs danois ont également montré que les femmes souffrant de stérilité risquaient davantage d’être confrontées à des problèmes psychiatriques des années plus tard. Une sorte de contrecoup. C’est une épreuve personnelle, mais aussi une épreuve pour le couple. Pour vous, c’est le projet de toute une vie qui a du plomb dans l’aile. Pour lui, c’est – aussi – toute une vie qui se met à tourner autour d’un seul projet. Pour vous, c’est toute la panoplie des traitements – même si la responsabilité n’est pas de votre côté – pour lui, c’est la culpabilité de ne rien pouvoir faire… Pour vous, c’est l’effondrement à chaque nouvel échec. Pour lui, parfois, c’est l’envie de rentrer dans sa bulle pour ne plus y penser, d’où l’incompréhension mutuelle. Pour tous les deux, ce sont des relations sexuelles programmées – il ne faut surtout pas laisser passer une occasion! – qui ont une fâcheuse tendance à tuer la libido. «De nombreux couples traversent une crise après l’annonce de l’infertilité, affirment Audrey Leblanc et Audrey Malfione. Après tout, devenir parents est souvent la suite logique de votre relation amoureuse. Mais si vous ne pouvez pas avoir d’enfants, quel sens donner à votre vie? Et, a fortiori, à votre couple? Même avec beaucoup d’amour, il arrive que les couples explosent en plein vol.» «Mais comme toute difficulté, rassure Christine Henderickx, cette épreuve peut aussi rapprocher. Certains couples en sortent renforcés.»

Les traitements, un nouveau calendrier

Pas facile non plus de garder intactes ses relations sociales. «Pour une femme qui espère un enfant, constatent Isabelle Place et Chantal Laruelle, il est difficile, voire impossible de voir une femme enceinte, de féliciter une amie qui attend un bébé, de rendre visite à un couple qui a des enfants… aussi a-t-elle parfois tendance à s’isoler.» Et puis quid de la vie professionnelle? «Certaines la surinvestissent, d’autres n’arrivent plus à gérer», constatent Isabelle Place et Chantal Laruelle. D’autant que concilier traitements et vie professionnelle n’est pas une sinécure… Les traitements, parlons-en. Même s’ils obligent à faire le deuil d’un «bébé sous la couette» et qu’ils sont parfois lourds à supporter, ils offrent souvent le sentiment d’un nouveau départ. «On délègue la procréation au monde médical, explique Christine Henderickx, on a l’impression de ne plus être tout seuls. De plus, ça remet du calendrier dans sa vie. On a la chance de vivre dans un pays où les PMA sont de grande qualité.»

Un deuil abstrait et donc infini

Dans certains cas, un bébé sera au bout du chemin. Mais 50 % des couples finiront le parcours des PMA sans enfant. Vidés, épuisés, amers. Avec un lourd travail de deuil à faire. «En réalité, expliquent Isabelle Place et Chantal Laruelle, ces couples ont déjà fait pas mal de deuils: le deuil du bébé qui arrive vite, le deuil du bébé sous la couette, le deuil du bébé biologique…» Pour Christine Henderickx, ce deuil est particulier, car abstrait. «Lors d’une fausse couche ou de la perte d’un enfant mort-né, on perd un être concret. Ici, on doit faire le deuil de quelque chose qui n’existe pas. Ça peut être un deuil sans fin… Il n’est hélas pas toujours pris au sérieux par autrui. Je conseille parfois à mes patientes d’écrire une lettre à cet enfant qui n’est pas venu, avec leur colère et leur frustration.» La vie n’est pas finie pour autant. Il y a toujours un plan B: adopter, devenir famille d’accueil, s’occuper de jeunes enfants… «Il va falloir réinventer votre vie, affirment Audrey Leblanc et Audrey Malfione. Vous recentrer sur votre couple, votre vie profonde, vos loisirs, votre famille, vos amis. Prendre du temps pour vous reconstruire individuellement et à deux. Vous allez découvrir que vous avez bien plus de ressources et de force en vous que vous ne l’auriez imaginé.»

Comment surmonter l’épreuve?

  • Acceptez que vous traversez une épreuve difficile, pleine de hauts et de bas, qui vous donneront peut-être envie de vous replier sur vous-même. Vous obliger à sortir ou à aller bien ne fera que vous épuiser davantage.
  • Essayez malgré tout de ménager des moments où vous faites/ pensez à autre chose. Le risque est grand que votre intimité conjugale soit envahie par ce seul et unique projet. «Ne le laissez pas prendre toute la place dans vos vies, conseillent Audrey Leblanc et Audrey Malfione. Faites des projets, rénovez la cuisine, organisez-vous un voyage, mariez-vous, partez en week-end, sortez boire un verre avec des amis…» Du moins si vous en avez l’envie…
  • Essayez de rester objective. «Les femmes en attente d’enfant, explique Christine Henderickx, ont tendance à idéaliser la grossesse, la maternité… Or, aucune de ces situations n’est idyllique.»
  • N’hésitez pas à faire appel à un psy pour déposer votre douleur. Ou pour résoudre certains conflits. «L’infertilité est multifactorielle, note Christine Henderickx: l’alimentation, le stress, le couple… Il est parfois intéressant de s’interroger sur soi: suis-je vraiment prête à être enceinte? Suis-je en paix avec moi-même? Certaines de mes patientes ont débloqué quelque chose dans mon cabinet: une colère, un sentiment d’infériorité par rapport à leur propre mère, un conflit…»
  • Il peut aussi être intéressant d’en parler avec d’autres couples dans la même situation, par exemple dans des groupes de parole.
  • Après chaque retour de règles ou échecs des traitements, accordez-vous un temps de pause et de consolation: un massage, un resto gastronomique, un week-end en amoureux…
  • Ne vous infligez pas de douleur supplémentaire. Votre meilleure amie vient d’accoucher? Rien ne vous oblige à aller la voir tout de suite. Laissez-vous un temps pour digérer. De même, pourquoi ne pas acheter un cadeau via Internet? Cela vous évitera d’éclater en sanglots devant les berceaux.
  • Adoptez un chien, un chat, un poisson rouge… proposent Audrey Leblanc et Audrey Malfione. «L’idée est de donner à un animal tout l’amour que vous ne pouvez pas donner à un marmot.»
  • Cette épreuve est difficile pour le couple. Ne restez pas chacun dans votre coin avec votre ressenti. Si vous ne vous exprimez pas, comment voulez-vous que l’autre comprenne ce que vous ressentez? Parlez autant que nécessaire. Soyez bienveillants et attentifs l’un à l’autre. Ne vous attendez pas à ce qu’il/elle vive les choses comme vous. Vous êtes des personnes différentes, avec une histoire différente.
  • L’une des choses les plus difficiles, selon les témoins, est le manque de contrôle. Essayez d’être au maximum actrice de la situation: cherchez des infos sur votre problème d’infertilité ou sur les traitements possibles, réfléchissez au nombre de tentatives que vous êtes prête à supporter…
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