Des soirées interdites aux hommes en Belgique? Le nouveau concept qui séduit
Sortir avec la garantie de ne pas rentrer tard, lâcher prise en laissant partenaire et enfants à la maison, mais surtout danser entre filles sans peur d’être jugées. Voilà, en substance, le concept de ces nouvelles soirées dédiées aux femmes, en plein boom.
Tout droit venu d’Allemagne, il a ensuite pris ses quartiers à Paris avant de débarquer chez nous. Le concept s’appelle Mamagehttanzen. Soit littéralement: Maman va danser. Interdites aux hommes, ces soirées dansantes d’un nouveau type ont pour objectif de permettre aux femmes d’oublier, l’espace de quelques heures, la pression liée au travail et surtout aux tâches qui leur incombent à la maison.
En boîte de nuit, le mardi
“Quand j’ai entendu parler de ces soirées par le biais des réseaux sociaux, j’ai tout de suite été séduite”, nous confie Élodie, 41 ans, fondatrice du Booma Club (autrefois appelé Mama Club), l’équivalent bruxellois du concept germanique. Début 2025, encouragée par une amie, cette maman de 2 petits garçons a décidé de se lancer dans l’organisation de soirées girls only. L’objectif? Les programmer assez tôt pour permettre aux participantes d’être au lit avant minuit. “D’emblée, je me suis sentie portée par l’énergie qui se dégageait de la soirée. Mais aussi par les commentaires des femmes à l’issue de la 1re édition. J’ai eu l’impression de contribuer à créer du lien entre des personnes qui, quelques minutes auparavant, ne se connaissaient pas du tout.”
2 mamans liégeoises, Amandine, 38 ans, et Stéphanie, 39 ans, ont vécu la même expérience quand elles ont organisé la 1re édition des Soirées Mum. “On sous-estime souvent la charge de travail qui incombe aux femmes qui doivent combiner boulot, vie de couple, éducation des enfants…”, explique Amandine. “À l’issue de notre 1re soirée, nous avons interrogé 65 participantes sur leur ressenti. 60% ont répondu qu’en se réveillant le jour suivant, elles s’étaient senties plus zen ou carrément euphoriques.”
“Il est souvent difficile, quand on est maman, d’aligner son agenda sur celui de nos copines, tout aussi débordées que nous. Ce nouveau format de soirée – organisé le mardi dans le cas du concept liégeois – permet de rassembler, en un seul soir, plus de 100 femmes qui, généralement, ne s’autorisent pas ce type de sorties”, lance Amandine. “Et puis, il est toujours plus facile de se lâcher sur une piste de danse quand aucun homme ne rode dans les parages”, complète Stéphanie.
Vigilance zéro, sentiment de sécurité
“En créant ces rendez-vous, j’ai eu envie que les femmes se sentent aussi à l’aise que lorsqu’elles sortaient pendant leurs études. C’est agréable de pouvoir laisser traîner son verre sur une table sans craindre d’être droguée. Je ne pense pas que le sentiment de sécurité soit la raison numéro un qui explique le succès de nos soirées, mais ça y contribue. Les vigiles qui se trouvent à l’extérieur sont juste là pour qu’aucun homme ne s’invite dans notre bulle”, précise Élodie.
Pour que la sauce prenne, l’organisatrice de Booma Club ne laisse rien au hasard. “La DJ est une femme et les chansons qui passent sont des tubes sur lesquels on peut facilement danser et chanter. J’encourage aussi les participantes à arriver entre 19h30 et 20h30. Il faut que l’ambiance soit au top dès les premières minutes.”
On parle toujours de la maternité en positif, alors que la pression sur nous est énorme.
Même son de cloche du côté de Liège où les participantes à la Soirée Mum se sont ruées vers le bar dès leur arrivée dans le club. Preuve qu’elles ne voulaient pas perdre une seconde de fun. À Bruxelles, Élodie propose à certaines participantes de se joindre à l’organisation: “Les créatrices et les entrepreneuses peuvent proposer leurs bijoux ou des chocolats artisanaux pendant la soirée. Dernièrement, une fille a même improvisé un show en patins à roulettes!”
Inclusivité maxi
“Je ne m’attendais pas à ce que le concept attire des femmes très jeunes, y compris celles qui ne sont pas mamans, précise Élodie. Beaucoup de participantes apprécient le fait de pouvoir s’amuser sans rentrer à 3h du matin. De manière générale, j’accorde une grande importance au fait que tout le monde se sente bien sur la piste. Ici, aucune femme n’est jugée sur base de ce qu’elle porte ou de comment elle danse. J’ai d’ailleurs été surprise de voir que la seule critique émanant de certaines participantes concernait le photographe. J’avais choisi un homme, plutôt qu’une femme. Les participantes m’ont confié s’être senties mal à l’aise d’être observées par un homme alors que l’assemblée était 100% féminine.”
Amandine et Stéphanie ont remarqué que cette absence de pression a encouragé certaines femmes à sortir en jeans, t-shirt et sans maquillage. Et là encore, sans craindre le regard des autres femmes, y compris de celles qui, au contraire, avaient sorti le grand jeu.
S’amuser sans se prendre la tête
Le meilleur souvenir d’Élodie: “Lors de notre soirée fête des Mères en mai dernier, une maman est venue danser avec sa fille victime d’un handicap. Sortir en boîte, c’était son rêve, mais sa maman n’avait pas encore trouvé de lieu adapté. Quand j’ai vu cette jeune fille de 19 ans atteinte de Trisomie 21 s’amuser sur la piste de danse, mais aussi l’émotion de sa mère, j’ai eu l’impression d’avoir accompli quelque chose de magique.”
Je suis étonnée de voir que le concept attire des femmes de tout âge, aussi sans enfant à la maison.
D’autres femmes n’hésitent pas à venir seules. C’est le cas de Julie, 45 ans, maman de 2 filles de 16 et 11 ans. “Des copines qui vivent à Berlin m’avaient parlé du concept et j’avais hâte d’essayer moi-même. Dès que j’ai annoncé sur les réseaux que je m’étais inscrite, une autre participante m’a contactée. Elle y allait avec une bande de copines et m’a proposé me joindre à elles. Très vite, on s’est liées d’amitié. Après la soirée, l’une d’elles m’a recontactée dans le cadre d’un projet professionnel. Et je suis allée boire un café avec une autre. Je me suis tellement bien amusée que j’ai remis ça à 2 reprises: avec ma sœur et une copine.”
“J’ai même rencontré des célibataires, avec et sans enfants, poursuit Julie. Preuve que l’idée de ces soirées, c’est de s’amuser sans se prendre la tête. C’est un moment de déconnexion qui permet de sortir d’un cadre établi. Le succès du concept réside évidemment dans la personnalité des participantes. Mais aussi dans leur désir de ne penser à rien d’autre qu’à elles pendant 4 heures. À 23h30, j’étais dans mon lit, ravie de ma soirée et nettement plus boostée que si j’avais regardé une série sur Netflix.”
En pratique
À Liège, Amandine et Stéphanie annoncent la programmation des soirées MUM sur Instagram et Facebook.
À Bruxelles, les soirées Booma Club ont lieu tous les 15 jours dans différents clubs de la capitale. Prochain rendez-vous: le 23 novembre à la Tricoterie à Saint-Gilles. boomaclub.com
À Anvers, de nouvelles soirées Booma Club viennent d’être lancées! boomaclub.com
Texte Marie Honnay
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