L’affichage de ce contenu a été bloqué pour respecter vos choix en matière de cookies. En cliquant sur « Voir le contenu », vous acceptez les cookies. Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant sur « Paramètres des cookies » en bas du site.
Voir le contenu
People
Rencontre: comment choisir un bon vin selon Eric Boschman

Si vous aussi vous êtes incapable de vous rendre chez des amis les mains vides, vous avez dû être confrontée au dilemme: comment choisir un bon vin? Nous avons posé la question à un spécialiste du genre, Eric Boschman, et la réponse est aussi censée que surprenante…

Dans cette question, il y a une autre question: « Qu’est-ce qu’un bon vin? »

« Il faut aller chez son caviste. Chez le caviste le plus proche. Si vous ne connaissez pas de caviste, demandez au responsable de rayon dans votre supermarché; malheureusement, il y en a de moins en moins en grande surface. La première chose, c’est demander au caviste, puis au chef de rayon et s’il n’y a ni l’un, ni l’autre, alors demandez à quelqu’un que vous connaissez. Mais pas avant parce que si vous commencez par demander à votre papa, vous aurez les goûts de votre papa or vous avez 25 ans de différence avec lui et donc, pas les mêmes goûts. Il n’y a pas de vérité en matière d’accord de vins avec les mets mais il y a des principes de base évidents. Moi, je crois beaucoup aux analogies par couleurs: vin blanc avec les trucs blancs, c’est facile à retenir. Je crois beaucoup aussi aux proximités géographiques: choucroute-vin d’Alsace ça paraît évident mais on n’y pense pas toujours, crottin de Chavignol-Sancerre… Ça pour moi c’est important. »

« Maintenant, dans cette question, il y a une autre question: « qu’est-ce qu’un bon vin? » La définition est complexe. Personnellement, j’en ai trois: il y a le vin, le bon vin et le grand vin. Le vin, c’est celui que l’on boit, celui qu’on oublie avant de l’avoir pissé, c’est 90% de la consommation, des trucs où on se dit « ok, j’ai bu », voilà. Le bon vin, c’est celui où, quand on est à deux, on cause, on cause, on mange, on boit et on termine la deuxième bouteille à deux et on se dit « tiens, déjà?! » Ça, c’est un bon vin. Et le grand vin, c’est celui où lorsque tu te le remémores, tu n’as pas besoin d’aller scroller tes photos, tu n’as besoin de rien, il est dans ta tête: tu sais avec qui, tu sais quand, tu sais où et tu sais comment tu l’as bu. Et ça peut être un rosé dans un gobelet en plastique dans un canot gonflable dans la baie des Salins en train de regarder les gens nus sur la plage et de te marrer. Ce n’est pas forcément un vin cher, c’est un moment. Il y a une constante dans la dégustation du vin dont peu de gens tiennent compte et pourtant elle est fondamentale: la circonstance. Et dans la circonstance, tu peux englober le « avec qui ». Tu bois une très grande bouteille avec des cons, c’est jamais un grand vin. J’ai des souvenirs de vins, comme ça, des trucs dont je peux encore définir le goût sans les avoir bu depuis 15, 20 ans, 30 ans. Je me souviens d’avoir bu des Pétrus dans un millésime de merde et c’était avec la femme de ma vie et avec un ami très cher et je m’en souviens encore parce que le millésime n’avait pas d’importance: il était 5h30 du matin, on avait fait la fête toute la nuit, on n’était pas torchés, on était juste au bout de la nuit à refaire le monde et je suis allé chercher une bouteille la cave, j’ai fait péter et voilà. »

« Il y a un truc avec le vin, c’est comme n’importe quelle sensation extrêmement puissante. D’ailleurs, je n’achète jamais le vin en grosse quantité, j’achète maximum six bouteilles. Il faut plusieurs bouteilles au cas où une bouteille soit bouchonnée ou qu’il y ait un autre problème, mais tu ne le reboiras pas de la même façon avec quelqu’un d’autre. Tu te souviens du goût de ton premier baiser, tu te souviens de la petite boule au ventre, tu te souviens de ta première ivresse, si tu fumes, tu te souviens de ton premier pétard, n’importe quoi… toutes ces sensations un peu exceptionnelles, la première fois que tu as fait l’amour, tout le monde s’en souvient à peu de chose près. C’est pareil pour le vin, tu es dans une sensation extraordinaire, tu le goûtes et tu fais « wow, je veux le partager mais pas avec tout le monde parce que tout le monde ne sera pas réceptif de la même manière » donc j’achète des petites quantités et je le partage. Voilà j’ai une cave qui tourne beaucoup mais quel bonheur, quel bonheur! On est dans l’hédonisme, le partage et pour moi, c’est une valeur.* »

Dans les conseils accord vins & mets, il faut tenir compte de l’humain

On a vu aussi fleurir pas mal d’applications autour du vin… Ça vaut la peine d’essayer?

« Ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien parce que ça, ça n’aide pas les gens qui ne s’y connaissent pas et ça n’aide pas les gens qui s’y connaissent. D’ailleurs, dans toutes ces app autour du vin, il n’y en a aucune qui est rentable pratiquement. Vivino, par exemple, c’est un concours de taille de pénis où les mecs viennent les uns derrière les autres montrer ce qu’ils ont bu. C’est l’Instagram du vin. D’abord, les informations sont souvent fausses et il y a un côté pénible là-dedans parce que les mecs viennent juste exhiber leur trouvaille mais il n’y a pas d’échange. D’ailleurs, ils ont essayé de monétiser mais ça ne marche pas. Il y en a une qui fonctionne bien chez nous, c’est Vinogusto, c’est plutôt entre le forum et l’application. Les gens viennent dire ce qu’ils ont goûté, ils mettent des cotations, etc. Mais je pense que le conseil accords vins & mets, c’est un truc où il faut tenir compte de l’humain qu’il y a derrière. A mon sens, les app ne sont pas fonctionnelles parce qu’elles sont stéréotypées. »

Vous aimez les rencontres avec les people? Ces articles devraient aussi vous intéresser

Pour être au courant de toutes nos astuces mode, beauté, cuisine et l’actualité, suivez-nous sur notre page Facebook, notre compte Instagram et Pinterest, ou inscrivez-vous à notre newsletter.