Thierry Boutemy, l’homme qui magnifie l’art floral

Thierry Boutemy, l'homme qui magnifie l'art floral

Ce jeudi 18 mai, Pierre Marcolini inaugurait les nouveaux atours de sa boutique du Sablon, à Bruxelles. Sa collection été s’intitule Les Rêves de Pierre, des songes représentés sous la forme de somptueux nuages d’hortensias, composés par le fleuriste Thierry Boutemy. Nous l’avons rencontré.

Il s’agit de votre 2e collaboration avec Pierre Marcolini. Comment travaillez-vous ensemble ?

Pierre m’a donné un dessin et l’idée du nuage, il m’a ensuite laissé beaucoup de liberté. J’ai choisi la fleur qui me semblait la plus adaptée à cette forme, à savoir l’hortensia, car elle évoque les nuages. Sa multitude donne un résultat ouateux, léger. Je pense que si j’avais mélangé d’autres fleurs, on aurait perdu cet aspect.  C’était une super collaboration, tournée vers le respect.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de collaborer avec Pierre Marcolini ?

Cela fait maintenant 25 ans que je suis en Belgique. Au départ, Pierre et moi ne nous connaissions pas. Il commençait son activité et on se suivait, sans trop se connaître parce que je suis assez réservé, jusqu’au jour où l’on s’est vraiment rencontré. Pierre incarne la Belgique et il défend de vraies valeurs à travers son chocolat, tout comme moi avec les fleurs (même si ici, elles sont artificielles). C’est ce qui m’a donné envie de travailler avec lui.

Quelles sont les valeurs que vous défendez ? Mettez-vous un point d’honneur à choisir des fleurs cultivées de façon responsable, par exemple ?

Oui, je fais attention à leur provenance, à la façon dont elles sont cultivées. Cela prend du temps à être payant, cela coûte beaucoup d’argent et on n’est pas spécialement dans le profit. Mais je suis content de ne pas avoir changé ma philosophie, car il commence à y avoir une véritable reconnaissance pour ma démarche à présent. Je suis très heureux de ma position, de là où ça me mène et des personnes que cela me permet de rencontrer.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour imaginer et mettre en œuvre la composition florale de cette façade ?

Jeremie [Hynderick, ndlr.] m’a beaucoup aidé. Son rôle est très important, c’est lui qui a installé cette façade, avec des sangles, comme les alpinistes. Au total, nous étions 30 à travailler sur ce projet. Cela a pris dix jours, huit de préparation et deux de montage. Plus quelques jours de recherche et de conception. On doit être à trois semaines de travail, depuis les premières réflexions, le contact avec les fournisseurs…


Vous avez travaillé aux côtés de grands noms, tels que Sofia Coppola, Lady Gaga, Raf Simons pour Dior, Mosaert pour Repetto, Delvaux… Comment gérez-vous votre notoriété?

Je fonctionne encore de façon très artisanale et j’essaie de bien m’entourer. J’arrive à partager mon travail avec de chouettes collaborateurs. Mais ce n’est pas toujours facile, c’est comme une roue qui tourne et qui nous entraîne.

Vous arrive-t-il d’accepter des commandes plus modestes et de composer des bouquets dans votre boutique d’Uccle ?

Oui, je m’y trouvais encore tout à l’heure, mais c’est vrai que j’y suis très peu. Cela reste mon refuge, car ces projets démesurés sont parfois lourds à porter. Je garde ma boutique pour le jour où je n’aurai plus l’énergie de participer à des projets d’une telle ampleur, je pourrai retourner à quelque chose de plus simple.

Et, pour en revenir au thème de la collection de Pierre Marcolini, qu’est-ce qui vous fait rêver ?

Beaucoup de gens me font rêver, en général ce sont des artistes. L’art me fait rêver, la musique, le théâtre. Mon plus beau cadeau, c’est quand je vais voir un spectacle qui me procure une émotion. Je vais peut-être collaborer avec un homme de théâtre que j’aime beaucoup, et c’est un vrai cadeau. J’aimerais réussir à travailler avec lui et arriver à avoir une démarche qui n’est pas commerciale. Le partage est important pour moi, tout comme la transmission d’émotions. On vit dans un monde agressif, c’est pourquoi je préfère accepter des projets avec une belle énergie et des gens gentils.

Retrouvez l’interview de Pierre Marcolini sur le site Délices de Femmes d’Aujourd’hui.

 

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