Quand l’aidant proche est le frère ou la soeur
Être le frère ou la soeur d’une personne qui a besoin d’aide au quotidien implique son lot de défis. Christine Doms, chargée de projet au sein de l’asbl Aidants Proches, nous détaille ce statut.
L’aidant proche est la personne qui apporte son aide et son soutien, de façon régulière et non professionnelle, à une personne en perte d’autonomie, de maladie, de handicap ou de dépendance. Quand l’aidant proche est le frère ou la soeur, quelles sont les spécificités?
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Un besoin criant de soutien
“Souvent, comme la plupart des aidants, les frères et sœurs ne se rendent pas compte qu’ils ont eux-mêmes besoin de soutien”, explique Christine Doms. “Nous pouvons alors les orienter vers des groupes de soutien, de parole ou une aide psychologique ainsi que vers des partenaires du social et de la santé. Des associations telles que Madras ou la Fondation Portray peuvent apporter un soutien au niveau de la réflexion sur l’après-parents.”
Comme la plupart des aidants, les frères et sœurs ne se rendent pas compte qu’ils ont eux-mêmes besoin de soutien
Parmi les appels que l’équipe reçoit à l’asbl, beaucoup concernent le questionnement sur ce qui peut être mis en place dans le maintien à domicile. “Mais aussi sur la vie en institution quand cela n’est plus possible…”, explique l’experte.
Gérer l’“après-parents”
Dans certains cas, les frères et soeurs deviennent aidant proche après le décès des parents. Même si, ici comme partout, les situations sont multiples et variées.
“Certains parents envisagent une future vie en institution afin que tout ne repose pas sur les épaules des frères et sœurs à leur décès. Et puis il y a les parents qui ne peuvent pas envisager cette possibilité et qui veulent tenir jusqu’au bout: dans ce cas-là, la responsabilité reposera souvent sur les personnes annexes, que ce soit les autres enfants ou parfois, quand il n’y a pas d’autres enfants, leurs propres frères et sœurs… Mais la majorité cherche des solutions en amont.”
“Des fratries nous appellent parfois à ce sujet, même si ce n’est pas la situation la plus fréquente. Je dirais qu’elles représentent plus ou moins 3% des appels que nous recevons. Parmi elles, beaucoup se retrouvent complètement perdues, ne savent pas par quoi commencer…”
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Une charge pas banale
“Au départ, comme chez tous les aidants, il y a la question du lien”, explique Christine Doms. “Le lien affectif, du sang, de proximité qui fait que le plus souvent, sauf dans les familles très conflictuelles, on veut aider ce frère ou cette sœur. Ils ont toujours connu des parents qui lui portaient une attention spécifique, donc ils ne se posent le plus souvent même pas la question de savoir s’ils vont s’en occuper ou non. Ils se disent: ‘C’est mon frère ou ma sœur, je l’aime plus que tout, donc je m’en occupe.’”
Comme si, d’une certaine manière, ils n’avaient pas le droit de se plaindre
“Mais quand ils commencent à ‘plonger au cœur de l’aidance’, ils se rendent compte progressivement de tout ce que cela implique”, pourquit-elle. Un passage d’infirmier tous les jours, une surveillance même le week-end… Cela peut devenir complexe à gérer. Ils arrivent alors à notre permanence en se demandant s’ils sont aidants… Mais oui, ils le sont! Sauf qu’ils se vivent d’abord comme le frère ou la sœur qui assume de manière ‘normale’ cette charge. Comme si, d’une certaine manière, ils n’avaient pas le droit de se plaindre.
Il faut alors les sensibiliser à la notion de répit, que ce soit pour quelques heures ou quelques jours. Car pour les aidants, le répit n’est pas un luxe mais le plus souvent une question de survie.”
Aller plus loin
Asbl Aidants Proches wallonie.aidants-proches.be, 081/30.30.32, et aidantsproches.brussels, 02/474.02.55
Association Madras Service d’accompagnement pour les parents des personnes porteuses de handicap : madras-asbl.be.
Fondation Portray pour l’”après-parent” fondation-portray.be.
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