Violence conjugale: et si on en parlait sur son lieu de travail?

Violence conjugale: et si on en parlait sur son lieu de travail?
Getty images

Une femme sur sept est victime de violence conjugale en Belgique. Une réalité difficile qui a des répercussions sur le travail: stress, anxiété, absentéisme, maladie, burn-out. Cet argument pourrait inciter les entreprises à épauler leurs employés qui en seraient victimes. 

L’ASBL « Pour La Solidarité » organise une journée de conférence mercredi 20 novembre pour présenter les résultats du projet européen « Cease », qui vise à « cesser » les violences domestiques en impliquant les entreprises. Comment? En les aidant à accompagner les éventuelles victimes. 17 entreprises en Belgique ont suivi le programme, dont la Smart, Ethias, Amnesty et des acteurs publics comme le SPF des Affaires étrangères, Actiris et l’ONEM.

Reconnaître les signes

Votre collègue, d’habitude très naturelle, se met des couches de fond de teint. En pleine canicule, elle porte des vêtements couvrants de la tête aux pieds. Elle ne parle plus trop à ses collègues. Elle semble avoir élu domicile au travail, tant elle arrive tôt et repart tard le soir… Le bureau est peut-être son seul refuge. Ou, à l’inverse, elle semble très stressée de respecter ses horaires… Pour s’épargner les foudres de son compagnon qui la surveille. Autant de signes qui peuvent indiquer que votre collègue subit peut-être des violences au sein de son couple. Les femmes, qui en sont majoritairement les victimes, doivent alors recourir à des subterfuges pour masquer les coups et la détresse. Et tout ceci déteint sur leur vie professionnelle.

Faire du travail un espace d’écoute

« Absentéisme, manque de motivation, difficulté à respecter les délais, agressivité retournée envers les collègues… Les violences conjugales se répercutent au travail et ont un coût pour les entreprises, c’est indéniable. Ce n’est pourtant pas l’argument qui a fait mouche auprès de celles qui ont participé au projet « Cease ». Elles veulent surtout assurer un certain bien-être à leurs employés », explique Anna Métral, chargée de projet spécialisée dans les questions de discriminations et de diversité dans l’ASBL « Pour la solidarité ». « Près de la moitié des personnes qui subissent des violences conjugales n’en parlent pas. Le but premier est donc de créer un environnement de travail sécurisant et bienveillant qui encourage les victimes à faire ce premier pas ».

« Nous avons tout.tes un rôle à jouer! »

Que peuvent faire les entreprises? « Si un responsable observe qu’un de ses employés est en train de perdre pied au travail, avant de lui faire des reproches, il peut simplement essayer d’ouvrir un dialogue pour savoir si tout va bien », suggère Anna Métral. « D’un point de vue administratif, les entreprises peuvent ensuite décider de mettre en place des horaires adaptés, d’octroyer des jours de congé en plus, de garantir un salaire, etc. Évidemment, toutes ces mesures dépendent du bon vouloir des patrons ». En effet, le projet « Cease » ne bénéficie pas encore d’un cadre légal avec un pouvoir contraignant. « La prochaine étape est de créer un label qui obligerait les entreprises à respecter certains principes ».

Les outils mis en place

Poster de sensibilisation, brochures informatives et formations… Le projet « Cease » a développé plusieurs outils afin d’épauler les entreprises dans la lutte contre les violences conjugales. « Nous avons donné l’année passée des formations en présentiel à une centaine de personnes. On y explique ce que sont les violences conjugales, comment elles se manifestent et on aborde des études de cas et des mises en situation ». Que faire justement lorsqu’on suspecte sa collègue d’être victime de violences conjugales? « Bien évidemment, tant que la victime ne parle pas, on ne peut rien faire. C’est à elle de décider si elle a besoin d’aide. D’où l’intérêt de tout faire pour lui offrir des conditions favorables », conclut Anna Métral. Un programme d’e-learning gratuit sera également mis en ligne sur le site cease-project.eu le 20 novembre 2019, lors de la conférence finale.

Conférence finale du projet « Cease »:

  • Quand: 20/11/19 de 9h à 14h (accueil dès 8h30 et lunch dès 12h30)
  • Où: SMART – 72 Rue Coenraets, 1060 Saint-Gilles à Bruxelles
  • Informations et Programme

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