12 livres à lire cet été, recommandés par l’Académie Goncourt

12 livres à lire cet été, recommandés par l'Académie Goncourt
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Vous partez en vacances et vous cherchez un livre à glisser dans votre valise? Ou au contraire, vous restez chez vous et souhaitez vous évader en lisant quelques pages? Suivez les conseils de l’Académie Goncourt pour choisir le roman idéal.

L’été est la période de l’année parfaite pour savourer un bon bouquin. Le soleil nous invite à nous détendre sur le transat, un livre à la main (et un cocktail dans l’autre!). Et ce, que vous partiez en vacances ou que vous restiez dans votre jardin. Si vous ignorez quel livre dévorer pendant ces deux prochains mois, fiez-vous à l’Académie Goncourt, qui a dévoilé 12 romans parfaits pour cette saison.

12 livres à lire cet été

Parmi la liste, nous retrouvons notamment L’Arbre Monde, douzième roman de Richard Powers, sélectionné pour le Prix Pulitzer. Ainsi que Venise à double tour de Jean-Paul Kauffmann ou encore L’atelier du désordre d’Isabelle Dangy, finaliste du Prix Goncourt du Premier Roman 2019.

1 Honorer la fureur – Rodolphe Barry

Résumé officiel: James se sent à l’étroit dans son petit bureau new-yorkais du Chrysler Building, à l’étroit dans son métier de journaliste comme dans sa vie. Il travaille pour Fortune, le magazine le plus libéral du pays. Tout ce qu’il hait. Alors quand son rédacteur en chef l’envoie dans son Sud natal pour une enquête sur la vie des métayers en Alabama, James se sent revivre. D’autant qu’on lui adjoint pour ce voyage un jeune photographe inconnu avec lequel il s’entend d’emblée. Le reportage deviendra un brûlot, un plaidoyer, un cri rageur face à la pauvreté des fermiers dans ces sinistres années trente. Puis un livre, un grand livre signé James Agee et Walker Evans, « Louons maintenant les grands hommes ».

Le nom de James Agee se met à circuler chez les écrivains, les journalistes, tous les intellectuels. On parle d’un type fascinant, insupportable, brillant, révolté, alcoolique. Il travaille à un scénario pour John Huston, enchaîne les mariages, devient l’ami de Chaplin, et on dit même que pour son premier film en tant que réalisateur, l’illustre Charles Laughton lui a confié l’adaptation de « La Nuit du chasseur ».

Rodolphe Barry s’est attaché à faire vivre l’homme caché derrière ces œuvres et nous fait découvrir un artiste dont la soif d’absolu se fracasse sans cesse contre le réel, un homme en colère que ses propres faiblesses écœurent.

2 La séquestration – Nicolas Cano

Résumé officiel: Quelle est cette pièce blanche où le narrateur est enfermé? Lui-même l’ignore alors qu’il s’y réveille un matin, ou un soir. Il ne parvient pas à se rappeler ce qu’il a fait la veille ni à comprendre pourquoi il est enfermé. La pièce est petite, étroite et propre, à dominante de blanc. Devant lui, un ordinateur dont l’accès à internet est limité. A côté, une machine à distribuer de la nourriture. Au gré des tintements du four micro-ondes, en consultant Wikipédia et Google Maps, il tente de reconstituer ce qui s’est passé.

Ses articles sur le plébiscite ont-ils déplu? Et son filleul? Son beau filleul, cet agitateur, aurait-il commis une imprudence? Qu’est-il devenu? Et la gardienne de l’immeuble, avec qui ils étaient allés à Venise, aurait-elle mouchardé? Mouchardé quoi, au fait? Dans l’obscurité bruissante de sa mémoire apparaissent des manifestations, le boulevard Voltaire, des affrontements contre la police, son filleul casqué. Que lui veut-on?

Sous les auspices de Kafka et de Bolaño, La séquestration est le roman de la persécution et de la paranoïa contemporaines.

