Flavien Berger: « C’est toujours la fête de venir jouer à Bruxelles »

Flavien Berger: "C'est toujours la fête de venir jouer à Bruxelles"
© Valérie Le Guern, Maya de Mondragon, Juliette Gelli

Ce 30 avril 2019, le Botanique accueillera (à nouveau) le chanteur Flavien Berger, sur la scène du Chapiteau. Avec son dernier album Contre-temps, dans les bacs depuis septembre, le jeune Français a séduit le monde de la chanson française. Rencontre.

Comment? Le nom de Flavien Berger ne vous dit rien? Repéré en 2015 avec l’album Léviathan, le jeune chanteur est de retour quelques années plus tard et des dizaines de concerts dans les pattes. Souvent décrit comme le nouveau Etienne Daho (avec qui il a par ailleurs déjà collaboré), Flavien Berger présentera Contre-Temps lors des Nuits du Botanique. Un nouvel album mélangeant pop et électro, qui fera danser Bruxelles jusqu’au bout de la nuit.

Interview de Flavien Berger

Entre Léviathan et Contre-temps, trois ans se sont écoulés… Avez-vous ressenti une pression de revenir après cette durée alors que les artistes produisent aujourd’hui de plus en plus vite? 

« Non pas vraiment. En tout cas, ce n’était pas lié au temps de production. C’était plutôt un stress personnel quant à ma capacité de faire un disque. J’avais peur de ne pas pouvoir créer à nouveau un album en entier. Mais je ne me sens pas dicté par le rythme de l’industrie. Et puis parfois, la pression c’est pas mal si on arrive à s’en servir. Donc si il y en a eu, ça a sûrement été productif. »

Votre manière de travailler a-t-elle changé entre vos deux albums?

« Oui énormément, et en même temps je garde le même système. C’est-à-dire que je suis producteur et compositeur, donc c’est moi qui ai les clés du disque. Mais sur Contre-Temps, il y a eu beaucoup d’autres intervenants, musiciens ou interprètes. C’est également un disque réalisé après une tournée. Donc en composant, j’ai beaucoup réfléchi à ce que ça donnerait en live. Mais ce n’est pas spécialement bénéfique. Chaque chose doit se faire en son temps. Il vaut mieux d’abord créer un album, puis créer la version live. »

Vous avez réalisé quelques collaborations sur cet album. Qu’est-ce que cela vous a apporté?

« Je travaille avec des personnes pour les rencontrer et pour faire des partages. Ça m’apporte énormément de choses, qui sont sûrement les mêmes qu’aux autres artistes. Ça m’aide à me découvrir, à découvrir les autres, à me mettre dans un état de fragilité, mais aussi à être fort, à découvrir des univers, à partager de la musique, à apprendre… C’est comme être avec des amis, même si c’est une toute autre forme que boire des verres ou partir en vacances. Et en fait, ça m’apporte des amis. Parce que chaque personne avec qui je travaille devient mon ami. On s’ouvre beaucoup, on montre une part de soi-même, que d’autres personnes ne connaissent peut-être même pas. Donc c’est un partage intime, une créativité un peu secrète. Et pour faire ça, il faut créer une relation, être amis. »

Mais sur scène par contre, vous travaillez seul?

« Oui, je suis seul en scène. Mais sur cette tournée, j’ai essayé de ne pas paraître seul. J’ai travaillé avec des créateurs et des designers, qui ont créé des sortes de fantômes qui m’accompagnent. C’est une manière de représenter ceux qui ont travaillé avec moi sur ce projet et qui ne sont pas sur scène, mais aussi ceux qui ont contribué de loin à ce que je fais, les êtres inspirationnels qui sont un peu partout. On a matérialisé des esprits. »

Contre-temps, le deuxième album

Comment définiriez-vous Contre-temps?

« Je dirais que c’est album… pas vraiment science-fictionnel, mais c’est comme un volant de voiture qui permet de voyager. Non seulement dans les souvenirs, mais aussi dans le futur. C’est un disque de conduite et l’auditeur choisit où il veut aller. »

C’est du coup difficile de vous résumer en une catégorie… 

« Oui en effet, ça dépend un peu des morceaux. Dans un album, chaque titre est une facette de ce qu’on veut raconter. Mais en général, ce disque, il est doux et beaucoup dans l’intimité. Pas mon intimité, mais celle de l’auditeur, celle de l’écoute. C’est moins dans l’emphase qu’avant. »

Le titre Contre-temps pourrait nous faire penser que vous ne vous sentez pas dans votre époque, que vous avez un décalage avec le temps actuel.

« Je ne pense pas me sentir en décalage, ni en avant-garde. Contre-temps, c’est parce qu’on dit que le temps, c’est important. Mais d’un autre côté, on arrive quand même à s’arrêter parfois. Ce terme, je l’ai aussi choisi parce que c’est un mot-valise, c’est-à-dire qu’il peut avoir mille significations, selon ce que l’on souhaite: le contre-temps dans la musique, dans la vie, dans l’humain. C’est aussi un titre tendre, la tendresse d’être contre un instant. »

Vos paroles sont aussi travaillées que vos mélodies… Vous considérez-vous d’abord comme un chanteur ou comme un musicien?

« Je crois que l’un n’empêche pas l’autre. Je suis chanteur et musicien en découverte. J’aime dire que je fais de la musique amateur qui passe à la radio. Je découvre ce qui est possible à travers les concerts et mon expérience, le chemin que je peux emprunter. Et je peux faire chanter d’autres personnes sur ma musique, comme je peux chanter sur d’autres morceaux. Donc je suis vraiment les deux. »

Vous avez déjà joué au Botanique. Qu’attendez-vous de ce retour?

« Je n’attends rien, parce qu’il ne faut rien attendre. Sinon on finit par être déçu! Soit de notre prestation, soit du retour du public. Parce qu’on veut être une star, on espère être acclamé… Attendre quelque chose, ça libère de l’égocentrisme. Par contre, je suis très content de me produire à Bruxelles, parce qu’il y a un rapport très intime avec cette ville et le public, vu que j’y habite. C’est toujours la fête de venir. Donc c’est chouette que ce soit sur des scènes de plus en plus grandes, qui permettent à de plus en plus de monde de venir. Comme ça, la fête est de plus en plus grosse! »

L’album est sorti en septembre 2018. Travaillez-vous déjà sur la suite?

« Je travaille sur plein de petites suites. Il y a beaucoup de collaborations qui vont arriver, avec des musiciens mais aussi en dehors de la musique. Des films, des installations… Je ne peux pas encore dire grand chose si ce n’est qu’actuellement, mille choses se produisent. Mais par contre, il n’y a pas de projet clair d’un futur album. »

Découvrez Flavien Berger sur scène lors des Nuits du Botanique, le mardi 30 avril 2019. Infos et tickets par ici.

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