Cosmétiques bio et vegan: que garantissent les différents labels?

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Depuis quelques années, de plus en plus de labels ornent les flacons de nos cosmétiques. Censés aiguiller les consommateurs dans leurs choix, ils ne sont pas établis par les mêmes sociétés et ne représentent pas les mêmes exigences. Dès lors, que garantissent les labels les plus courants?

 

Les labels bio

Pesticides et ingrédients synthétiques ont poussé les consommateurs à se tourner vers les cosmétiques naturels. Mais comme ceux estampillés de ce terme n’étaient sujets à aucune réglementation, les labels bio ont dû s’imposer. Ils impliquent l’utilisation d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, mais avec des impératifs variables.

 

Cosmos

Afin d’harmoniser les différentes normes qui régulaient leurs certifications, cinq organismes (BDIH, Cosmebio, Ecocert, ICEA et Soil Association) ont mis en place un nouveau label: Cosmos, pour COSmetic Organic Standard. Depuis le 1er janvier 2017, il remplace les macarons des cinq associations susmentionnées sur les produits cosmétiques.

La mention Cosmos Natural ne requiert pas de minimum concernant les ingrédients d’origine biologique. Il est cependant obligatoire de préciser le pourcentage d’ingrédients naturels par rapport au total du produit.

La mention Cosmos Organic est, quant à elle, plus stricte. Les cosmétiques l’obtiennent si au moins 95% des ingrédients sont naturels et si au moins 95% des ingrédients végétaux sont bio (comme auparavant sous les labels Cosmebio et Ecocert). La teneur en ingrédients biologiques sur le total des ingrédients du produit est de 20% minimum (l’eau et les minéraux ne sont jamais comptabilisés comme des ingrédients bio). De plus, seuls les ingrédients biodégradables sont autorisés. Quant à l’emballage, les packagings écologiques sont encouragés, pas obligatoires, bien que le PVC et le polystyrène soient bannis. Parmi les substances proscrites, citons les nanomatériaux et les matières éthoxylées (PEG, SLS), les conservateurs de synthèse, les OGM, les ingrédients irradiés aux rayons X et gamma, les composants testés sur les animaux (à quelques exceptions près), les parfums et les colorants de synthèse. Le cahier des charges admet 2% de composés pétrochimiques, les dérivés d’huile de palme, les huiles estérifiées et hydrogénées et 5 conservateurs synthétiques qui pourraient être remplacés par leurs équivalents naturels.

 

Demeter

Le label Demeter garantit qu’au moins 90% des ingrédients agricoles sont issus de l’agriculture biodynamique (une agriculture encore plus exigeante que l’agriculture biologique, car elle a pour objectif de soigner la terre, de régénérer les sols et d’accroître sa fertilité). Les autres ingrédients agricoles doivent être de qualité biologique. Demeter proscrit les nanoparticules, les OGM, les parfums et les conservateurs synthétiques, ainsi que les produits dérivés d’huiles minérales et du pétrole, le benzène, le propylène glycol, le butylène glycol; les agents chélateurs EDTA et leurs sels et les matières premières provenant d’animaux morts. Dans le même ordre d’idée, Demeter interdit les tests sur les animaux.

 

Natrue

Natrue possède trois niveaux de certification: les cosmétiques naturels, les cosmétiques naturels en partie bio et les cosmétiques bio.

La mention Cosmétiques naturels signifie que les ingrédients naturels non-transformés ont été privilégiés, et que, corollairement, les ingrédients d’origine naturels transformés ont été limité. Aucun produit artificiel n’est accepté et une grande partie des composants indésirables (parfums et colorants synthétiques, OGM, silicones…) est exclue.

La mention Cosmétiques en partie bio répond aux mêmes exigences. Le produit doit contenir au moins 15% de substances naturelles non modifiées chimiquement et au maximum 15% de substances transformées d’origine naturelle. De surcroît, 70% des ingrédients naturels, ou transformés d’origine naturelle, doivent provenir de cultures biologiques contrôlées et/ou d’une cueillette sauvage contrôlée.

La mention Cosmétiques bio implique les mêmes garanties, mais cette fois, 95% des ingrédients naturels, ou transformés d’origine naturelle, doivent provenir de cultures biologiques contrôlées et/ou d’une cueillette sauvage contrôlée, et le produit doit contenir au moins 20% de substances naturelles non modifiées chimiquement et au maximum 15% de substances transformées d’origine naturelle.