3 Neptune Avenue – Bernard Comment

Résumé officiel: Cela se passe à Neptune Avenue, au bord de l’océan, à côté de Coney Island, au bout de Brooklyn. L’atmosphère est étrange, le soleil brille derrière une drôle de lumière laiteuse, il fait très chaud, il n’y a plus d’électricité. Le monde semble s’être arrêté.
Les ascenseurs sont en panne. Tout est en panne. Dans son appartement du 21e étage, le narrateur est freiné par une mobilité de plus en plus réduite et se déplace avec peine.
Il a l’âge d’une retraite prématurée, après avoir fait fortune dans la finance – alors que sa vraie passion, sa passion de jeunesse, était la littérature. Mais à quoi bon avoir accumulé tous ces biens si on ne peut pas les transmettre?

Peu après la mort de sa mère, en Suisse, il avait décidé de partir pour New York, à la recherche d’une improbable famille, de lointains cousins. Mais c’est surtout Bijou qu’il est venu trouver, une jeune femme assoiffée de vie. Elle est installée à Manhattan, vit de petits boulots, mais elle finit par déménager à Neptune Avenue, à côté de Little Odessa, où l’occasion se présente bientôt pour le narrateur de louer un appartement sur le même palier qu’elle.

Et c’est tout un passé qui se réveille, en particulier celui d’une jeunesse étudiante passée à Genève dans les années 1980 et de son amitié avec Bob, un grand biologiste, et Nina, jeune africaine pleine d’entrain, la mère de Bijou.

Que s’est-il passé pour que l’électricité ne revienne pas, depuis plus de dix jours, sans qu’il n’y ait pourtant eu aucune tempête, aucun éclat? On peut imaginer une déflagration nucléaire plus ou moins lointaine. Une fin du monde. Bijou n’en perd pas son enthousiasme pour autant, elle qui croit à la décroissance et veut à tout prix préserver sa liberté. Elle ne sera pas une héritière. L’argent, la richesse ne l’intéressent pas. Finalement, la paternité (réelle ou supposée) n’ouvre aucun droit… Et tout pourrait bien partir en fumée.

4 L’atelier du désordre – Isabelle Dangy

Résumé officiel: À Barbizon, dans les années 1860, alors que le Second Empire s’achemine sans le savoir vers le désastre, René Dolomieu, un jeune peintre mélancolique remarqué pour quelques portraits sensibles, côtoie les maîtres du paysage et leurs disciples qui arpentent la forêt de Fontainebleau, s’exercent à peindre sur le motif et boivent du vin râpeux à l’auberge Ganne. René n’est ni un séducteur ni un libertin, et pourtant il plaît aux femmes. Il prend ce qu’elles ont à donner, parfois sans trop savoir qu’en faire. Lorsque enfin il se marie, le hasard lui met entre les mains une fabrique de porcelaine qui l’initie à la chimie d’une matière précieuse et fragile. Mais le désordre l’intéresse au moins autant que les principes subtils du kaolin et de la composition des motifs. Aussi, dans l’intimité de son atelier, il continue à peindre sans relâche des toiles 
qu’il ne montre à personne, ou presque…

Son destin lui échappe sans cesse. Et comme le Japon s’ouvre à l’Occident, il ira jusqu’à cette extrémité orientale du monde lui chercher un sens, un sens que peut-être il ne pourra rapporter dans ses bagages, car il est semblable à la poussière impalpable qui danse dans la lumière de son atelier avant de se déposer 
en chaos minuscules sur la toile.

5 Le vent reprend ses tours – Sylvie Germain

Résumé officiel: C’est un avis de recherche collé sous un abribus qui va bouleverser la vie de Nathan. Gavril, le vieil homme disparu, a sauvé son enfance de l’ennui et de la solitude auprès d’une mère taciturne en l’entraînant dans les rues de Paris et en l’enchantant de poésie et de fantaisie. Trente ans plus tard, Nathan mène une vie fade et morose que ce soudain rappel à l’enfance et aux silences maternels fait éclater. Lui qui n’a jamais voyagé se rend en Roumanie dont il ignorait que Gavril y avait vécu les drames de la guerre puis les grandes purges de l’après-guerre. Ce voyage vers l’ami saltimbanque rescapé de terribles épreuves mais qui avait su garder une magnifique ardeur à vivre, va l’ouvrir à une pleine liberté. Sylvie Germain poursuit une oeuvre singulière et exigeante. Habitée par une grâce mélancolique, son écriture poignante et charnelle entretisse la fiction et l’Histoire pour mieux traduire la complexité des émotions, qu’elles soient du côté de l’obscur ou de l’émerveillement, et donne à des vies en apparence ordinaires une dimension unique et insolite.

