Les femmes travaillent gratuitement depuis le 4 novembre

Les femmes travaillent gratuitement depuis le 4 novembre
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Depuis le 4 novembre, les Européennes travaillent gratuitement, et ce, jusqu’au 31 décembre 2019 si l’on compare le salaire des femmes, par rapport à celui des hommes. Le fossé salarial persiste, même s’il diminue légèrement. 

L’Europe a décrété que le 4 novembre serait la Journée européenne des inégalités salariales. En moyenne, un homme gagne 16% de plus qu’une femme. En France, ce 5 novembre à 16h47, théoriquement, les Françaises travailleront gratuitement jusqu’à la fin de l’année.

La Belgique est un bon élève

L’Office européen des statistiques, Eurostat, a calculé le salaire horaire brut moyen des Européennes, et il est 16% inférieur à celui des hommes. L’an dernier, l’écart était de 16,2%, la progression est donc minime. L’économiste Rebecca Amsellem et auteure du livre Les Glorieuses: Chroniques d’une féministe déclarait au Figaro, en parlant de la France où l’écart est 15,4%: « Ce ne sera qu’en 2168 que les femmes seront aussi bien rémunérées que des hommes. On observe qu’une stagnation et l’écart de salaires entre femmes et hommes ne bouge presque pas ». La Belgique fait quant à elle partie des bons élèves, avec un écart équivalent à 6% pour l’année 2017. Une différence moins importante, mais une différence tout de même. Des pays avec une forte croissance économique, comme l’Allemagne par exemple, ont une différence de 21%, un pourcentage énorme.

Le barème d’Eurostat précise que « les différences les plus importantes ont été observées en Estonie (25,6%), en République Tchèque (21,1%), en Allemagne, au Royaume-Uni (20,8%), en Autriche (19,9%) et en Slovaquie (19,8%). En revanche, les différences de revenus entre hommes et femmes sont les moins importantes en Roumanie (3,5%), en Italie et au Luxembourg (5% chacun), en Belgique (6%) et en Pologne (7,2%) ».

Il a été observé que les différences de revenus les plus importantes entre les hommes et les femmes sont principalement observées chez les cadres. « 23% de moins pour les femmes que pour les hommes ». Les différences sont moindres pour les employés de bureaux ainsi que les employés de service et les vendeurs, les deux professions où l’on est le moins bien rémunéré.

Des différences salariales mais hiérarchiques également

En plus des différences au niveau des salaires, il a été observé que des différences hiérarchiques étaient également à noter. Les femmes, au sein d’une entreprise, aussi bien dans le secteur privé que public, évoluent mais jusqu’à un certain niveau. Peu de femmes se retrouvent dans les postes les plus hauts de la hiérarchie. La Belgique est, pour ce classement, loin d’être sur le podium car en moyenne seulement 34% des cadres sont des femmes.

« Lorsqu’ils travaillent, les hommes occupent généralement des postes plus élevés que les femmes. Par exemple, on peut voir qu’environ un tiers (34%) des dirigeants de l’UE en 2018 étaient des femmes. La proportion de femmes occupant ce poste n’excédait pas 50% dans aucun des États membres: les plus fortes proportions ont été observées en Lettonie (45%), en Pologne (42%), en Bulgarie, en Lituanie, en Hongrie et en Suède (toutes les 39%). En revanche, les plus petites parts ont été observées à Chypre (17%), au Luxembourg (25%), aux Pays-Bas (26%), en République Tchèque, au Danemark, en Grèce et en Italie (tous 27%) ».

Quelles sont les causes de cet écart salarial?

Les causes sont multiples: l’éducation, l’activité professionnelle, l’entreprise, le temps de travail… Historiquement, dans les mentalités, les femmes doivent davantage consacrer de temps à leur famille et donc restreindre leurs chances d’évolution professionnelle. Les femmes vont inconsciemment choisir un emploi qui leur permet de concilier boulot et vie de famille. « Les hommes et les femmes font typiquement des choix différents qui habituellement dépendent plus de leur sexe que de leur libre-arbitre », peut-on lire sur le site votresalaire.be. Il a aussi été remarqué qu’avec le temps, les hommes gagnent mieux leur vie car ils n’interrompent que très peu leur carrière, voire pas du tout et ils travaillent à temps plein et donc acquièrent plus d’expérience, ce qui contribue à l’obtention des salaires plus élevés. Mais aujourd’hui, nous sommes au 21ème siècle et il serait temps que toutes ces croyances cessent et que l’égalité salariale voie le jour…

Comment arriver à une égalité salariale?

Aujourd’hui, il ne faut pas hésiter à vérifier son salaire. Pour cela, demandez aux syndicats, aux entreprises, aux associations d’employeurs… si votre rémunération est juste. Ou encore renseignez-vous sur WageIndicator, un site qui vous permet de vérifier votre salaire.

De manière plus générale, votresalaire.be vous propose de vous diriger vers des milieux porteurs ainsi que vers des grandes entreprises, de ne pas passer à côté de formations proposées par l’employeur, de vous entourer de personnes qui souhaitent que vous évoluiez dans votre travail, hiérarchiquement et financièrement et n’oubliez jamais de négocier votre salaire, à tous moments de votre carrière.

Mais la suppression de cet écart salarial vient aussi des employeurs: « ils peuvent au moins assurer la transparence des salaires et garder l’œil ouvert sur les possibilités de promotions pour les hommes et les femmes. L’employeur peut également faciliter l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, en particulier lorsque les enfants sont encore petits, en proposant, par exemple, des aménagements d’horaires flexibles ». Il faut évidemment sortir de cette société où l’on licencie une femme parce qu’elle est enceinte, et surtout penser à adapter les horaires, le confort et la charge de travail lors d’une grossesse.

En résumé, on retient que la Belgique n’est pas un si mauvais élève, mais que l’égalité est loin d’être là. Que ce soit les postes de managers où les différences se marquent le plus en termes de salaire, et enfin, que ce sont principalement les mentalités et notre société qui doivent changer pour espérer atteindre une égalité des salaires.

Tous les résultats sont disponibles sur Eurostat.

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