Tampons hygiéniques: pourquoi sont-ils dangereux?

Tampons hygiéniques: pourquoi sont-ils dangereux?
© Getty Images

Diffusé sur France 5 ce 25 avril 2017, le documentaire « Tampon, notre ennemi intime » a créé un ras-de-marée auprès des téléspectateurs.

Si les tampons hygiéniques n’avaient plus bonne presse depuis quelques années, le reportage d’Audrey Gloaguen et de Victoria Kopiloff a jeté un pavé de plus dans la mare. Mais que reproche-t-on au dispositif périodique, jadis vu uniquement comme un objet d’émancipation ?

Tampons et syndrome du choc toxique

Le documentaire s’ouvre sur les témoignages de Margaux et Justine, deux jeunes femmes ayant subi un syndrome du choc toxique (SCT) à cause d’un tampon hygiénique. Le SCT est une maladie extrêmement rare, mais très grave car potentiellement mortelle, qui peut apparaître chez les hommes, les femmes et les enfants. Elle est causée par des toxines qui libèrent les souches de la bactérie Staphylococcus aureus autrement appelée staphylocoque doré. Cette bactérie peut être présente sur la peau, à l’intérieur du nez ou du vagin. Les personnes les plus touchées sont les femmes de moins de 30 ans. Notez qu’un SCT peut également se produire avec un autre dispositif intra-vaginal tel qu’un tampon bio, une coupe menstruelle, un système contraceptif (éponge contraceptive ou diaphragme) ou même sans rien de tout cela. Les symptômes s’apparentent à ceux d’une grippe: forte fièvre, vomissements, diarrhée, étourdissements, éruptions cutanées. Dans ces cas-là, il faut consulter immédiatement un médecin ou aller à l’hôpital.

Comment se prémunir du syndrome du choc toxique ?

Le staphylocoque doré utilisant le fluide menstruel bloqué dans le vagin comme milieu de culture, il est primordial de changer régulièrement de protection. Suite aux 900 décès qu’ont engendrés les tampons Rely dans les années 1980, les fabricants sont obligés d’indiquer que plus un dispositif est absorbant, plus le risque de SCT est élevé. Ils ont alors détourné cette contrainte en représentant le pouvoir d’absorption par des gouttes. Or, du fait de cette représentation, « les femmes croient que plus leurs règles sont abondantes, plus elles doivent choisir des tampons absorbants symbolisés par de nombreuses gouttes », explique-t-on dans le documentaire. C’est une erreur. Il est capital d’utiliser un tampon à absorption minimale et de le changer régulièrement. Il est également recommandé de vider régulièrement sa coupe menstruelle et de respecter toutes les recommandations d’hygiène. Dans le doute, tournez-vous vers les serviettes hygiéniques bio ou lavables.

Tampons et substances toxiques

La composition exacte des tampons est à ce jour inconnue. Une pétition intitulée #‎BonjourTampaxOùEstLaCompositionDeVosTampons lancée par Mélanie Doerflinger atteindra bientôt les 300.000 signatures requises. En attendant, si l’on se fie aux chercheurs, la plupart des tampons seraient composés de cellulose de bois, blanchie au chlore pour rappeler la netteté du coton. Ce procédé laisserait des traces de dioxine, une substance chimique parmi les 10 plus nocives selon l’OMS, dans les protections périodiques. Et même si les quantités sont faible, il faut tenir compte qu’en une vie, une femme utiliserait environ 11.000 tampons. Selon le  toxicologue Dominique Lison, la dioxine pourrait « être à l’origine d’une pathologie très douloureuse, responsable aussi d’infertilité : l’endométriose ». Une hypothèse corroborée par d’autres études internationales.

Du glyphosate dans nos tampons?

En outre, d’autres substances toxiques ont été retrouvées par le chimiste Frédéric Saltron dans des tampons des six marques les plus utilisées, dont des phtalates, des perturbateurs endocriniens. D’autres études évoquent même la présence de glyphosate, le désherbant de Monsanto répondant au nom de Roundup.

Comment éviter les substances chimiques dans les protections hygiéniques?

Du coté des protections périodiques jetables, il est préférable de se tourner vers des marques certifiées bio par des organismes reconnus, comme la SOIL Association et le groupe Global Organic Textile Standard (GOTS). Natracare ou Yoni commercialisent par exemple des tampons, serviettes et protège-slips en coton biologique. Du côté du zéro-déchet, on trouve à la fois les coupes menstruelles en silicone, TPE ou latex de qualité médicale, qui sont écologiques, économiques et plus respectueuses de la flore vaginale, mais aussi les serviettes lavables. Veillez à les choisir en coton bio, certifié GOTS ou Oekotex, car le tissu peut également renfermer des substances nocives.

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