Témoignage: «Nos enfants sont nés grâce à une mère porteuse»

Ils en ont rêvé et aujourd’hui, les voilà: Paul et Léa, les enfants de Thomas et Pascal, nés par mère porteuse aux Etats-Unis.

Thomas (Leridez, animateur sur Vivacité), 40 ans, et Pascal, 37 ans, nous ouvrent la porte de leur appartement lillois avec, chacun, un bébé de 6 mois dans les bras. Paul et Léa. Les prénoms qu’ils avaient choisis dix ans plus tôt, un mois après leur rencontre chez des amis communs. «Avoir des enfants nous semblait dans l’ordre des choses. On ignorait de quelle façon, mais on savait qu’on fonderait un jour une famille.» Pendant quelques années, avoir des enfants reste un projet lointain. Les deux hommes profitent de leur vie à deux, sortent, consolident leur couple. Puis il y a trois-quatre ans, ils se disent: «Allez, on y va!» «Au début, on pensait plutôt à l’adoption. Mais concrètement, même si entre-temps l’adoption par les couples homosexuels avait été autorisée en France, ce n’était pas le cas dans la plupart des pays mettant des enfants à l’adoption.»

Direction: Miami!

Autre solution: recourir à une mère porteuse. Pascal est très réticent, craignant une marchandisation du corps de la femme. Thomas, lui, est moins tranché: «Je savais que la situation de la mère dépendait du pays. Or, il était évident qu’on voulait le faire dans les règles de l’art, avec un cadre strict, tel que les Etats-Unis pouvaient l’offrir.» Après quelques rencontres avec des parents ayant suivi le même parcours, Pascal se laisse convaincre. Puis direction Miami! «Très vite, nous avons été rassurés: tout était écrit noir sur blanc, dans un contrat supervisé par un avocat. Il était par ailleurs très protecteur envers la mère porteuse. Nous avons donc signé!» Après quelques examens médicaux, un don de sperme chacun (Pascal et Thomas sont chacun biologiquement le père d’un des jumeaux, sans savoir lequel, NDLR), vient le temps de choisir une donneuse d’ovocyte qui, selon la procédure, doit être différente de la mère porteuse. «Le choix de la donneuse s’est fait sur catalogue, racontent les deux hommes, ce que nous aurions préféré éviter, mais ces femmes souhaitent, pour la plupart, rester anonymes. Choisir une mère porteuse a été un peu plus humain. Nous avons été en contact avec plusieurs d’entre elles. Aucune ne le faisait pour l’argent, plutôt par générosité, comme un cadeau pour les couples qui ne pouvaient pas avoir d’enfants. Presque toutes se revendiquaient catholiques.»

Grosse déception

«La première que nous avons choisie avait déjà plusieurs enfants. Elle adorait être enceinte. Malheureusement, à cause de ses multiples grossesses, son médecin lui a déconseillé une grossesse gémellaire. Or, avoir des jumeaux était important pour nous, histoire de ne pas devoir refaire le parcours une seconde fois. Nous étions très déçus par cette nouvelle: ce refus nous ramenait quelques mois en arrière et nous étions très impatients. Nous n’avions pas imaginé que le parcours serait si difficile. Il faut être bien armé pour le vivre, être bien dans sa tête, dans son couple, dans sa vie. En même temps, ces déceptions nous ont permis de mesurer l’intensité de notre désir. On les voulait tellement, nos bébés! Le jeu en valait la chandelle. On a ensuite entamé les démarches avec Jennifer, qui avait déjà une fille de 15 ans. Le contact est bien passé. Elle était plutôt calme, dégageait beaucoup de sérénité. C’était une première pour elle. Elle est tombée enceinte à la deuxième FIV. On n’osait pas trop se réjouir, mais on n’a tenu que quelques jours avant de l’annoncer à nos proches! La grossesse s’est déroulée de manière très sereine. Le courant passait bien entre Jennifer et nous. On lui parlait par Skype environ une fois par semaine. On lui envoyait des chansons françaises pour qu’elle les fasse écouter aux bébés! On a été lui rendre visite au moment de l’échographie du quatrième mois. On n’a jamais craint qu’elle veuille garder les bébés: par contrat, ça lui était de toute façon interdit.»