 

Nature & Progrès

La charte Nature & Progrès garantit que les matières premières d’origine végétale et animale proviennent à 100% de l’agriculture biologique. Les ingrédients de synthèse et pétrochimiques, les nanoparticules, l’huile de palme et les OGM sont interdits. Le cahier des charges mentionne aussi des exigences claires quant aux méthodes de fabrication, à la gestion environnementale du lieu de production, à l’emballage et à la gestion des déchets. Les produits labellisés par Nature et Progrès doivent contribuer à préserver et entretenir la planète, être de qualité et sains pour les consommateurs.

 

Les labels vegan et cruelty-free

Depuis 2004, les tests des cosmétiques sur les animaux sont interdits dans l’Union Européenne. À partir de 2009, les ingrédients qui composent les cosmétiques n’ont plus le droit de faire l’objet d’expérimentations animales. Mieux encore, en 2013, puis 2016, l’UE interdit l’importation sur son territoire de cosmétiques testés sur des animaux. Pourtant, le problème n’est pas encore réglé. En effet, la réglementation européenne REACH impose toujours aux entreprises de tester – sur des animaux notamment – les nouvelles substances pour mesurer leur fiabilité. Sans compter les pays, comme la Chine, qui imposent de tester les produits avant leur importation sur le territoire. Voici pourquoi les labels cruellty-free (sans cruauté) peuvent nous aider à y voir plus clair lors de nos achats. Les labels vegan vont un cran plus loin. Les cosmétiques certifiés vegan ne peuvent contenir aucun ingrédient d’origine animale, qu’il ait conduit à la mort de l’animal ou non. Toute exploitation animale est proscrite, exit donc le miel, le lait, le rouge carmin, certaines huiles, le collagène ou la glycérine, par exemple.

 

Choose Cruelty Free (CCF)

Le label CCF certifie que la marque dans sa totalité n’effectue aucun test sur les animaux. Le groupe auquel la marque appartient est également soumis à ces critères. Les tests sur les animaux sont interdits à n’importe quel stade de fabrication. Les produits finis ainsi que les ingrédients ne doivent pas avoir été testés ni par la marque ni par un organisme tiers. La marque n’a pas le droit de vendre ses produits dans des pays étrangers où la loi impose les tests sur les animaux.

 

Cruelty-free and vegan (PETA)

La PETA possède deux labels. Celui dénommé Cruelty-free implique que les ingrédients ne soient pas testés sur les animaux et que la marque ne soit pas implantée dans un pays qui impose ce genre de tests. L’autre label, appelé Cruelty-free and vegan, implique les mêmes garanties et l’absence d’ingrédients d’origine animale. Le groupe auquel la marque appartient n’est pas nécessairement soumis à la même éthique.

 

Leaping bunny

Ce label représentant un lapin qui bondit, le Leaping Bunny, assure qu’aucun test sur les animaux n’a été réalisé sur l’ensemble de la chaîne de production, des ingrédients aux produits finis. Ce logo certifie que la marque dans son intégralité n’effectue pas de tests sur les animaux, mais le groupe auquel elle appartient n’est pas soumis aux mêmes critères.

 

One Voice

One Voice possède deux niveaux de certification. Le label One Voice bleu garantit que les produits sont faits à partir d’ingrédients non testés sur les animaux, sans ingrédient d’origine animale. Le label One Voice orange ajoute la dimension bio. Les ingrédients agricoles doivent être à 100% d’origine biologique. Ces labels seront remplacés en 2020 par le logo en forme de tigre. Attention, One Voice certifie les produits, et non pas une marque.

 

Vegan

Le logo Vegan garantit l’absence d’ingrédients d’origine animale. Cependant, il ne certifie pas la marque dans son intégralité, ni le groupe auquel appartient la marque, mais des produits au cas par cas. La marque a le droit de vendre ses produits dans des pays étrangers où la loi impose les tests sur les animaux.

 

Bon à retenir

  • Un produit bio peut contenir des ingrédients d’origine animale. Un produit cruelty-free peut ne pas être bio ou vegan. Un produit vegan est par essence cruelty-free, mais pas forcément bio… C’est pourquoi il est bon de savoir ce que garantissent les différents labels! (En sachant qu’un produit peut être labellisé par plusieurs organismes de certification.)
  • La labellisation est payante. Par conséquent, les petites marques n’ont pas toujours les moyens de faire certifier leur production ; ce n’est pas pour autant qu’elles n’ont pas une éthique exemplaire. Lisez les étiquettes et n’hésitez pas à vous renseigner à propos de leurs valeurs.

 

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