
Orgasme: 10 clés pour l’atteindre plus souvent
Si certaines femmes jouissent facilement, d’autres peinent à atteindre l’orgasme. Charlotte Leemans, sexologue et présidente de la Société des sexologues universitaires de Belgique (SSUB), nous guide sur ce terrain de jeu.
L’orgasme est en théorie à la portée de toutes. Dans la pratique, toutefois, c’est plus complexe. Heureusement, avec un peu d’éducation, de pratique, de bienveillance et quelques clés, la quête de l’orgasme peut aboutir, tout en permettant en chemin d’apprendre à se connaître et à s’aimer.
1. Mieux s’éduquer pour mieux jouir
Le plaisir féminin a longtemps été relégué au second plan. L’éducation sexuelle? Presque inexistante, boycottée ou pire, pleine de clichés. Pendant des décennies, on a prétendu que la femme devait jouir uniquement par pénétration. Merci Freud, merci le patriarcat… La santé sexuelle a longtemps été étudiée par des scientifiques masculins qui se sont dit: si l’homme jouit et éjacule grâce à la pénétration vaginale, la femme pénétrée doit d’office aimer ça aussi. Résultat: beaucoup trop de femmes pensent encore qu’elles sont “anormales” si elles ne jouissent pas ainsi. Pourtant, ce n’est ni une question de frigidité, ni de performance, mais bien de connaissance, d’apprentissage. Et ça, c’est libérateur!
2. Le clitoris, ce héros oublié
Même s’il existe mille manières de jouir, le clitoris est LE seul organe 100 % dédié au plaisir. Et pourtant, il reste encore méconnu, voire négligé pendant l’acte. “Si une femme utilise son clitoris et qu’elle le stimule de la bonne manière, elle a de grandes chances d’atteindre l’orgasme à chaque rapport”, explique Charlotte Leemans. Apprivoiser ce petit bijou, c’est apprendre à connaître son corps, à explorer ce qui procure du plaisir. Se masturber, expérimenter seule, c’est déjà une forme de pouvoir.
Si une femme utilise son clitoris et qu’elle le stimule de la bonne manière, elle a de grandes chances d’atteindre l’orgasme à chaque rapport.
Le clitoris et le pénis, ce sont exactement les mêmes organes. À la différence que l’un se voit bien… et l’autre beaucoup moins. Et que le gland du clitoris concentre 8.000 terminaisons nerveuses, contre environ 5.000 pour celui du pénis. Autrement dit, si l’on parle de “sexe fort”, le clitoris mérite clairement sa place sur le podium. Revers de la médaille: autant de sensibilité demande délicatesse et précision. Une stimulation trop brutale ou mal adaptée peut provoquer des douleurs (on parle alors de dyspareunie, cette douleur ressentie pendant ou après les rapports). Rappel essentiel d’éducation sexuelle: le clitoris existe, il est magique, et il ne sert qu’à une seule chose… vous faire jouir.
3. Bye la pénétration
Même si elle n’est pas à bannir, la pénétration n’est pas le passage obligé pour jouir. On peut prendre du plaisir sans jamais être pénétrée. De plus, si la pénétration est douloureuse, les femmes auront de facto moins de désir. Pourquoi s’entêter dans un scénario unique (souvent dicté par la pornographie et les “on-dit”) alors que tant d’autres chemins sont possibles? Stimulation du clitoris, baisers, caresses, frottements… Le sexe, ce n’est pas un mode d’emploi figé, c’est une exploration sensorielle à 2.
4. Chouchouter son couple
On ne va pas se mentir: au début d’une relation, où tout n’est que passion amoureuse, tout est plus facile. Le désir est là, l’excitation monte spontanément, sans se toucher même, les corps s’emballent rapidement. Puis parfois – voire souvent – la routine s’installe, les agendas se surchargent, le désir s’efface et le plaisir est relégué à l’arrière-plan. Ce n’est pas une fatalité. La qualité de la relation, l’écoute, l’estime de soi, le discours bienveillant de l’autre jouent un rôle-clé dans l’accès au plaisir. Et si les désirs sont déséquilibrés dans le couple? On ne force rien. On en parle. Et parfois, on consulte. Dans cette histoire, personne n’a raison, personne n’a tort. Et surtout, il n’existe pas de norme.
Toutefois, lorsqu’une disproportion d’envie apparaît, ça crée de la souffrance. Souvent les couples pensent que celui qui en veut le moins doit se forcer à vouloir plus, mais notre sexologue nous souffle à l’oreille que c’est bien mieux de faire l’inverse. Parce qu’un compromis mal vécu, ça donne souvent 2 frustrés.
