La bibliothérapie: je lis donc je me soigne

La bibliothérapie: je lis donc je me soigne
Les livres divertissent, cultivent, mais ils soignent aussi, grâce à la bibliothérapie. Un bon livre de psycho à la place (ou à côté) d’une thérapie, c’est possible. A condition de bien choisir vos lectures!

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Au coeur de Bloomsbury, à Londres, une étrange librairie a vu le jour il y a peu. En rayon, on ne trouve qu’une soixantaine de titres. Au comptoir, une bibliothérapeute vous conseille le meilleur choix en fonction de votre état d’esprit du moment.  Car, et c’est là toute l’originalité du lieu, tous les livres proposés sont censés avoir des vertus pour une existence plus reposante et gratifiante.

Aux Etats-Unis, certains psys dont la liste d’attente est longue, font patienter leurs futurs clients en leur conseillant la  lecture de l’un ou l’autre livre de psycho, histoire de déjà débroussailler le terrain.

 

A condition de ne pas être dans une trop grande détresse

La bibliothérapie est très en vogue dans les pays anglo-saxons. Chez nous, elle n’en est qu’à ses balbutiements. L’université et la province de Liège sont en train de mener une expérience pour évaluer l’efficacité de la bibliothérapie sur l’éjaculation précoce. Les premiers résultats sont encourageants.

«Les avantages de la bibliothérapie sont nombreux, explique Philippe Kempeneers, un psychologuesexologue impliqué dans l’expérience: en lisant des livres adaptés, les gens se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls à souffrir de ce dysfonctionnement, ils dédramatisent, ils savent mieux quels sont les symptômes exacts et à quelle porte frapper. On leur donne également des exercices à faire chez eux. Tout cela se fait en toute discrétion.»

Anonyme, pratique, peu coûteuse, la bibliothérapie permet aussi de toucher des gens qui ne peuvent ou ne veulent pas aller voir un psy. «1 personne sur 3 a fait, fait ou fera l’expérience d’une difficulté psychologique ou sexuelle, explique Philippe Kempeneers. Une partie seulement de ces gens consultent. Parce qu’ils n’ont pas les moyens, qu’ils ont peur d’être stigmatisés, parce qu’ils ignorent qu’on peut les aider, qu’ils ne savent pas comment trouver un psy. Il y a une énorme lacune à combler en matière de santé publique. La bibliothérapie est peut-être la solution pour aider un maximum de gens

De par le monde, des études de grande envergure  ont été réalisées afin de tester empiriquement l’efficacité de la bibliothérapie. Vous souffrez de trouble de panique? D’anxiété? De boulimie? D’agoraphobie? De dépression unipolaire? D’obésité? Vous avez peur de l’avion? Vous vous demandez comment être un meilleur parent, comment vous affirmer? La bibliothérapie est alors vraiment efficace pour vous. A condition de
ne pas être dans une trop grande détresse
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Pas question de remplacer les psys

Toute la difficulté consiste cependant à trouver le bon livre. Tous ne sont pas bons, loin de là. Certains sont même écrits par des charlatans. Et ce n’est pas les maisons d’édition, poussées par des considérations commerciales, qui vont aider à séparer le bon grain de l’ivraie.

Voici les conseils de Philippe Kempeneers pour effectuer de bons choix:

  • Un livre bibliothérapeutiquement efficace doit être écrit par un auteur crédible (est-ce un scientifique?)
  • Il doit être en  adéquation avec le diagnostic de base, être compréhensible et concis.
  • Un bon livre ne doit pas prétendre tout résoudre et doit, à la fin, renvoyer, si nécessaire, vers des professionnels.
  • Enfin, pour relativiser, mieux vaut lire plusieurs livres sur un même sujet.

 

Que les psys ne paniquent cependant pas: pas question de les remplacer par la bibliothérapie. «On ne travaillera jamais aussi subtilement avec un livre qu’avec un psy, conclut Philippe Kempeneers. Pour les psys, la bibliothérapie est avant tout un outil. Et pour le patient, l’idéal est de lire des livres conseillés par son psy. Le travail n’en sera que facilité.»

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