Légumes oubliés: visite chez deux semenciers

Légumes oubliés: visite chez deux semenciers
Benoît Huc

L’un est un potager de la biodiversité, l’autre un semencier artisanal. Les Jardins de Pomone à Bruxelles et Semailles, un semencier artisanal namurois, partagent leurs graines pour sauver les légumes oubliés. 

Les Jardins de Pomone et Semailles cultivent des variétés de plantes comestibles introuvables chez les semenciers industriels. Leurs légumes ont des saveurs totalement uniques, parfois presque perdues. Les chefs des plus grands établissements gastronomiques ne s’y trompent pas: ils fréquentent régulièrement les potagers artisanaux à la recherche de produits dont les qualités gustatives (et parfois esthétiques) épateront leur clientèle.

Les jardins de Pomone

À Bruxelles, José Veys et Anne Bortels ont fondé l’association Les Jardins de Pomone dont l’objectif est de défendre la diversité biologique et gustative des plantes de nos potagers. Ils organisent très régulièrement des cours d’éco-jardinage toujours en rapport avec la saison en cours. Certains de leurs ateliers enseignent aussi l’art de cuisiner les légumes de variétés dites anciennes afin d’en sublimer les saveurs. « Rendez-vous compte qu’en un petit siècle seulement, 75% des variétés comestibles ont irrémédiablement disparu…. C’est une perte inestimable pour nos patrimoines biologique et gastronomique. »

Haro sur les semences industrielles « F1 »

La plupart des semences de légumes vendues dans le commerce concernent des variétés hybrides F1. On dit que ces variétés ne sont pas « fixées », c’est-à-dire que leurs graines ne donneront parfois pas de légumes du tout ou donneront des légumes aux caractéristiques très aléatoires et pas souvent intéressantes. Un jardinier qui cultive des variétés hybrides F1 est donc condamné à racheter chaque année de nouvelles graines aux semenciers industriels pour être certain de ce qu’il cultive.

« Depuis les années 60, on produit des semences par hybridation forcée réalisée en laboratoire. Ce sont les fameuses graines ‘hybrides F1’. C’est ainsi que de nombreuses variétés dites anciennes n’ont plus été semées par personne et ont donc disparu en emportant leurs saveurs particulières »

Sauver les variétés anciennes

Les Jardins de Pomone veulent préserver ce qu’il est encore possible de préserver. L’association, qui possède un stock de graines de 2500 variétés anciennes de plantes comestibles, les distribue parcimonieusement à ses membres. J. Veys et A. Bortels expliquent: « Il n’est pas question de fournir de grosses quantités de graines. Nous ne sommes pas semenciers. Notre objectif est qu’au départ de quelques graines reçues, nos 7000 membres puissent produire leurs propres semences, qu’ils en ressèment et en échangent pour assurer la pérennité des variétés. Nous orientons les personnes qui souhaitent plus que quelques graines vers Semailles, un semencier artisanal namurois qui produit des graines de variétés anciennes. »

José Veys (Les jardins de Pomone) récolte des graines de salsifis à feuilles de poireaux.

Semailles, un semencier artisanal namurois

Semailles propose des semences de plus de 500 variétés anciennes de légumes. Toutes les graines peuvent donner des légumes qui produiront eux-mêmes des semences utilisables pour les prochains semis, ce qui n’est pas le cas des graines engendrées par les variétés hybrides F1. « Nous sommes des semenciers artisanaux », précise Catherine Andrianne. « Nous ne fournissons aux jardiniers que des semences de variétés anciennes qu’ils peuvent reproduire eux-mêmes. Certains jardiniers nous achètent une seule fois des graines d’une variété puis réalisent leur propre production de semences. Mais ils ont toujours la possibilité de revenir vers nous si l’une ou l’autre année leurs graines commençaient à ne plus donner exactement le légume souhaité. Il faut savoir qu’il y a des graines moins faciles à produire que d’autres. »

Texte: Benoît Huc

Plus d’articles jardin

Pour être au courant de toutes nos astuces modebeautéjardinmaisonparentalitécuisine et l’actualité, suivez-nous sur notre page Facebook, notre compte Instagram et Pinterest, et inscrivez-vous à notre newsletter.

 

Continuez votre lecture ci-dessous, après la publicité

Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)