Rencontre avec Juicy, le duo féminin belge qui casse tous les codes

Rencontre avec Juicy, le duo féminin belge qui casse tous les codes
© Guillaume Kayacan

Depuis quatre ans maintenant et avec deux EP à leur actif, Julie et Sasha défient les règles de la musique et du politiquement correct. Présentes aux Francofolies de Spa, les deux Belges nous ont accordé une entrevue pour en savoir plus sur leur duo, Juicy.

Présent sur la scène belge depuis un moment et sur de nombreux festivals cet été, le duo Juicy fascine par son ton engagé et ses clips décalés. Ne s’imposant aucune limite, que ce soit dans les thèmes abordés ou dans le style musical (jazz, r’n’b et hip-hop se mélangent), Julie et Sasha cassent tous les codes pour notre plus grand plaisir. Rencontre.

Juicy, le duo féminin belge

Comment est-ce que Juicy est né?

« Juicy est né il y a à peu près quatre ans, mais on fait de la musique depuis très longtemps. On a commencé par le piano classique, et on s’est rencontrées au Conservatoire de jazz, dans la classe de David Linx, il y a huit ans. Une amitié est née et on a commencé à collaborer ensemble dans plein de projets, de différents styles: gospel, soul… Mais notre duo est né lorsqu’un pote nous a demandé de jouer pour une exposition d’art plastique, sur le thème de l’inconfort. On s’est dit qu’on allait reprendre des morceaux des années 90, de notre jeunesse, avec des textes un peu trash, à caractère misogyne, comme Candy Shop de 50 Cent. On trouvait que c’était assez inconfortable de reprendre ces chansons dans lesquelles la femme est complètement un objet, et de les réinterpréter à notre manière. Et là, Juicy est né. Ça a été un groupe de covers pendant deux ans et demi, puis on s’est mises à l’écriture, ensemble. On a désormais deux EP. »

L’idée de travailler en solo nous vous a jamais effleurées?

« On a beaucoup travaillé chacune de notre côté avant. Mais maintenant, on aime beaucoup l’énergie qu’apporte le fait de travailler à deux, d’être ensemble sur scène. On chante mais on joue aussi, du clavier, de la guitare, de la batterie électronique… C’est assez agréable d’être un binôme. »

Quels sont les ingrédients qui composent votre duo?

« Déjà une énergie, qu’on a trouvée et qu’on a créée ensemble. C’est quelque chose dont nous parlent souvent les gens qui nous voient sur scène. Mais aussi un éclectisme musical, parce qu’on a fait de la musique classique, du jazz, on adore le hip-hop, la soul… et on a envie que tout ça soit mélangé dans un seul projet. On n’a pas envie d’être un groupe qui ne fait qu’un seul style de musique, on a envie que ça brasse plein de choses. »

Du coup, vous définissez comment votre musique?

« C’est assez dur… On va dire ‘du hip-hop jazz r’n’b mutant’ (rires). »

Est-ce que vos reprises « inconfortables » des années 90 est un projet qui pourrait exister en 2019? Ou est-ce que, selon vous, les paroles ont évolué depuis?

« On n’est plus dans l’idée de faire des reprises, mais si c’était le cas, il y a toujours matière! Il y en aura toujours, il y aura toujours des textes avec lesquels on n’est pas d’accord. »

Un binôme engagé

Vos chansons abordent des thèmes assez importants, tels que le sexisme. Est-ce que vous considérez la musique comme une arme?

« Oui, complètement! La musique permet de faire passer n’importe quel message fort, de manière ludique car ce domaine est lié au plaisir et c’est très accessible. On peut écouter de la musique partout dans le monde, même si on ne comprend pas les textes, parce que y’a un truc d’énergie qui peut parler en elle-même. L’art ‘classique’, tel que la littérature, vise une certaine partie de la société, ça touche moins de monde. La musique c’est plus populaire, ça parle plus facilement à tout le monde. »

Vous passez des messages forts, mais vous chantez en anglais… Vous ne pensez pas que chanter en français serait du coup plus accessible, en tout cas pour le public belge?