Notre vie venait de changer

«On avait tout prévu pour arriver à Miami début décembre pour l’accouchement, prévu mi-décembre. Mais le 21 novembre, on nous a appelés pour nous annoncer que le travail avait commencé. On a bouclé nos valises, on a acheté tout ce qui nous manquait, puis on a sauté dans le premier avion. Là, quelque chose de bizarre s’est passé: on a tout à coup décompressé. Le parcours de trois ans avait été difficile, mais nous avions atteint notre but. Notre vie venait de changer. On n’avait plus peur de rien. Arrivés à l’hôpital, nous sommes directement tombés sur Jennifer. Puis on les a vus dans leur couveuse: Léa, une crevette de 1,3 kg, et Paul, 1,8 kg. Ce fut un moment incroyable: la grossesse avait été assez virtuelle pour nous, mais nous nous sommes sentis papas à part entière dès le premier regard. Jennifer est repartie au bout de deux jours. Nous, nous sommes restés 57 jours à l’hôpital: Paul est sorti au bout de trois semaines et Léa au bout de deux mois. Deux mois de formation pour nous qui n’avions pas l’habitude des bébés! Le retour en Europe s’est fait sans trop de difficultés, malgré quelques couacs pour obtenir les passeports. A part cela, les papiers n’ont jamais été un problème: sur leur acte de naissance, les jumeaux sont de mère inconnue et chacun d’eux a l’un de nous comme père. Ils sont de nationalité américaine, mais nous allons remplir un dossier pour qu’ils obtiennent la nationalité française. Ensuite, il faudra entreprendre des démarches pour l’adoption plénière: celle-ci nous permettra d’être leurs papas à tous les deux (actuellement, chaque papa a des droits sur le jumeau qui lui est administrativement attaché, NDLR) et de leur donner le même nom de famille (les deux nôtres).»

Que de l’amour!

«Le fait que nous soyons deux papas n’a jamais posé de problème à quelque moment que ce soit, ni dans les hôpitaux, ni dans les administrations, ni dans la rue… Nous avons beaucoup réfléchi à notre démarche, car nos enfants, eux, n’ont pas choisi d’avoir deux hommes comme parents, ni de naître par mère porteuse. On doit les armer pour qu’ils puissent expliquer tout ça dans la cour de récré. On va leur dire en toute transparence. En même temps, il n’y a que de l’amour dans cette histoire: l’amour entre nous, l’amour de nos proches, les rencontres avec des personnes fantastiques telles que Jennifer, les gens de l’hôpital, les filles de l’agence… Plus tard, nous montrerons leurs photos à Paul et Léa, car tout ce petit monde fait partie de leur histoire.»

QUEL BUDGET?

Pour avoir un enfant par mère porteuse aux Etats-Unis, il faut compter environ 100.000€, dont 25.000€ pour la maman (la plus importante partie du budget étant constituée des frais médicaux).

QUE DIT LA LOI?

Actuellement, et malgré plusieurs tentatives, il n’existe dans notre pays aucun cadre légal réglementant la gestation pour autrui (GPA). Cela veut dire qu’elle n’est pas autorisée, mais pas interdite non plus! Trois hôpitaux la pratiquent. C’est aux parents qu’il revient de rechercher une candidate pour être «mère porteuse» (souvent une soeur ou une amie), celle-ci n’étant pas rémunérée. En vingt ans, on estime qu’il y a eu entre 150 et 200 cas de gestation pour autrui en Belgique. Sans compter toutes celles réalisées de manière plus (Etats-Unis) ou moins (Inde, Ukraine) éthique à l’étranger.

www.menhavingbabies.org/surrogacy-seminars/brussels.

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