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© Getty Images

Témoignage: « Je suis devenue amie avec la maîtresse de mon compagnon »

Par Tatiana Czerepaniak

Tisser des liens d’amitié avec la maîtresse de son homme… Impossible selon vous? C’est pourtant ce qui est arrivé à Marion. Elle nous explique comment elle est devenue amie avec la femme qui fut l’aventure extra-conjugale de son partenaire. Et ce que ça lui a apporté.

L’histoire de vie de Marion* est somme toute assez banale: un amour de jeunesse qui se solde par un engagement et un enfant, de grands moments de bonheur mais aussi, avec le temps, des problèmes de couple de plus en plus importants. Puis la découverte, un petit matin d’hiver, que celui qui partage sa vie entretient une liaison. Mais contrairement à beaucoup d’autres, Marion n’a pas pu détester la maîtresse de son compagnon: elles sont mêmes devenues amies. Une amitié qui perdure, des années après ces révélations.

La fin d’une idylle

« Thierry* et moi nous sommes connus sur les bancs de l’école. Si je voulais résumer notre relation, je dirais qu’on est des potes qui se sont mis ensemble », explique Marion. Pendant plusieurs années, les deux amants s’amusent, et finissent par s’engager dans une relation plus sérieuse. « C’est devenu plus compliqué entre nous à la naissance de notre fils. Comme si les responsabilités inhérentes à la parentalité lui avaient fait peur. Thierry est devenu plus distant, absent même. Il s’est enfoui dans sa passion pour le sport ».

Un repli qui crée des tensions entre Marion et le père de son fils. Mais la jeune femme ne baisse pas les bras: « On avait un bébé ensemble, et même s’il y avait des tensions entre nous, on s’aimait et on avait construit une vie ensemble… J’avais l’impression que ce n’était pas rien, alors je lui ai proposé de mettre des choses en place pour tenter de trouver un meilleur équilibre ». Hélas, si Thierry répond positivement à la demande de Marion, il ne s’implique jamais vraiment… Et pour cause!

Recoller les morceaux, en vain

Pendant plusieurs mois, Marion tente de faire renaître la complicité qu’elle partageait avec son conjoint: « J’ai cherché un thérapeute de couple, organisé des soirées en amoureux, cherché une baby-sitter pour faire garder le petit, trouvé des activités à faire à deux et à trois pour créer du lien… Mais si Thierry participait à chaque fois, j’avais l’impression qu’il ne s’investissait pas du tout dans cette tentative de recoller les morceaux, qu’il se laissait porter sans y mettre aucune énergie ».

Les mois passent et Marion fatigue de porter son couple à bout de bras. Lasse, elle cesse tout effort: « J’attendais de voir s’il allait mettre quelque chose en place, mais… rien. Ralentir m’a permis de remarquer certaines choses qui ne m’avaient pas sauté aux yeux quand je m’activais à tenir le navire droit pour deux. Thierry avait par exemple changé le code de son téléphone, il rentrait toujours plus tard de la salle… ».

D’autres signes alertent la jeune femme, qui commence alors à s’inquiéter. Mais ce n’est qu’après avoir finalement trouvé le nouveau code du téléphone de son homme qu’elle comprend tout. Elle tombe sur des messages très explicites: « Cela faisait des mois qu’il avait une liaison avec une femme. En remontant les messages, j’ai compris que cette histoire avait commencé très peu après la naissance de mon fils ». Marion est en colère: « J’étais en train de galérer en post-partum, puis de me battre pour que ça marche entre nous, alors que lui, sa préoccupation était d’aller voir ailleurs ». Marion ordonne à Thierry de quitter le domicile conjugal.

Prendre contact pour comprendre

Quelques jours après, Marion prend contact avec la maîtresse de son compagnon: « Je voulais comprendre comment on pouvait se regarder dans le miroir lorsqu’on avait une relation avec un homme qui avait une femme et un bébé. J’avoue que quelque part, je voulais la faire culpabiliser, et surtout soulager ma tristesse ».

Contre toute attente, Marion a au téléphone une femme qui, comme elle, ne comprend pas ce qu’il se passe. « Elle connaissait mon existence, mais pensait qu’on s’était séparés avant la naissance de notre fils. » Marion comprend qu’elle n’est pas la seule à avoir été trahie.

Une rencontre qui lie les deux femmes

Afin de confronter leurs histoires, Marion propose une rencontre à la maîtresse de Thierry. Quelques jours plus tard, elles se donnent rendez-vous dans un café. « J’étais nerveuse intérieurement, je voulais avoir des réponses à mes questions. Thierry n’avait de cesse de me jurer qu’elle l’avait séduit, qu’il avait été perturbé par la naissance de notre bébé… Et moi, j’étais à deux doigts de craquer et de le reprendre. Mais avant, je voulais connaître la version de son amante ».

Cette discussion fera comprendre aux deux femmes que Thierry jouait un jeu auprès de chacune d’entre elles. « Il lui avait fait croire qu’on était séparés mais qu’on vivait ensemble provisoirement pour le petit, que je l’avais trompé, etc. Au bout de ce rendez-vous, on a même rigolé – jaune – d’avoir été aussi crédules. Et en même temps, on s’est déculpabilisé l’une l’autre… C’est lui qui nous avait trahies, pas l’inverse ».

Les deux femmes restent en contact: elles s’envoient des messages, discutent par téléphone et finissent même par organiser des sorties. Thierry, qui n’est au courant de rien, joue sur les deux plans. « Il a tenté de nous récupérer toutes les deux pendants plusieurs semaines, sans savoir qu’on était en contact. Avoir conscience de ça a été une grande force: on s’est soutenues pour ne pas craquer. Un jour, quand on en a eu marre qu’il agisse de la sorte, on lui a envoyé une photo de nous ensemble. On a beaucoup ri… Lui, moins ».

Pourquoi les détester?

Pendant près de deux ans, les deux femmes ont entretenu un lien d’amitié assez fort. « On s’est vraiment épaulées pendant plusieurs mois, et on a passé pas mal de temps ensemble: on allait boire des verres, au ciné, etc. On est devenue de vraies copines. Aujourd’hui, on se voit moins, mais on se donne des nouvelles souvent et on se voit quand nos agendas nous le permettent, alors que cette histoire a eu lieu il y a plusieurs années déjà ».

Aujourd’hui, Marion a pu reconstruire sa vie et remercie l’univers d’avoir osé prendre contact avec la maîtresse de son désormais ex. « Si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas compris que Thierry jouait sur les deux plans, je l’aurais certainement repris, et je serais passée à côté d’une chouette personne ».

Par ce témoignage, la trentenaire invite à déconstruire les croyances, qui nous poussent à détester automatiquement celles qui partagent le lit de nos compagnons. « C’est plutôt eux que l’on devrait blâmer. Pas tant parce qu’ils trompent leurs femmes – on peut discuter des heures de la notion de trahison dans un couple – mais plutôt à cause de leur manque d’honnêteté. Pourtant, la société patriarcale nous pousse à nous monter les unes contre les autres… Je trouve ça dingue quand on y pense ».

*Prénoms d’emprunt

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