Mélissa Da Costa: “Le challenge des femmes, c’est de trouver l’équilibre”
À 17 ans, Tony fuit son père et trouve refuge dans un cirque itinérant. Entre l’arène qui l’attire et la dureté d’un monde où chacun semble enfermé dans son rôle, il affronte peu à peu ses propres démons. Fauves, le dernier opus de Mélissa Da Costa, est un roman de tension brute. Elle nous en parle.
Impossible de passer à côté: Mélissa Da Costa fait partie des romancières les plus aimées des lectrices de Femmes d’aujourd’hui. Son nouveau roman, Fauves, était attendu comme un rendez-vous. Entre zones d’ombre et éclats de lumière, elle y tisse une histoire à la fois poignante. Nous l’avons rencontrée pour revenir sur ce livre qui s’annonce déjà comme un nouveau coup de cœur de 2026.
Lire aussi: 8 romans feel good pour s’endormir heureuse
5 questions à Mélissa Da Costa
Quelle a été la genèse de ce roman?
Ça faisait longtemps que je voulais écrire une histoire sur la violence et sur l’enfance dans une famille dysfonctionnelle très violente, pas forcément physique, mais une espèce de violence psychologique. Mais il n’y avait pas l’étincelle. C’est quand j’ai envisagé l’univers du cirque qu’elle s’est produite. Je voyais cette image du chapiteau vide, hors spectacle, sans les lumières, avec une espèce de pesanteur, de noirceur. Un clair-obscur, en fait. Le décor a vraiment nourri le roman.
Fauves est un roman de grande tension et de noirceur. Cette évolution plus rugueuse dans votre écriture est-elle volontaire?
Oui, c’est voulu, parce que c’est ce que j’aime lire. On retrouve cette tension qui monte: on ne sait pas où on va, mais on sent qu’on va vers la noirceur. C’est quelque chose que je prends beaucoup de plaisir à écrire, et je tends vers ça en ce moment. Il y a des périodes où on a envie de lumière, de douceur, et là je suis dans une phase où j’ai envie d’aller vers cette rugosité.
Au début de votre carrière, on vous a collé l’étiquette “feel-good”, que vous refusez. Comment définiriez-vous vos romans?
J’ai envie de montrer le couple, les histoires familiales, dans toute leur complexité et leur nuance, sans que forcément tout soit très beau.
Je pense que ce sont des tranches de vie. Des drames, avec toujours un petit aspect sociétal et social. Avec la volonté d’être au plus vrai, sans filtre. C’est en ça qu’on est très loin du feel-good. Non pas que tout soit absolument gris, mais il n’y a pas de volonté de lisser et de rendre tout très joli. J’ai envie de montrer le couple, les histoires familiales, dans toute leur complexité et leur nuance, sans que forcément tout soit très beau.
Où situez-vous Fauves dans l’évolution de votre œuvre, et que peut-on attendre pour la suite?
Dans Fauves, on va se rapprocher de la noirceur, de La Doublure. Et là, c’est très clivant: j’ai tout un pan de mon lectorat qui n’attend qu’une chose, c’est que j’y retourne, et une autre partie qui est plus dérangée par cette évolution. Le prochain roman est déjà prêt: on est peut-être dans un entre-deux, avec beaucoup d’emprise, de relations toxiques aussi.
Comment vous ressourcez-vous? Que signifie pour vous être une femme d’aujourd’hui?
Mon travail est une vraie bulle d’oxygène. Je me ressource à travers l’écriture, la lecture, des moments avec des amis. Avoir une vie en dehors de sa famille, c’est très important. Je me suis mise à la batterie aussi, ça m’apporte une autre énergie. Le challenge des femmes d’aujourd’hui, c’est de trouver un équilibre: s’épanouir dans le travail, acquérir l’indépendance, avoir une vie de couple épanouie, être des mamans encore meilleures, avoir des loisirs… On se met trop la pression. Il y a beaucoup d’injonctions, peut-être plus qu’hier.
Fauves, Melissa Da Costa, éd. Albin Michel
Vous aimerez aussi:
Recettes, mode, déco, sexo, astro: suivez nos actus sur Facebook et Instagram. En exclu: nos derniers articles via mail.