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Les cicatrices en 10 questions

Opérations, accidents ou maladies laissent parfois de vilaines marques sur la peau. Une bonne cicatrisation dépend souvent de l’âge, de l’origine de la plaie, de la génétique et même de l’alimentation… Mais des solutions existent!

1. Qu’est-ce que la cicatrisation?

La peau isole et protège l’organisme contre le milieu extérieur. Lorsqu’une plaie survient à la suite d’un traumatisme, d’une maladie ou d’une intervention chirurgicale, le corps enclenche naturellement un phénomène biologique: la cicatrisation. “Après une blessure, les vaisseaux sanguins vont se contracter, nous explique le Pr Michel de la Brassinne, dermatologue au CHU de Liège. Les plaquettes (éléments du sang participant à la coagulation) tentent alors de ‘boucher le trou’. Cela se joue en quelques minutes. Puis, durant plusieurs jours, des globules blancs sont attirés sur place, de nouveaux vaisseaux sont recréés et de nouvelles fibres se forment dans le derme: c’est la phase inflammatoire. Enfin, il va y avoir un remaniement du derme qui se compte en mois, voire en années: la création de nouveaux tissus conjonctifs vient équilibrer la destruction des anciens tissus. De cet équilibre, dépend une bonne cicatrisation”.

2. Comment favoriser une bonne cicatrisation?

Le plus important est de nettoyer la peau à l’eau et au savon et d’enlever les éventuels débris (cailloux, sable, poussière, etc.) qui se trouveraient au niveau de la plaie si l’on est dans le cas d’une blessure. Il est également conseillé de désinfecter la zone avec un liquide antiseptique. Pour les plaies simples, pas nécessaire d’appliquer un pansement! “La blessure peut rester à l’air libre”, rappelle le Pr Michel de la Brassinne. Lorsqu’une croûte se forme, évitez de gratter: ce simple geste peut altérer le processus de cicatrisation. La croûte tombera quand la peau sera prête.

3. Cicatrise-t-on tous de la même manière?

La couleur de notre peau influence notre manière de cicatriser. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte: l’âge, par exemple. Les enfants cicatrisent facilement tandis que les ados ont tendance à “trop” cicatriser (cicatrices hypertrophiques), sans doute en raison de facteurs hormonaux. Les personnes âgées auront au contraire tendance à cicatriser “trop peu” (cicatrices atrophiques). Par ailleurs, certaines maladies métaboliques comme le diabète nuisent à la cicatrisation, notamment parce qu’elles induisent une moins bonne circulation sanguine.

4. Qu’est-ce qu’une chéloïde?

Une cicatrice chéloïde est une cicatrice hypertrophique, inflammatoire, dure et boursouflée, causée par une surproduction de collagène lors de la réparation du tissu conjonctif: une forme de supercicatrisation inesthétique, parfois douloureuse ou causant des démangeaisons. “Les cicatrices chéloïdes sont surtout présentes chez les personnes à peau noire et, dans une moindre mesure, chez les personnes d’origine asiatique”, explique le spécialiste. Ces cicatrices peuvent parfois être traitées avec des crèmes à base de corticoïdes.

5. Quelles zones du corps cicatrisent moins bien?

Le thorax, le dos et les articulations (genoux, coudes, etc.) car la peau y est plus étirée (en particulier lors des mouvements) que sur le reste du corps. Par ailleurs, moins la plaie est nette, plus elle cicatrisera difficilement. Une blessure provoquée par une chute ou un accident laissera souvent plus de traces qu’une coupure au couteau ou une petite incision chirurgicale.

6. L’alimentation influence-t-elle le processus de cicatrisation?

“La vitamine C, la vitamine A, le zinc et le calcium sont des éléments essentiels dans le processus de cicatrisation”, explique le Pr Michel de la Brassinne. Une éventuelle carence peut retarder la cicatrisation. Au quotidien, une alimentation équilibrée contribue à une bonne cicatrisation, qu’il s’agisse d’une égratignure ou d’une plaie complexe.

7. Peut-on atténuer des cicatrices disgracieuses?

Dans la plupart des cas, oui! “Énormément de progrès ont été faits, tant dans le domaine de la microchirurgie que du laser, qui sont parfois associés”, commente le spécialiste. Différents lasers sont utilisés en dermatologie, en fonction de l’objectif à atteindre. Ces traitements nécessitent en général plusieurs séances et peuvent, dans un premier temps, laisser des traces visibles sur la peau et s’accompagner de quelques soins, généralement mineurs.

8. La correction des cicatrices est-elle remboursée?

Lorsqu’une cicatrice traumatique, infectieuse ou chirurgicale doit être reprise, cette intervention relève de la chirurgie correctrice: elle est remboursée. En revanche, lorsqu’il s’agit d’atténuer des cicatrices d’acné par exemple, l’intervention est considérée comme esthétique et n’est donc pas remboursée. Selon le type et l’étendue de la correction à effectuer, le coût est très variable. ‘Il est important de bien s’informer, tant sur le coût total que sur les risques et les bénéfices qu’on peut attendre de l’intervention’, insiste le Pr Michel de la Brassinne. En effet, si les techniques actuelles permettent d’atténuer les cicatrices, le résultat n’est pas toujours parfait. Il est important de peser le pour et le contre sans nourrir d’attentes démesurées.

9. Se faire enlever un point de beauté laisse-t-il une cicatrice?

“Tout dépend du type de lésion: un mélanome est une tumeur maligne grave qui nécessite une excision immédiate, un nævus en voie de transformation doit aussi être excisé rapidement. Les points de beauté ne sont enlevés que pour des raisons esthétiques. Quant aux cicatrices, elles dépendent une fois encore du type de peau, de la localisation et de la dimension de la lésion”. Dans certains cas, il est parfois conseillé après l’intervention de placer un pansement siliconé auto-adhésif qui permet d’assouplir la cicatrisation et de prévenir partiellement la formation de chéloïde. En cas d’exposition au soleil, la cicatrice doit être protégée au moyen d’un écran total: rouge, elle risque de se pigmenter sous l’effet des UV, un phénomène qui n’est réversible qu’après plusieurs années.

10. Faut-il craindre la cicatrice après une césarienne?

La césarienne laisse encore une cicatrice horizontale, de 10 à 15 centimètres au-dessus du pubis. “Les techniques se sont améliorées, et de manière générale, les chirurgiens sont plus sensibilisés à la question des traces cutanées laissées par les interventions. Le temps où on laissait un jeune assistant inexpérimenté suturer la peau est derrière nous”, commente le Pr Michel de la Brassinne. Après l’accouchement, le massage de la cicatrice contribue à assouplir la peau et à éviter que la cicatrice ne durcisse. Dans les premiers mois, la peau autour de la cicatrice est souvent un peu gonflée. Après un an ou deux, elle se résorbe totalement pour ne plus laisser qu’un simple trait plus clair, parfois caché par la toison pubienne.

Texte: Julie Luong

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