6 Trois concerts – Lola Gruber

Résumé officiel: Enfant fermée et silencieuse, Clarisse semble entendre les sons avec une seconde d’avance. La musique pourrait-elle la sauver de l’isolement? À sept ans, elle provoque le hasard en devenant l’élève de Viktor Sobolevitz. Et partage avec ce maître célèbre et misanthrope le même amour intransigeant de l’art.

Mais pour faire carrière dans la musique, il faut que plus que du talent. Peu préparée à la compétition, la jeune violoncelliste va bientôt l’apprendre…

Lorsqu’elle rencontre Rémy Nevel, un critique musical, médiatique et ambitieux, son destin pourrait basculer. Quitte à perdre, au passage, quelques illusions.

Entremêlant les partitions de ces trois personnages, Lola Gruber nous offre un roman d’initiation hors-normes, qui est aussi une réflexion sur notre soif de pureté et de reconnaissance. On tourne les pages avec avidité, séduit par la finesse des analyses autant que par un suspense diaboliquement généreux.

7 Comment tout a commencé – Philippe Joanny

Résumé officiel: Paris, rue d’Austerlitz, 1979. A l’Hôtel de Bourgogne, la vie s’écoule, rythmée par les allées et venues des clients, des voisins, des employées: M. Boulanger, occupant à vie de l’hôtel, Maria, femme de chambre épouse d’un braqueur, les filles qui tapinent au coin de la rue, Jacky, barman au célèbre cabaret de travestis Chez Michou… Complexée par son poids, colérique, Annick tient comme elle peut son hôtel et son mari, Gérard, une brute alcoolique et raciste qui baise tout ce qui bouge. Sans oublier ses enfants, Rémi et puis l’aîné, qu’elle surnomme Jean de la Lune. Celui-là n’est pas le fils espéré, toujours ailleurs, pas dans les clous, ce garçon qui rêve de devenir majorette… Un mercredi de septembre, à l’heure du déjeuner, la police embarque la patronne pour proxénétisme. Il voit sa mère monter dans le panier à salade. C’est le déclic. La fin de l’enfance. Son père, devenu groupie de Jean-Marie Le Pen, le fils le hait si fort qu’il souhaite et planifie sa mort.

Comment faire lorsqu’on découvre que l’on n’est pas dans la norme virile imposée et qu’au même moment l’homosexualité devient synonyme du « cancer gay », le sida? Comment affronter l’homophobie de l’époque? Comment se construire quand on ne se demande pas ce que sera sa vie, mais à quoi ressemblera sa mort?

La peinture émouvante et terrible d’une période charnière, dont les drames croisent ceux d’une adolescence pas comme les autres. Et une bouleversante voix d’enfant, sa mue poignante et, malgré tout, vitale.

8 Venise à double tour – Jean-Paul Kauffmann

Résumé officiel: À côté d’une Venise de l’évidence se cache une Venise inconnue, celle des églises jamais ouvertes. Jean-Paul Kauffmann a voulu forcer ces portes solidement cadenassées, un monde impénétrable où des chefs-d’œuvre dorment dans le silence. Qui en détient les clefs ? Ce récit, conduit à la manière d’une enquête policière, raconte les embûches pour se faire ouvrir ces édifices. L’histoire est partie d’une église d’Ille-et-Vilaine où, enfant, l’auteur servait la messe. Il s’y ennuyait souvent, mais, dans ce sanctuaire, il a tout appris. Là, est née la passion de se voir livrer le secret de la chose ignorée ou défendue. Il a poursuivi cet exercice de déchiffrement à Venise, la ville de la mémoire heureuse, pourtant attaquée sans relâche par le tourisme mondialisé. Depuis un appartement de la Giudecca où il s’est installé pendant des mois, il a arpenté une Venise hors champ. Il a trouvé aussi ce qu’il ne cherchait pas. Venise à double tour est un livre sur le bonheur de voir et la jubilation dispensée par la ville qui exalte les cinq sens. On y croise, parmi d’autres, Jacques Lacan, Hugo Pratt, une belle restauratrice de tableaux, une guide touristique souveraine, un Cerf blanc, le propriétaire d’un vignoble vénitien et un Grand Vicaire, maître de l’esquive. Jean-Paul Kauffmann a notamment écrit L’Arche des Kerguelen, La Chambre noire de Longwood, La Lutte avec l’Ange, Remonter la Marne et Outre-terre.