« Bien vu! (rires) Mais l’anglais est une langue plus universelle que le français. Nous, on a toujours écouté de la musique anglophone. Et quand on a fait des reprises, c’était aussi en anglais. Donc ça nous semble logique de chanter dans cette langue. Et du coup, on nous écoute aussi ailleurs, en Flandre, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne… »

C’est vous qui écrivez vos paroles. Comment trouvez-vous l’inspiration?

« C’est assez naturel en fait, on ne se pose pas beaucoup de questions. Pour le processus d’écriture, on part souvent hors de notre quotidien, parce qu’on n’aime pas écrire chez nous, à la maison. Donc on va loin et on écrit chacune de notre côté, des petits bouts de texte, des brides d’idées. Puis on se retrouve, et l’une continue l’idée de l’autre, et vice-versa, puis on écrit à deux. Au niveau des thèmes, on aime parler des faits actuels, de la vie d’aujourd’hui, de la société dans laquelle on vit et celle dans laquelle on n’a pas envie de vivre. »

Des thèmes importants… Quel style de public touchez-vous?

« On a un public assez éclectique. Puisqu’on a fait la première partie d’Angèle pendant un moment, on a un public assez jeune, des ados qui sont pas forcément le public qui est attiré par ce qu’on fait en premier lieu. C’est assez chouette du coup. Mais on a aussi le public qu’on avait à la base, des mélomanes qui aiment vraiment aller en concert, avec des instrumentistes, un public un peu plus jazz. Donc ça vient d’un peu partout. »

Juicy en festival

Dour, les Francofolies de Spa, puis le Ronquières Festival et les Solidarités de Namur… Jusqu’ici, comment se passe votre été?

« Ça se passe super bien! Le public était là jusqu’à présent, et en feu, donc on espère que ce sera encore comme ça. On a un bel été en perspective, on est très contentes. »

À quoi ça ressemble un concert de Juicy?

« C’est beaucoup de choses… C’est un voyage avec plein de styles musicaux, tu vas passer par du hip-hop mais aussi du jazz. Tu ne vas pas t’ennuyer dans le sens où tu ne vas pas avoir l’impression d’entendre le même morceau pendant tout le concert. C’est beaucoup d’énergie aussi, on bouge dans tous les sens. »

Quel est votre meilleur souvenir sur scène?

« Notre premier release. C’est pas le meilleur concert qu’on ait fait, mais c’est celui qui a marqué le changement entre les covers et nos propres compos. Puis on a aussi joué à l’AB Club et au Beursschouwburg, deux soirs d’affilés, et les dates étaient sold-out. On y était avec notre répertoire et c’était hyper stressant. C’était un peu les concerts qui annonçaient une belle série d’aventures. Y’a aussi eu Couleur Café, notre premier festival de l’été 2018. C’était fou! Il y avait plein de monde, donc c’était stressant, mais super cool. »

Comment c’est de se produire en festival?

« Jouer en été, dans des festivals, c’est hyper agréable, c’est moins de défis que de remplir une salle en hiver. Y’a un truc où les gens sont de toute manière là pour écouter de la musique, faire la fête, découvrir des groupes… C’est pas forcément plus simple qu’en salles, mais y’a un côté plus gai. Et puis c’est cool de pouvoir brasser beaucoup plus de monde, d’avoir un public qui n’est pas forcément là pour toi, mais que tu touches quand même. »

Dans quel festival avez-vous préféré jouer?

« Esperanzah! C’était l’année dernière et c’était la première fois qu’il y avait des pogos sur notre musique. Les gens étaient fous, c’était trop bien! »

Après deux EP, à quand l’album?

« On ne sait pas exactement pour quand ce sera. On travaille dessus, donc on espère que ce sera pour 2020. Nos deux EPs étaient très différents vu qu’on a exploré des univers différents. Pour le moment, on essaie de savoir vers quoi on va se diriger pour l’album, parce que c’est une vraie carte de visite. »

Découvrez Juicy sur scène au Ronquières Festival et aux Solidarités (Namur).

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