5. La peau, terrain érotique géant
Notre peau est notre plus grand organe sexuel. Elle est remplie de milliers de terminaisons nerveuses prêtes à frissonner au moindre frôlement. Procurateur de plaisir jusqu’à éventuellement déclencher un orgasme. L’exercice du “Sensate focus” est parfait pour réactiver cette sensibilité et redonner du plaisir. Il consiste à redécouvrir le corps de l’autre en 4 étapes, sans pression de performance ni objectif de pénétration. À chaque stade, les partenaires doivent se rencontrer, en se mettant dans des situations pour redécouvrir leur corps. Au premier niveau par exemple, l’un est masseur, l’autre massé. Le premier déshabille d’abord l’autre, le lave sous la douche, le rince, puis l’essuie. Ensuite en sous-vêtement, il va masser son partenaire sur le ventre, de la tête au pied, et des pieds à la tête, sans toucher les zone génitales. Le tout dans le silence, pendant 20 minutes. Ils doivent ensuite se prendre dans les bras et échanger. L’un et l’autre vont s’exprimer sur les parties qu’ils ont aimé masser et celles qu’ils ont aimé qu’on leur masse. Aux 3 premiers niveaux, on ne peut pas faire l’amour à l’issue des séances. La pénétration n’arrive qu’au niveau 4.
6. Se libérer de la pression
Jouir demande du temps. Et surtout, un certain lâcher-prise. L’agenda chargé, le stress, les injonctions à “jouir comme tout le monde” sont les pires ennemis du plaisir. “Si on se répète en boucle: ‘Je dois jouir, les autres y arrivent, mon copain me dit qu’il a fait jouir toutes ses ex sauf moi’, le cerveau va se braquer”, explique Charlotte Leemans. Plus on va dans le sens de la contrainte, de l’injonction et l’obligation, moins on y arrivera. Notre imaginaire positif est vraiment une arme puissante pour atteindre l’orgasme. Bonne nouvelle: il suffit souvent de ralentir, de se reconnecter à soi, et de faire confiance à son corps. Oui, ça prend du temps. Mais c’est un joli chemin.
7. Le piège des écrans (et du porno)
Être collée à notre téléphone n’aide évidemment pas à être connectée à notre corps… et encore moins à celui de l’autre. L’hyperconnexion n’est clairement pas favorable à la relation sexuelle. Aujourd’hui, de nombreux jeunes consultent, car ils n’éprouvent plus de désir. En cause: une consommation excessive de porno, souvent dès l’adolescence. Ils ont commencé à se masturber à 12 ans, ils ont déjà tout vu et faire l’amour en missionnaire dans le noir à leur partenaire devient compliqué. Lorsque le corps réel devient moins excitant que l’écran, il faut repenser sa sexualité. Sans interdit, mais avec conscience.
8. Érotisme tous azimuts: lectures, sons, séries…
Et si on nourrissait notre désir autrement, en utilisant tous nos sens? BD érotiques, romans sensuels, podcasts suggestifs (sur les plates-formes Cox.com ou Box.com), séries sexy… Le plaisir, c’est aussi dans la tête que ça commence. Listez tout ce qui vous excite, vous stimule. Et utilisez-le comme carburant.
La série ‘Masters of Sex’ évoque des découvertes scientifiques majeures, l’évolution des mentalités sur le sexe et le rôle des genres.
La sexologue Charlotte Leemans recommande régulièrement à ses patients de regarder la série Masters of Sex (disponible sur Netflix), pour mieux appréhender le travail de Dr William Masters et Virginia Johnson (respectivement interprétés par Michael Sheen et Lizzy Caplan dans la série). Les 4 saisons retracent les travaux de ces 2 pionniers américains de la recherche sur la sexualité humaine. Ensemble, ils abordent la sexualité libérée des tabous moraux et religieux à une époque où parler d’orgasme ou de masturbation relevait du scandale. La série explore à la fois leurs découvertes scientifiques majeures, leur dynamique de couple complexe et l’évolution des mentalités sur le sexe et le rôle des genres.
9. Le yoga, meilleur ami de l’orgasme?
Nous reconnecter à notre corps, à notre respiration, à nos sensations… Le yoga, la méditation, le mouvement conscient permettent de mieux ressentir, de vivre pleinement l’instant, d’être à l’écoute de notre corps. C’est particulièrement précieux pour les femmes qui se sentent “coupées” de leur corps ou qui ont subi des injonctions. Et ça change tout dans cette quête orgasmique.
10. Et si on allait voir un sexologue?
Parler de sexualité, c’est encore tabou. Et consulter un sexologue, ça peut sembler impressionnant. Pourtant, c’est souvent libérateur. Attention cependant: en Belgique, le titre n’est pas reconnu, donc tout le monde peut s’autoproclamer sexologue, notamment des personnes malintentionnées s’adressant à des patients vulnérables, créant ainsi potentiellement de graves traumas.
Pour trouver un professionnel de confiance et être remboursée par votre mutuelle, rendez-vous sur le site de la SSUB, qui recense les sexologues universitaires formés et certifiés.
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