Un pré fleuri pour éviter de tondre la pelouse

Un pré fleuri pour éviter de tondre la pelouse
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Et si vous succombiez à la tentation champêtre du pré fleuri? Non seulement il favorise la biodiversité dans le jardin, mais en plus il facilite son entretien! 

Tondre la pelouse est la corvée du dimanche à laquelle vous rechignez? Bonne nouvelle, il existe une solution: le pré fleuri! Réservez la tonte uniquement pour les zones du jardin que vous occupez le plus et transformez le reste en pré fleuri. Il ne présente que des avantages: facile à entretenir, il vous apprendra à laisser libre court à la nature. Très vite, vous y découvrirez des fleurs, des insectes, des graines, des oiseaux… Une jolie preuve que nos jardins privés ont un rôle important à jouer dans la sauvegarde de la biodiversité.

Pré fleuri: mode d’emploi

Il existe deux méthodes: laisser pousser la pelouse ou semer un mélange spécial pré fleuri.

Tentez d’abord l’expérience sur quelques mètres carrés. Il est possible que le pré mette plus de temps à fleurir sur une terre qui est arable. En effet, l’apport d’engrais et la pratique du « mulching » (pratique du paillage qui consiste à recouvrir le sol de divers matériaux) auront rendue la terre riche en azote, ce qui favorise les herbes. Mais en retirant systématiquement l’herbe fauchée, le sol va progressivement s’appauvrir et les fleurs vivaces vont, en principe, arriver naturellement.

Vous pouvez aussi en cultiver vous-même et les repiquer. Si le résultat n’est pas satisfaisant, il n’est pas trop tard pour passer à l’option du nouveau semis (en septembre, idéalement). Le réensemencement est une méthode plus fastidieuse, mais souvent plus efficace.

  • Tondez d’abord le gazon à éliminer à ras de sol.
  • Ensuite, privez-le de lumière avec de grandes bâches que vous laisserez sur le sol durant quelques mois. Cette solution simple et saine permet d’anéantir les herbes jusqu’aux racines.
  • Comme pour créer une pelouse classique, le sol sera par la suite travaillé et le mélange semé.

Privilégier les plantes indigènes

Choisissez soigneusement votre mélange de graines. Il doit comprendre une forte base de graminées et de plantes vivaces. Une petite proportion de plantes annuelles sera également la bienvenue avec des coquelicots, bleuets, chrysanthèmes des moissons, etc. Les annuelles seront du plus bel effet lors de la première saison, mais, par définition, elles ne se ressèment pas sur un sol qui n’est pas remué. Vous n’en retrouverez donc plus beaucoup lors du printemps suivant et encore moins par la suite. Mais les vivaces prendront le relais et le pré sera fleuri chaque année.

Attention: certains mélanges proposés en jardinerie ne comportent que des graminées et des annuelles, mais pas de vivaces. Évitez-les puisqu’ils ne fourniront la quantité de fleurs attendue que durant la première saison. Mieux vaut vous rendre chez un petit producteur local qui a une vision écologique du pré fleuri et qui propose des plantes indigènes et sauvages. Ecosem, par exemple, est une valeur sûre.

Cette société wallonne cultive ses plantes sur une vingtaine d’hectares pour en récolter les semences et les commercialiser. « Toutes nos semences sont d’origine régionale, explique Pascal Colomb. Il est important de préserver notre patrimoine végétal car notre faune est intimement liée à nos plantes et nos plantes sont aussi les mieux adaptées à nos conditions climatiques. Il faut éviter les mélanges comprenant des variétés exotiques ou horticoles dont certaines sont sensibles au gel ou ont très peu d’intérêt pour nos insectes. Par exemple, les variétés de bleuets horticoles qui présentent une fleur double ont un aspect attrayant pour les insectes mais, vu la densité des pétales, ceux-ci n’ont pratiquement pas accès au nectar et au pollen. Par contre, le bleuet sauvage présente une fleur simple qui permet aux insectes de se nourrir facilement. »

Le temps du fauchage

Une fois par an, entre septembre et décembre, effectuez un fauchage à ras de
la végétation et retirez ce qui a été coupé. C’est indispensable pour éviter un azotage du sol. Plus le fauchage est effectué tard dans l’année, plus la biodiversité est favorisée, car les insectes occupent le pré et attirent les oiseaux qui y trouvent aussi des graines. Malheureusement, plus tard on fauche, plus l’aspect esthétique du pré est compromis: en fin de cycle, les plantes se couchent sous l’effet des intempéries et du vent… Le tout est de sentir le bon moment pour passer à l’action. Vous pouvez aussi faucher « en mosaïque », comme le préconise Pascal Colomb: « Il s’agit de faucher à différents moments de l’année une petite parcelle à la fois. Ainsi la faune d’une parcelle fauchée peut toujours se réfugier dans une parcelle voisine. »

N’oubliez pas les sentiers

Des petits sentiers d’un mètre ou deux de large, tracés avec la tondeuse à travers le pré fleuri, permettent d’y circuler facilement. Ils entraînent ainsi les visiteurs du jardin là où le jardinier le souhaite. Ils doivent être tondus régulièrement pour montrer à votre entourage que la zone est entretenue et que cette façon de la gérer est totalement voulue.

Plus d’infos sur les prés fleuris: ecosem.be

Texte: Benoît Huc

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