Témoignage: « Je suis fatiguée de toujours devoir être forte »

Témoignage: "Je suis fatiguée de toujours devoir être forte"
Unsplash/Horváth Attila

Ne vous êtes vous jamais sentie épuisée de devoir faire semblant d’être forte? De répondre « oui ça va » alors que rien ne va, de soutenir les autres alors que vous auriez vous-même besoin d’une épaule sur laquelle vous reposer? Alors vous allez certainement vous reconnaître dans le texte ci-dessous.

Dans son texte, repéré sur le forum Elephant Journal, Kate Rose explique qu’elle est épuisée de prétendre que tout va bien et qu’elle est capable de tout. Après plusieurs années passées à s’auto-convaincre qu’elle peut tout faire toute seule, elle admet enfin avoir besoin d’être soutenue, et assure qu’il n’y a aucun mal à cela. Si vous aussi, vous êtes parfois fatiguée de toujours faire bonne figure, ces mots vont vous parler.

« Je suis épuisée d’être forte »

« Je suis fatiguée, mais le terme est encore trop ordinaire, trop superficiel pour décrire la lassitude qui habite mon corps. Je suis épuisée d’être forte, de faire semblant que tout va pour le mieux et d’être là pour tout le monde. Je n’ai jamais fait quoi que ce soit de particulier pour devenir ce genre de femme mais il me semble que c’est dû à ce choix amer, résultant de mes idéaux, de ne jamais laisser tomber personne. Je me retrouve perdue et usée, me demandant si un jour quelqu’un fera pour moi ce que j’ai fait pour les autres.

Peut-être que c’est arrivé par erreur, parce que l’ironie, c’est que les autres me voient comme quelqu’un de fort. Ils me voient comme quelqu’un de compétent et capable de tout, mais au fond, jamais je ne me qualifierais ainsi parce que – alors qu’ils me croient sûre de moi et stable – à l’intérieur je tremble. J’ai essayé, vraiment. Chaque matin, malgré mon épuisement, j’essaie encore. Même quand mes épaules sont lourdes et que mes yeux s’embuent de larmes parce que je ressens les choses trop profondément, je prends une grande inspiration et me dis que tout ira bien – que j’y croie ou non.

Une femme forte et indépendante

Je suppose que j’ai essayé d’être forte bien avant de savoir comment étaient appelées les femmes comme moi ou que nous formions une catégorie à part: les femmes fortes, indépendantes et auto-suffisantes. Ça sonne bien, n’est-ce pas? Et je suppose que quand on nous assure que c’est ce que nous devons devenir, il n’est pas surprenant qu’en conséquence, nous faisions preuve de ces qualités.

Le problème avec le fait de personnifier une définition extrêmement simplifiée de la femme? C’est que le monde y croit réellement. Je n’ai jamais rencontré une seule de ces déesses qui, bien qu’elles se définiraient ainsi, ne rêvent pas de soutien, de conseils ou simplement d’avoir des bras dans lesquels se reposer à la fin de la journée. D’avoir quelqu’un sur qui elles puissent compter tout en sachant qu’elles n’ont pas à être autre chose que cette personne magnifique qu’elles sont vraiment.

« Il n’y a aucune honte à avoir besoin de quelqu’un »

La vérité, c’est que nous pourrions nous asseoir entre femmes, avec nos verres de Pinot, disant que nous n’avons pas besoin d’un homme alors qu’en fait, nous ne dirions jamais cela si nous n’avions pas besoin de nous en convaincre nous-mêmes. La leçon que nous pouvons tous retenir est la suivante: il n’y a aucune honte à avoir besoin de quelqu’un. Il n’y a aucun mal à dire: « Je ne me vois pas passer ma vie seule ». Il est tout à fait normal de penser que deux cœurs sont plus forts qu’un seul.

Je suis tellement fatiguée. Fatiguée de vivre selon cet idéal. Plus que cela, je suis juste fatiguée d’être forte. Je rêve que l’on prenne soin de moi, pas financièrement, ce genre de choses ne m’a jamais fait rêver, mais j’ai envie d’un bras fort autour de mes épaules, de quelqu’un qui me retienne quelle que soit la tempête que j’aurais eu à affronter au cours de la journée. Je ne veux plus faire semblant. Je ne veux plus faire semblant d’être aussi formidable.

Une allégorie du féminisme

Je ne veux simplement plus être forte alors qu’en réalité j’ai l’impression de ne plus être moi-même et d’être simplement devenue une allégorie du féminisme. Le but n’est pas de minimiser l’importance de ce que nous sommes et de ce que méritent les femmes mais on devrait songer à embrasser ce que nous sommes vraiment, notre nature réelle. On devrait songer à se radoucir.

Ce sont des mots que j’ai fuis pendant trop longtemps parce qu’ils semblaient avoir une connotation négative. J’étais supposée devenir une cheffe de file et briser les barrières invisibles. Je n’étais pas censée me satisfaire d’une vie où j’aspire juste à « aimer et être aimée ». J’ai donc noyé ma propre tristesse avec succès, en prétendant être forte. Tout le monde a fini par me croire. Ensuite, j’ai pris conscience que je ne pourrais que faire semblant et cela m’a brisé le cœur.

« Je ne peux plus faire semblant « 

J’abandonne. Pas parce quaue j’ai échoué mais parce que j’ai appris. Je ne veux plus être cette femme infaillible qui semble capable de tout. Que ce soit au travail, en famille, auprès de mes amis ou même dans mon rôle de mère, je ne peux plus continuer. Je ne peux plus faire semblant d’avoir non seulement cette capacité à tout faire, mais en plus de le faire avec un sourire sur mon visage. Je ne peux plus faire semblant de n’avoir besoin de personne pour m’aider – alors que c’est tout ce que je veux.

La vie ne consiste pas à faire semblant mais à se permettre d’accepter ce dont nous avons besoin: le but n’est pas d’en souffrir. Il s’agit de ressentir plutôt que de penser. Il s’agit simplement de se laisser aller aux passions qui habitent notre cœur et à la douceur des bras qui nous font nous sentir comme à la maison. Peut-être que plus le temps passe, moins j’ai peur de ne plus être celle que les autres veulent voir ou peut-être qu’en réalité, je n’ai jamais été si douée pour ça. Mais il semble que j’en sois arrivée à l’épuisement à force de faire semblant d’être forte.

Ce n’est pas que je sois faible mais parfois, ce sont les plus forts d’entre nous qui finissent par avoir le plus besoin de quelqu’un. Je me rends compte de cela maintenant. N’avons-nous pas tous besoin de quelqu’un qui puisse nous embrasser là où ça fait mal? De quelqu’un qui nous rappelle que nous n’avons pas vraiment besoin d’être si fortes tout le temps. »

Auteur: Kate Rose sur elephantjournal.com.

D’autres textes poignants:

Pour être au courant de toutes nos astuces modebeautéjardin, maisonparentalitécuisine et l’actualité, suivez-nous sur notre page Facebook, notre compte Instagram et Pinterest, et inscrivez-vous à notre newsletter.

Continuez votre lecture ci-dessous, après la publicité

Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)