Pourquoi vous n’arrivez plus à faire de grasses matinées?

Pourquoi vous n'arrivez plus à faire de grasses matinées?
Unsplash © Jilbert Ebrahimi

Chaque week-end ou jour de congé, c’est la même rengaine: impossible pour vous de prolonger votre sommeil! Pas d’inquiétude, cela est normal. À partir d’un certain âge, les heures de sommeil diminuent car les besoins sont moins importants que durant l’enfance.

Alors que vous rêvez d’une grasse matinée, suivie d’une flânerie au lit, on est dimanche et votre réveil indique 8h. C’est raté pour cette fois, et peut-être aussi pour les suivantes. En effet, à l’âge adulte, votre chronobiologie (horloge interne) réduit naturellement votre cycle de sommeil. “D’ailleurs, les personnes âgées dorment entre quatre et cinq heures par nuit et font des siestes la journée. On ne voit jamais de grasse matinée dans les maisons de repos”, précise le Dr Matthieu Hein, psychiatre spécialisé dans le sommeil, à l’hôpital Erasme.

Comment fonctionne le sommeil selon l’âge?

C’est naturel, plus on vieillit, plus la durée du sommeil diminue. Cela est liée à l’évolution naturelle de l’être humain et c’est irréversible. “Jusqu’à l’âge de 25 ans, notre cerveau continue de mûrir. Et vers l’âge de 25-30 ans, les adultes commencent à perdre leur sommeil profond, ce sommeil qui permet de fixer les choses. C’est pourquoi, les enfants et adolescents ont des besoins de sommeil très importants. Les nouveaux-nés dorment d’ailleurs jusqu’à 16h par jour, et les enfants ont besoin de 10h à 12h de sommeil”, avance le Dr Matthieu Hein. Ce sont des âges où le cerveau est tout le temps stimulé et dans une période d’apprentissage. “Le sommeil profond permet d’ancrer tous les savoirs. À l’âge adulte, le cerveau a fini de maturer. Un adulte a fini d’intégrer des apprentissages et n’a donc plus besoin d’autant d’heures de sommeil pour fixer les choses”. C’est pour cette raison que vers 40-50 ans, le sommeil profond diminue, ce qui entraîne moins d’heures de sommeil.

Il est également intéressant de préciser que la période de l’adolescence est un peu particulière. En effet, le cerveau a besoin de repos pour emmagasiner les choses, mais les grasses matinées de ces futurs adultes ne sont pas toujours dues à ce mécanisme. “Les adolescents sont dans une période de transition où beaucoup de choses changent d’un point de vue cérébral. Ils ont aussi tendance à vouloir devenir des adultes et à les imiter. Ils vont dormir plus tard (trop tard) la semaine, et doivent se lever tôt pour aller à l’école. Ils récupèrent donc leur ‘dette’ de sommeil de la semaine en faisant des grasses matinées le week-end”, détaille le psychiatre spécialiste du sommeil. Mais ces heures de sommeil en plus ne permettent jamais de rattraper les heures perdues la semaine. “Cette technique n’est pas optimale”.

Petit dormeur ou gros dormeur?

Au-delà de l’âge adulte, le fait d’arriver à dormir tard ou non, dépend également de la chronobiologie d’une personne. “Il y a des adultes qui se couchent tard, et donc qui naturellement se réveillent plus tard le matin et inversement”. Il y a aussi ce qu’on appelle les gros dormeurs. Ces personnes, à l’âge adulte, peuvent encore dormir 9, 10, et même jusqu’à 11 heures. À côté, il y a des petits dormeurs qui n’ont besoin que de 4 ou 5 heures pour récupérer. “Tout cela est génétique. Mais la moyenne se situe entre 7 et 8 heures de sommeil pour un adulte. Finalement, chacun sait, en fonction de son corps et son état de fatigue ce dont il a besoin”.

La vie sociale influence le sommeil

Et puis il y a aussi toutes les contraintes sociales: se lever tôt pour aller travailler, l’arrivée d’enfant(s), l’horaire biologique… qui influencent le sommeil d’une personne. “Un adulte s’adapte à toutes ces variantes et son rythme de sommeil s’en imprègne”. Une routine se met en place la semaine, le réveil sonne à 7h30 le week-end et l’horloge interne fera en sorte que l’adulte se réveille à la même heure. “Alors que les enfants et les adolescents arrivent à faire la différence”, ajoute le Dr Matthieu Hein.

Petit coup de fatigue, que faire?

Et si un petit coup de fatigue se fait sentir durant la journée? “Une petite sieste est envisageable, mais pas plus de 20 minutes, c’est le temps maximum qu’il faut pour récupérer. Des siestes plus longues vous plongent dans un sommeil plus profond et elles vont piocher dans le sommeil de nuit”. Même si les grasses matinées ne sont plus légion chez les adultes, un sommeil efficace sera bien assez. “Le tout est d’écouter son corps et si la fatigue vous guette d’aller dormir un peu plus tôt. Si une fatigue latente vous gagne, que vous dormez mal et que cela a des répercussions sur vos journées, et ce durant plus d’un mois, des thérapies existent. On n’est pas condamnés à mal dormir et les thérapies ne demandent pas toujours des traitements”, conclut Matthieu Hein, psychiatre spécialisé en sommeil.

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