Rencontre avec un « Voyou » pas comme les autres

Rencontre avec un "Voyou" pas comme les autres
©Pierre-Emmanuel Testard

Depuis quelques mois déjà, Thibaud Vanhooland, alias Voyou, se fait une place dans le monde de la musique. En février dernier, l’artiste sortait Les bruits de la ville, un premier album que le public belge aura l’occasion de découvrir en live lors de la 26e édition Nuits Botaniques, le 5 mai prochain.

Originaire du Nord de la France (de Lille plus précisément), ce jeune homme passionné de musique a d’abord collaboré avec les groupes Rhum for Pauline, Elephanz et Pegase avant de lancer sa carrière solo. Thibaud devient alors Voyou, un nom de scène qui lui permet d’interpréter une multitude de personnages et d’être plus proche de son public.

Les bruits de la ville

Il débute avec un premier EP, On s’emmène avec toi, sorti en janvier 2018, où se mêlent chanson française et électro. Un an plus tard, en février dernier, Voyou sortait son premier album Les bruits de la ville. Des rythmes entraînants, des mélodies entêtantes, des paroles poétiques… Cet artiste-né nous entraîne, morceau par morceau, dans des décors venus tout droit de son imagination.

Rencontre avec Voyou

Nous avons eu la chance de rencontrer Voyou au Botanique, où l’artiste se produira le 5 mai prochain, à l’occasion des Nuits Botaniques.

Tu n’as pas vraiment l’air d’un voyou, pourquoi avoir choisi ce nom?

« Ça, tu ne sais pas (rires)! Je ne suis pas le genre de voyou qu’on met derrière des barreaux de prison. Je suis plutôt celui qui fait des petites bêtises qui ne font de mal à personne. J’aime ce mot parce qu’il a plein de sens différents, donc ça me permet d’interpréter une multitude de personnages différents. C’est aussi un mot qui est très familier et auquel tout le monde peut s’identifier. Du coup, ça me permet de rester à la même hauteur que les gens: il n’y a pas de rapport de force qui se crée entre le public et moi. C’est très important pour moi. Je déteste ce rapport de personne qui est adulée et de personnes qui adulent. Je suis juste content de faire mon boulot et qu’il y ait des gens qui viennent me voir. »

Quel a été ton parcours avant de devenir Voyou?

« Je fais de la musique depuis que je suis tout petit. Une fois que j’ai passé mon bac en France, j’ai commencé directement à devenir musicien pour des groupes. Je faisais surtout de la basse et un peu d’autres instruments. J’ai fait ça pendant 10 ans avec trois groupes principalement: Rhum for Pauline, Elephanz et Pegase. Après ça, je me suis retrouvé dans une période où je n’avais plus trop de boulot parce qu’il y a un des groupes qui était entre deux albums, un autre qui s’est arrêté, etc. Du coup, j’ai commencé à balancer mes propres morceaux sur Internet. »

Ça ne met pas trop de pression de passer des groupes à une carrière solo?

« Non, c’était même plutôt cool parce que ça commençait à devenir compliqué de jouer avec des groupes, j’avais perdu le plaisir simple de faire de la musique et j’avais l’impression d’être un peu bloqué. Du coup, c’était assez libérateur de commencer ce projet. »

Aujourd’hui, tu te considères plutôt comme musicien ou chanteur?

« Ça, c’est compliqué comme question. Je n’aime pas l’imagerie qu’il y a autour du chanteur. Je trouve qu’on les met trop souvent sur un piédestal alors que les musiciens ont tout autant d’importance. Et vu que je mets beaucoup plus d’énergie dans le fait de faire de la musique que dans le fait de chanter mes chansons, je crois que je me considère toujours comme musicien. »

Dans tes chansons, tu mélanges pas mal de styles: il y a de la trompette, du synthé, de la pop électro, de la musique du monde… Est-ce que ça traduit une volonté de ne pas être mis dans une case?

« Je pense que ça vient plutôt du fait que je suis un gros consommateur de musique, même un boulimique. J’écoute énormément de choses et je n’ai jamais écouté un style en particulier. J’écoute tout ce qui me parle donc je n’ai jamais priorisé une époque, un style musical ou même un pays. J’imagine que ça a influencé ma musique. Et puis, j’ai vraiment besoin de planter un décor très précis sur chaque histoire que je raconte et comme elles sont toutes très différentes, ça aurait été un peu réduire le champ des possibles que de me limiter à un genre de musique. »

Par contre, tu ne chantes qu’en français?

« J’ai toujours chanté en français. À l’époque où j’ai commencé à intégrer des groupes, les artistes qui se lançaient en français étaient soit sortis de télé-crochets, style Star Academy, soit c’étaient des chanteurs/chanteuses que nos parents écoutaient, ou alors, c’était de la soupe qui ne me plaisait pas du tout. Puis il y a des groupes comme La Femme, Bagarre… qui sont arrivés avec une musique en français qui est intelligente, construite et différente. Ça a ouvert beaucoup de portes. »

Du coup, tu arrives à t’exporter ailleurs qu’en France et en Belgique?

« Oui carrément! Je n’ai jamais eu un projet qui s’est autant exporté que celui-ci, alors que c’est mon premier projet en français. J’ai joué en Amérique du Sud, en Asie, ou même en Angleterre qui est un terrain généralement plutôt fermé pour les Français parce qu’ils se considèrent comme la superpuissance de la musique. Mais justement, le fait que j’arrive avec une proposition différente de ce qu’ils ont l’habitude de voir ça a permis un meilleur échange. »

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