Rencontre avec CHATON, la surprise musicale de l’année

Rencontre avec CHATON, la surprise musicale de l'année
© Soline de Groeve

Il a longtemps travaillé dans l’ombre pour d’autres artistes, mais aujourd’hui il se (re)lance en solo. CHATON, Simon Rochon Cohen de son vrai nom, vient de dévoiler son premier album Possible, avec des textes autobiographiques touchants. Rencontre.

CHATON, la surprise musicale de 2018

Vous avez d’abord travaillé sous le pseudonyme Siméo. On vous connaît aujourd’hui sous le nom de CHATON. Pourquoi avoir changé? Et pourquoi ce choix pour le moins insolite?

« J’ai commencé sous le pseudo Siméo quand j’étais jeune, il y a plus ou moins 15 ans. J’ai sorti 3 albums et réalisé quelques tournées. Ensuite, j’ai travaillé et écrit pour d’autres artistes. J’ai passé près de 10 ans en studio et ce pseudonyme me servait pendant ce temps-là. Quand j’ai décidé de lancer mon propre projet, j’ai changé de nom parce que ça me semblait plus logique. CHATON, c’est le surnom que mon entourage me donne. Quand j’ai envoyé mes fichiers au mastering, j’avais intitulé le dossier comme ça, juste parce qu’il fallait lui donner un nom. Puis c’est tout bêtement resté. » 

Quand on vous voit, on imagine un chanteur de metal. Ensuite, on apprend que vous vous appelez CHATON. Quand on lit vos paroles, il y a une certaine mélancolie. Mais cette dernière disparaît lorsqu’on écoute les morceaux. C’est un peu paradoxal… Est-ce voulu ou est-ce que ça vient naturellement?

« Je pense qu’on est tous très complexes. En tout cas, moi je me sens extrêmement complexe. Tout est tellement fluctuant: les humeurs, la vie… Du coup, tout plein de choses me ressemblent. J’ai le spleen et en même temps, je suis heureux. À la fois j’ai peur, et à la fois je suis vaillant. Je trouve ça plutôt bien de ne pas être dans une seule case. »

L’autotune comme outil

L’autotune n’a pas vraiment de bonne réputation. Mais vous, vous en revendiquez l’usage…

« J’ai 10 ans de chant classique derrière moi, donc des chansons techniquement bonnes, je sais en faire. L’autotune, je le pratique pour l’harmonie et l’esthétique. Et justement, quand on a une formation classique, l’autotune nous amène ailleurs. C’est un nouvel instrument, mais sur la voix. J’encourage vraiment les artistes à utiliser cette technique. Quitte à composer avec et puis le retirer. Parce que ça amène vers des mélodies auxquelles on ne pense pas. »

Si avec l’autotune la voix est un instrument comme un autre, seriez-vous prêt à chanter une chanson sans vous préoccuper des paroles?

« J’aimerais bien. J’aurais adoré faire ça à un moment. Notamment parce que je viens du reggae, où on prend un micro et on lâche un espèce de patois. Quand j’avais 15 ans, je ne parlais pas bien anglais, je chantais un peu en yaourt, en mélange de langues, avec des mots inventés. Et je pense que c’était beaucoup mieux que maintenant que j’écris. 

Mais ça me manquerait de ne pas avoir de propos. Selon moi, quand on a la chance d’avoir une belle langue comme le français, c’est dommage de ne pas en profiter pour dire des choses. Donc réaliser pour un disque avec juste des bruits, non. Mais un morceau, pourquoi pas. C’est une super idée pour le prochain album! (rires) »

Un projet personnel

Vous avez longtemps écrit pour d’autres artistes. Dans Possible, vos paroles sont très personnelles. Qu’est-ce que ça fait de se livrer ainsi?

« Quand j’ai écrit Possible, je ne pensais pas que l’album verrait le jour. J’en avais assez d’écrire pour les autres, et donc je l’ai fait pour moi. Du coup, j’étais complètement libre. Mais quand tu sais que les gens vont écouter ce que tu fais, c’est un peu bizarre et c’est difficile de ne pas se censurer. Ça fait un bien fou d’écrire ce qu’on pense, mais je ne pense pas que j’aurais osé dire tout ce que j’ai dit si j’avais su que ça sortirait. En tout cas, pas dans la manière dont j’ai écrit ma vie, sans filtre, avec des mots honnêtes et très simples. »

On vous écoute, et on ne peut s’empêcher de penser à Souchon. Mais vos punchlines se rapprochent fort du rap. Tandis que vous n’hésitez pas à reprendre Céline Dion. Vous ne vous mettez aucune barrière…

« J’ai tellement travaillé pour les autres pendant longtemps, sous forme de commandes, que je n’ai aucune envie de me mettre des limites maintenant que je travaille pour moi. Je peux très bien écouter Céline Dion et Booba dans la même journée, et donc j’intègre les deux dans mon univers. »

Quel est l’avenir pour CHATON, maintenant que le projet est concret?

« J’essaie de garder la fraîcheur que j’avais quand j’ai lancé le truc. Ici, j’ai recommencé à composer pour le prochain disque, et j’essaie de couper tout contact pour ne pas être influencé par l’extérieur. Pour revenir dans cet esprit où je ne réfléchis pas au pourquoi du comment. Je fais juste de la musique pour le plaisir. Le seul truc qui a changé, c’est que cette année, j’ai refusé de travailler pour d’autres artistes. Dans un an ou deux, je recommencerai peut-être petit à petit. Mais si les deux aspects ne peuvent pas co-exister, je privilégierai toujours mon projet personnel. Car c’est ça qui m’épanouit. » 

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