9 Une amie de la famille – Jean-Marie Laclavetine

Résumé officiel: Le 1er novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d’Annie. Je l’ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères : une jeune femme d’aujourd’hui.

10 L’Arbre Monde – Richard Powers

Résumé officiel: Après des années passées seule dans la forêt à étudier les arbres, la botaniste Pat Westerford en revient avec une découverte sur ce qui est peut-être le premier et le dernier mystère du monde : la communication entre les arbres. Autour de Pat s’entrelacent les destins de neuf personnes qui peu à peu vont converger vers la Californie, où un séquoia est menacé de destruction.

Au fil d’un récit aux dimensions symphoniques, Richard Powers explore ici le drame écologique et notre égarement dans le monde virtuel. Son écriture généreuse nous rappelle que, hors la nature, notre culture n’est que « ruine de l’âme ».

11 La vie lente – Abdellah Taïa

Résumé officiel: Dans la France d’après les attentats de 2015, Mounir, parisien homosexuel de 40 ans d’origine marocaine, vit dans une situation précaire. Il vient d’emménager dans un appartement rue de Turenne. Madame Marty, une vieille dame de 80 ans, survit difficilement au-dessus de chez lui dans un minuscule studio.

L’amitié entre ces deux exclus de la République s’intensifie jusqu’au jour où elle vire au cauchemar. Les affrontements et les déchirements s’enchaînent. Excédée, madame Marty appelle la police pour arrêter Mounir.

Antoine, le commissaire qui interroge le jeune homme, le soupçonne de liens avec les djihadistes.

Mais Antoine existe-t-il vraiment? Où passe la frontière entre le vrai et l’imaginaire?

Un roman de rupture.

12 Dictionnaire amoureux de Joseph Kessel – Olivier Weber

Résumé officiel: « Les sentiments en bataille qui parcourent les livres de Joseph Kessel ne sont que le reflet d’une âme chavirée, mais qui demeure d’abord un cœur pur, où l’amitié des hommes compte autant que le goût du baroud. Plus que reporter au long cours, chantre de la grandeur humaine, il fut chroniqueur du monde, dans le fracas des guerres et le tourment des sentiments. Conteur des steppes, ‘Jef’, ainsi que le surnomment ses amis, reste un témoin parmi les hommes, un marcheur dans le siècle traversé avec passion, un compagnon des aventures les plus improbables, un coureur d’horizons qui en aurait trop vu, un chantre de la souffrance et du bonheur des êtres, quels qu’ils soient.
Pour Kessel, la vie somme toute n’aura été qu’un perpétuel mouvement de balancier. Des steppes argentines où il est né en 1898 aux ors de l’Académie française, des maquis improbables aux salons littéraires, ‘Jef le Lion’ voulait autant traîner ses guêtres ‘là-bas’ que témoigner ‘ici’. Éternelle soif de l’ailleurs et de l’autre qui ne fut étanchée que dans le désir d’écrire, non moins éternel. L’aventure était pour lui une maîtresse insatiable. Écrivain, grand reporter, Kessel demeure avant tout un homme de légende qui aura traversé deux conflits mondiaux, la révolution russe, maintes guerres civiles. Le monde était sa demeure, envahie par un vent entêtant, celui de l’appel au voyage. Chroniqueur des drames et spectateur engagé, fils d’un médecin juif d’origine russe, il était le frère des souffrants, au point qu’au soir de sa vie, infatigable révolté, romancier dostoïevskien, il prononça ces mots: ‘Ce que je n’aime pas, c’est l’injustice.’ Superbe épitaphe pour les générations futures, reporters, écrivains et voyageurs. »
Olivier Weber

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